Bordeaux

Numérique

« La performance des réseaux sociaux doit se mesurer en chiffre d'affaires »

Par Anne Cesbron, le 17 octobre 2019

Stéphanie Laporte co-dirige l'agence Otta, spécialisée dans les réseaux sociaux et la gestion de data, qu'elle a fondée en 2013. La PME accompagne les entreprises dans le cadre de création de contenus, de dispositifs de publicité ciblée, de veille de leur e-réputation. Avec pour maître mot le retour sur investissement. 

Stéphanie Laporte, fondatrice d'OTTA.
Stéphanie Laporte, fondatrice d'Otta, accompagne ses clients à la lecture des données qualifiées issues du web. — Photo : DR

Vous avez commencé à créer et vendre des sites web à 16 ans, décroché vos premiers contrats auprès de grands comptes en tant que community manager à 22. Votre parcours professionnel raconte à sa façon l’émergence des réseaux sociaux…

Stéphanie Laporte : A vingt ans, j’ai effectivement vu naître la profession de community manager. Je l’ai pratiquée alors même qu’elle n’apparaissait pas au répertoire des métiers. À cette époque, en 2010, nous étions peu à avoir ce profil, nous nous connaissions tous de près ou de loin. C’est comme cela que je me suis vu confier les réseaux du Sidaction, de la Fédération de cardiologie ou du Grand Paris express. Rapidement j’ai observé deux limites à l’exercice de mon activité : le coût élevé facturé au client final par les agences qui me contactaient, et certaines de mes lacunes, notamment graphiques. Je devais m’entourer et créer une SARL pour ne plus être soumise au plafond de facturation de l’autoentreprise. A Bordeaux, le réseau des Pionnières – devenu Les Premières Nouvelle-Aquitaine – m’a accompagnée. En octobre 2013, je créais l’agence Otta, puis Arnaud Bidou, chef d’activité social media CDiscount m’a rejointe en tant qu’associé.

Selon vous, les entreprises jettent encore trop leur argent par les fenêtres pour être visibles sur le web. Que leur manque-t-il pour ne pas tomber dans ce piège ?

S. L. : Il faut bien comprendre que sur Facebook, Instagram et de plus en plus sur Twitter, on habitue les utilisateurs à communiquer de cette manière. Au début, c’est gratuit, mais en fonction de votre stade de développement vous allez être poussé vers du payant. Il faut, avant tout, voir les réseaux sociaux comme une base de données qualifiées. Et ne pas être effrayé par cette nouvelle culture de la statistique. C’est quand même dommage : les chefs d’entreprise savent analyser leur comptabilité, mais sont réticents, voire effrayés, par l’idée de transposer cette compétence au web. Ils ont Google analytics, mais ne l’ont jamais ouvert. Les taux de rebond, de conversion, d’engagement... Ils ne connaissent pas ! On reprend à la base. Il faut arriver à lever ces barrières, en accompagnant avec beaucoup de pédagogie ceux qui ne sont pas encore montés dans le train de la digitalisation, ceux qui se remettent à peine des obligations de dématérialisation !

Comment faites-vous pour familiariser les entreprises à cette culture de la data ?

D’emblée, lorsque l’on vient nous voir, nous précisons notre approche par des objectifs liés au retour sur investissement. Par exemple, si l’on me demande : « bonjour, je voudrais une page Facebook », je propose de détourner cette attente par : « bonjour, je voudrais du chiffre d’affaires ». Je fais comprendre que ce n’est pas le nombre de fans qui importe, c’est de concevoir des messages sur mesure et de capter des prospects qualifiés qui seront transformés par les commerciaux. Pourquoi acheter très cher dix secondes de pub sur TF1 pour des millions de téléspectateurs si l’objectif est de toucher les 40 000 personnes concernées par mon produit ? Cela revient à vouloir remplir une bouteille de sable, sans entonnoir. Il faut au contraire réduire la pression publicitaire avec des contenus raffinés et non intrusifs.

Stéphanie Laporte, fondatrice d'OTTA.
Stéphanie Laporte, fondatrice d'Otta, accompagne ses clients à la lecture des données qualifiées issues du web. — Photo : DR

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