Nouvelle-Aquitaine

Industrie

La Banque de France de Nouvelle Aquitaine juge la reprise fragile

Par Anne Cesbron, le 16 septembre 2020

Les perspectives de l'économie en Nouvelle-Aquitaine présentées par Denis Lauretou, directeur régional de la Banque de France, aux côtés de Jean-François Clédel, président de la CCI Nouvelle-Aquitaine, rendent compte d'une reprise inégale selon les filières. Ainsi, quand les projections en matière d'activité et d'emplois sont alarmantes pour certains sous-secteurs industriels, la construction résiste mieux. 

Des éléments de reprise post-confinement ont été exposés par La Banque de France Nouvelle-Aquitaine à l'occasion de la présentation de son enquête réalisée à mi-année.
Des éléments de reprise post-confinement ont été exposés par La Banque de France Nouvelle-Aquitaine à l'occasion de la présentation de son enquête réalisée à mi-année. — Photo : JDE

Une fois n’est pas coutume, en cette rentrée 2020, la Banque de France régionale a convié des chefs d’entreprise pour présenter à ses côtés son enquête sur les perspectives de l’économie en Nouvelle-Aquitaine. Représentant les secteurs de l’automobile, du bâtiment, de la métallurgie ou encore du commerce, ces invités ont réagi aux principaux enseignements d’une reprise assurément inégale. Parmi les tendances, on note des prévisions de chiffres d’affaires pour 2020 en fort recul pour l’industrie (-11,9 % en mi-année, contre des projections de 2,7 % début 2020), la construction (- 10,6 % contre 1,9 %), et dans une moindre mesure pour les services (-2,6 % contre 1,4 %).

Les peurs des salariés

Partagées entre optimisme et inquiétudes, Diane Duvert, dirigeante de la concession poids lourds Sovia Trucks et Marie-Ange Gay-Ramos, présidente de la fédération Française du Bâtiment (FFB) Nouvelle-Aquitaine observent toutefois une reprise d’activité dynamique dans leur secteur respectif, tout en y apportant quelques nuances. « Le secteur des véhicules industriels a connu une hausse ces dernières années qui va être annihilée pour les trois quarts par la crise », prévient Diane Duvert qui rappelle en outre que deux géants mondiaux, fabricants de camions, Scania et Man, s’apprêtent à licencier 10 et 25 % de leurs effectifs, soit 15 000 emplois en Europe. « Pourtant, nous comptons poursuivre nos investissements, notamment l’ouverture d’un second point de vente. Nous comptons également embaucher, mais nous devons être très attentifs aux peurs exprimées par nos salariés, quant au respect des conditions sanitaires, notamment, et à la crainte de nouvelles mesures de confinement qui se traduiraient par la fermeture des écoles », pointe la dirigeante.

Besoin de permis de construire

Même mesure exprimée par Marie-Ange Gay-Ramos, sensible au « choc psychologique provoqué par le confinement ». « En février, nous sortions à peine de dix ans de crise dans le bâtiment. Nous retrouvions une activité extraordinaire avec des cahiers de commandes de 10 mois, 12 mois… Certes, aujourd’hui nous avons repris nos chantiers sans pâtir d’annulation. Mais les instructions de permis de construire se sont arrêtées pendant les deux mois de confinement. Sur ce point, il y a un gros effort à faire : nous avons besoin de permis de construire ! », exhorte la présidente de la FFB régionale.

Des effectifs qui s’amenuisent

Autre écueil pour le secteur de la construction relevé par la Banque de France Nouvelle-Aquitaine : la tendance baissière en matière de prévisions d’embauches, avec des effectifs en retrait de 5,3 %. Plus impacté encore, le secteur industriel pourrait voir ses effectifs reculer de 6,4 %, « la fabrication de matériels de transports, particulièrement dans l’aéronautique, est fortement touchée, alors que l’industrie alimentaire résiste mieux », précise ainsi le chef du département des entreprises et études économiques à la Banque de France de Bordeaux. « La chute du trafic aérien de - 80 % au niveau mondial impacte l’ensemble de la chaîne. Les PME et TPE n’ont actuellement aucune visibilité en matière de commandes », ajoute Jacky Phillips. Enfin, avec une prévision à 0 % à mi-année, l’emploi dans les services marquerait une pause, une stabilité des effectifs portée par la demande des activités informatiques, d’information et de conseil.

Des éléments de reprise post-confinement ont été exposés par La Banque de France Nouvelle-Aquitaine à l'occasion de la présentation de son enquête réalisée à mi-année.
Des éléments de reprise post-confinement ont été exposés par La Banque de France Nouvelle-Aquitaine à l'occasion de la présentation de son enquête réalisée à mi-année. — Photo : JDE

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