Bordeaux

Commerce

La crise, un accélérateur de business pour Numissima

Par Mallory Lalanne, le 23 décembre 2020

Sonia Yungcker, fondatrice et dirigeante de Numissima, une société de négoce de métaux précieux, a profité de la crise sanitaire et du statut de valeur refuge de l’or pour lancer de nouveaux services et accélérer le développement de son activité.

Sonia Yungcker a fondé Numissima à Bordeaux en 2006.
L'activité de Numissima, l'entreprise fondée par Sonia Yungcker, a connu une embellie pendant le confinement. — Photo : Numissima

Depuis le début de la crise du coronavirus, la ruée vers l’or ne faiblit pas. Au moment du confinement, mi-mars, alors même que l’ensemble des places boursières avait tendance à s’effondrer, la valeur de l’or a atteint 56 000 euros le lingot. Un record historique. En 2019, elle s’est établie à 43 000 euros. Sur les quinze dernières années, la valeur a été multipliée par cinq. Une ruée vers l’or qui fait bien les affaires de Sonia Yungcker, fondatrice et dirigeante de Numissima (8 salariés), une société de négoce de métaux précieux, qui possède deux points de vente, à Bordeaux et à Angoulême. « Le Covid et la crise économique qui se profile ont conduit les Français à prendre en considération la valeur or, au moment où, pendant le confinement, le cours de l’or était au plus haut et considéré comme une valeur refuge… Car même si le cours international de l’or peut bouger, il suivra toujours le coût de la vie. C’est une matière physique et monnayable n’importe quand et n’importe où dans le monde à la même valeur. C’est un des seuls placements qui permette au mieux de réaliser une plus-value, au pire de sécuriser son épargne », estime la dirigeante de 33 ans qui a fondé sa société en 2006.

Augmentation du panier moyen

Depuis le confinement, l’activité de son entreprise a augmenté. Sonia Yungcker a ainsi accueilli dans sa boutique de Bordeaux Lac une flopée de clients désireux d’acheter une pièce en or ou des lingots à titre de placement. « Les demandes étaient conséquentes. La clientèle qui avait déjà pour habitude d’acheter des métaux précieux est venue compléter son placement. Le cours de l’or, qui a tellement augmenté, a incité les clients à vendre de plus grosses quantités et tous les bijoux qu’ils ne portent plus. Certains clients ont littéralement vidé leur compte en banque pour tout mettre dans l’or. Le panier moyen a augmenté de 30 à 40 %. Mais de plus en plus de personnes qui n’ont jamais franchi le cap se décident plus facilement même sur des petits investissements. Il nous achète une pièce tous les mois, un Napoléon de 300 euros environ », rapporte Sonia Yungcker.

Sonia Yungcker s’adapte à tous les budgets et propose des pièces allant de 50 à 2 000 euros, ou des pièces plus prestigieuses qui vont bénéficier d’une plus-value au moment de la revente. Elle rachète par ailleurs tout objet en or ou en argent : des bijoux même cassés, des lingots, des pièces et même l’or dentaire, l’argenterie ou l’argent industriel (fils, coupelles). L’expertise est gratuite, sans engagement et ne prend que quelques minutes. « Il ne faut pas hésiter à ramener des boîtes pleines d’objets en l’état. Certaines pièces de collection ne doivent par exemple pas être nettoyées au risque de les abîmer car les collectionneurs pourraient ne plus en vouloir. On ne se rend pas toujours bien compte de la valeur des biens mais il est vrai que deux ou trois débris peuvent faire 10 grammes, ce qui équivaut à 300 euros environ. Le moindre gramme coûte très cher », souligne Sonia Yungcker.

De nouvelles expérimentations

Mise au défi de s’ajuster très rapidement, l’entreprise a profité du confinement pour expérimenter de nouvelles pratiques organisationnelles et préparer l’après-crise. Soucieuse de rendre plus accessible le placement dans l’or, même aux personnes novices, la dirigeante a créé un site internet qui propose des sélections "début d’investissement" ou "petit budget" afin de guider et conseiller les futurs investisseurs. « C’est un projet que nous avons mûri pendant deux ans et qui a été accéléré avec l’arrivée de la crise. Le site représente 10 % de notre chiffre d’affaires et compense quelque peu la baisse de fréquentation de nos boutiques enregistrée pendant le confinement », explique la trentenaire. Pour répondre aux contraintes sanitaires, Numissima a lancé en novembre 2020 un service de « click & drop ». L’expertise se déroule comme d’habitude. La seule différence étant la démarche sans contact. Les clients sont ainsi invités à remplir un formulaire en ligne, à choisir un créneau horaire pour déposer leurs objets. Les conseillers procèdent ensuite à l’expertise des articles et recontactent le client afin de lui donner une estimation.

Sonia Yungcker a fondé Numissima à Bordeaux en 2006.
L'activité de Numissima, l'entreprise fondée par Sonia Yungcker, a connu une embellie pendant le confinement. — Photo : Numissima

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