Bordeaux

Numérique

Témoignage « Le dépôt de brevets nous protège à l'export »

Par la rédaction, le 01 février 2013

Christophe Chartier dirige Immersion, société bordelaise qui développe des solutions de simulation visuelle et de réalité virtuelle. Le dépôt de brevets permet à l'entreprise de verrouiller technologiquement ses solutions à l'export.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« Quand j'ai créé Immersion il y a presque 20 ans, les technologies de la réalité virtuelle et de la simulation 3D en étaient à leurs balbutiements. Et d'ailleurs pendant longtemps, ces technologies sont restées confinées au milieu de la recherche. À ses débuts, Immersion avait uniquement une activité de négoce et de veille technologique. Nous achetions et revendions des équipements individuels (gants, casques...) qui permettaient aux utilisateurs de s'immerger dans un monde virtuel et d'être en capacité d'interagir avec ce monde, de le modifier en temps réel. Puis notre métier a évolué. Nous avons commencé à faire notre propre R & D, à développer des services et des solutions plus individualisés pour nos clients. Nous travaillons avec de gros industriels comme Renault, Peugeot, Dassault, Vuitton... qui conçoivent des produits et ont besoin de les visualiser en 3D pour prendre des décisions. Nous avons ainsi peu à peu développé des solutions innovantes pour la prise de décision collégiale. Nous équipons des salles de choix de matériels (mur d'image, table 3D, écrans tactiles...) qui permettent aux équipes de manipuler une maquette numérique 3D et de décider qui du design d'un véhicule, qui de l'architecture d'un bâtiment... »

Brevet sur l'usage

« Ce sont ces solutions, ces méthodes d'utilisation, ces usages 3D innovants que nous avons développés que nous avons décidé de breveter. L'idée est de verrouiller nos technologies pour se sécuriser notamment à l'export. Cela évite que nous soyons copiés. C'est aussi valorisant pour l'entreprise en terme de communication et de marketing. Actuellement nous avons deux brevets français dont un étendu à l'international, deux dépôts en cours, trois marques françaises et une marque communautaire. Au début de la démarche en 2008, j'avais fait appel à un cabinet spécialisé mais nous n'arrivions pas à nous comprendre. Finalement j'ai fait appel à l'Inpi et nous avons fait cette démarche en interne. L'Inpi nous a accompagnés et aidés à décrypter et à bien utiliser le système, a en connaître les subtilités aussi. Par exemple si vous avez publié les résultats d'une recherche, vous ne pouvez plus ensuite les protéger et déposer un brevet ! »

Coût non négligeable mais bénéfice pour l'entreprise

« Tout cela a un coût, entre 5000 et 20 000 euros suivant le brevet mais comparé aux gains que cela peut engendrer, notamment à l'export, c'est raisonnable. De plus, des systèmes d'aides existent qui prennent en charge une partie de ces coûts. Pour moi c'est plus un investissement qu'une perte ! Déposer un brevet cela doit avoir un sens pour l'entreprise mais si on le fait, cela a un triple avantage : on sécurise l'entreprise, on montre qu'on a un coup d'avance et cela valorise l'entreprise. »

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

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