Bordeaux

Commerce

KazoArt veut s'attaquer au marché mondial de l'art

Par Romain Béteille, le 27 avril 2021

Boostée par un art numérique en pleine effervescence, la plateforme d'art en ligne bordelaise KazoArt a déjà l'oeil tourné vers de nouveaux marchés. Sa dirigeante, Mathilde Le Roy, prévoit une troisième levée de fonds d'ici la fin de l'année et réfléchit déjà à de nouvelles stratégies de diversification.

Mathilde Le Roy, dirigeante de l'entreprise KazoArt, qui devrait réaliser une troisième levée de fonds d'ici la fin de l'année pour accompagner son développement international.
Mathilde Le Roy, dirigeante de l'entreprise KazoArt, qui devrait réaliser une troisième levée de fonds d'ici la fin de l'année pour accompagner son développement international. — Photo : Marc Gremillon/KazoArt

L’art à portée de clic. C’est la promesse de base de l’entreprise bordelaise KazoArt, plateforme d’art en ligne lancée en 2015. Depuis, la start-up a bien grandi, affichant aujourd’hui une quinzaine de collaborateurs, et ayant effectué deux levées de fonds (300 000 euros en 2016, 850 000 euros en 2018). En 2020, elle a profité du succès grandissant du marché de l’art en ligne pour changer de stratégie, l’œil tourné vers l’internationalisation de son activité.

Ambitions extérieures

"Avant de gérer l’international, nous voulions que notre modèle (une commission, d’environ 30 %, sur la vente des 45 000 œuvres présentes sur le site) puisse tourner. L’élan sur le marché de l’art en ligne nous a donné envie de nous développer", ajoute Mathilde Le Roy, fondatrice et présidente de KazoArt. L’ambition : faire passer de 20 à 50 % son chiffre d’affaires à l’international d’ici la fin de l’année, dopé par des marchés cibles comme les États-Unis (42 % des valeurs des ventes mondiales en 2020), l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

En 2020, avec des galeries aux portes closes, le marché de l’art en ligne a bondi. Selon une étude d’UBS Global Art Market et Art Basel (grande manifestation d’art contemporain), les ventes numériques ont atteint 12,4 milliards de dollars en 2020, faisant passer son chiffre d’affaires total en valeur de 9 % en 2019 à 25 % en 2020, dépassant pour la première fois le commerce de détail général. Pour KazoArt aussi, l’année a été bonne. "Nous avons doublé notre croissance sur le premier trimestre 2020 par rapport à l’an dernier, notamment sur l’export qui a bondi de 250 %", explique Mathilde Le Roy. Le chiffre d’affaires de l’entreprise (non communiqué), prévoit d’atteindre "15 à 20 millions d’euros d’ici deux ou trois ans".

BtoB et NFTs

Pour cela, elle compte s’appuyer sur plusieurs leviers. La montée en gamme de son service pour augmenter son panier moyen (de 1 000 euros aujourd’hui) se base, par exemple, sur la renommée des artistes présents sur le site, l’accès au marché mondial pourrait aider à étoffer son carnet d’adresses. En 2019, l’entreprise s’est aussi diversifiée en lançant le commerce d’art en BtoB, une activité qui représentait 25 % de son chiffre d’affaires en 2019.

"Cette activité a été impactée par la crise. Le marché, qui fonctionne en leasing avec option d’achat, est moins fluide, mais cela devrait revenir à terme". Autrement dit : les entreprises, prudentes quant à l’acquisition de locaux, attendent que leurs employés reviennent dans les bureaux pour les décorer. Mais l’offre, disposant d’un montage financier favorisant la défiscalisation, "correspondait à un besoin", assure la dirigeante de KazoArt.

Dernière nouveauté en date : le 15 avril dernier KazoArt a été la première marketplace dédiée à l’art à se lancer dans la vente de NFTs (pour non-fungible tokens), autrement dit des œuvres d’art numériques, via la plateforme américaine OpenSea.io. Une "expérimentation" de plus pour Mathilde Le Roy, pour qui "le mariage entre l’art et le numérique" est plus qu’une simple mode, spéculative ou non. "Pour nous, expédier les œuvres physiquement, prendre en charge la logistique, est un obstacle à surmonter. Avec la blockchain, on entrevoit beaucoup de progrès potentiels sur l’authenticité d’une œuvre, l’historique des transactions et les prix. C’est une tentative, nous espérons que ce marché va se normaliser et offrir des transactions à des prix plus raisonnables, en privilégiant l’intérêt artistique".

Vers une troisième levée de fonds

Enfin, KazoArt mise aussi sur l’évènementiel. "Nous voulons créer davantage d’évènements en ligne, d’opérations de ventes ponctuelles, de partenariats avec des galeries physiques. Pour cela, il faut donner à voir les œuvres, se baser sur des technologies comme la réalité virtuelle ou augmentée. Le marché a aussi besoin de médiation, de fluidifier les échanges avec les acheteurs. C’est ce vers quoi nous souhaitons aller".

Très sélective ("une centaine de demandes par semaine reçues, trois ou quatre acceptées"), la plateforme va effectuer une troisième levée de fonds dans les prochains mois pour étoffer son équipe. "Nous comptons recruter une dizaine de personnes dans l’année à venir pour développer le sourcing de nouveaux artistes, la relation avec les clients et la gestion de notre contenu".

Mathilde Le Roy, dirigeante de l'entreprise KazoArt, qui devrait réaliser une troisième levée de fonds d'ici la fin de l'année pour accompagner son développement international.
Mathilde Le Roy, dirigeante de l'entreprise KazoArt, qui devrait réaliser une troisième levée de fonds d'ici la fin de l'année pour accompagner son développement international. — Photo : Marc Gremillon/KazoArt

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