Automobile

Ford rejette l'offre de reprise de Punch pour l'usine de Blanquefort

Par Astrid Gouzik, le 13 décembre 2018

Ford rejette définitivement l'offre de reprise formulée par Punch Powerglide pour l'usine Ford Aquitaine Industries à Blanquefort. 850 emplois sont directement concernés par la fermeture du site. 

L'usine Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort.
L'usine Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort. — Photo : Astrid Gouzik

« On est écoeuré. » Après des mois de bras de fer, la sentence est tombée, jeudi 13 décembre, pour les salariés de l'usine Ford Aquitaine Industries à Blanquefort, en Gironde. « En comité d'entreprise, le directeur nous a lu une déclaration de Ford Europe indiquant qu'ils rejetaient l'offre du repreneur », a détaillé Vincent Alauze, délégué syndical CGT.

L'offre améliorée de Punch n'aura donc pas suffi à convaincre le constructeur automobile américain de lui céder son usine girondine. Selon lui, le plan soumis par Punch présente des risques significatifs. « Nous avions pourtant trouvé un compromis avec le repreneur », déplore Vincent Alauze. 

Soutien de l'Etat à Punch

Punch Powerglide (500 M€ de CA en 2017, 1000 salariés), équipementier automobile fabriquant des boîtes de vitesse automatiques, avait déjà repris une usine General Motors à Strasbourg. L'entreprise, filiale du groupe belge Punch Metals, prévoyait de maintenir 400 emplois sur 850 sur le site de Blanquefort. 300 salariés seraient partis en pré-retraite, dans une usine où la moyenne d’âge s’établit à 51 ans. Les 150 restants auraient être transférés vers l’usine voisine GFT. 

>> Lire aussi : Ford Blanquefort : les dommages collatéraux

En début de semaine, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre, se félicitaient de l’offre ferme et définitive de Punch. L’État, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux Métropole avaient confirmé qu'ils soutiendraient ce projet à hauteur de 15 millions d’euros. 

2 550 emplois induits

« La direction de Ford Europe a refusé aujourd'hui l'offre de reprise de Punch Powerglide. C'est une nouvelle désastreuse pour les salariés de l'entreprise, pour la ville de Blanquefort et pour l'industrie girondine » a indiqué Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Il enjoint Ford, Punch et les représentants de salariés à tirer profit des jours qui viennent pour parvenir à une solution durable, sur le plan industriel, et raisonnable, sur le plan social.

« Je veux dénoncer le mensonge de Ford qui dit dans ce communiqué que l’offre de reprise de Punch n’est pas crédible alors que nous y travaillons depuis des mois, avec les salariés et avec Punch. C’est une offre industrielle crédible et solide qui garantit l’avenir du site industriel de Blanquefort. Je veux dénoncer la trahison de Ford vis-à-vis des plus de 800 salariés du site de Blanquefort », a commenté Bruno Le Maire, ministre de l'Economie. 

« On est atterré par l'indécence de Ford. Ils n'ont aucune raison valable. »

« On est atterré par l'indécence de Ford. Ils n'ont aucune raison valable. Punch a amélioré son offre, que les experts de Bercy ont jugée solide. Ils voulaient une garantie de l'engagement des pouvoirs publics, ils l'ont eue. Les syndicats avaient aussi trouvé un terrain d'entente avec le repreneur. Toutes les conditions étaient réunies… sauf l'intelligence de Ford », s'est désespérée Véronique Ferreira, maire de Blanquefort.

« C'est lamentable ! Punch a pourtant fait la démonstration qu'ils étaient capables de gérer, on le voit à Strasbourg », a commenté Francis Wilsius, conseiller régional, en charge de la restructuration économique.

La décision de Ford est lourde de conséquences pour l'économie locale. 850 emplois sont directement menacés dans l’usine ouverte en 1972 par Ford. Indirectement, le bilan pourrait être beaucoup plus lourd. « Traditionnellement dans l’industrie, on applique un ratio de trois emplois induits pour un emploi direct », nous a indiqué Francis Wilsius. Si l’on applique strictement cette règle de calcul, le sort de 2 550 salariés est donc étroitement lié à celui des 850 personnes employées sur le site de Ford Aquitaine Industries. 

L'usine Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort.
L'usine Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort. — Photo : Astrid Gouzik

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