Gironde

Industrie

Flying Whales choisit Laruscade pour implanter son usine girondine de dirigeables

Par Anne Cesbron, le 20 juillet 2020

C’est dans le nord de la Gironde, sur la zone d’activités de Laruscade créée pour l’occasion, que l’entreprise Flying Whales implantera son premier site de production de dirigeables. Les premiers vols sont attendus en 2023. Entre 200 et 300 emplois directs sont à la clé.

Les premiers vols des dirigeables Flyinig Whales sont attendus en Nouvelle-Aquitaine en 2022, pour une phase de certification.
Conçu pour répondre aux besoins de l'ONF pour l'extraction de bois en zone difficile d'accès, LCA60T, le dirigeables de Flying Whales, constitue une solution de désenclavement à travers le monde. — Photo : © Flying Whales

C’est finalement la discrète commune de Laruscade, dans le nord de la Gironde, qui a convaincu les actionnaires de Flying Whales et la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). L'entreprise francilienne va y implanter son usine de construction de dirigeables de transport de marchandises. Ses points forts : la proximité avec l’autoroute, la gare TER de Saint-Mariens - Saint-Yzan intégrée au futur RER métropolitain et son foncier plat. En lice, on savait Cestas et Libourne intéressées par l’accueil de ce site de production hors normes. Un hangar de 260 mètres de long sur 60 mètres de haut accueillera la production des engins volants de Flying Whales. Les LCA60T, pour « Large Capacity Airship 60 tons », dirigeables portés à l’hélium, ont été conçus pour transporter les grumes de bois, dans un premier temps pour l’Office National des Forêts (ONF), actionnaire du projet.

Déjà des accords avec Siemens, Bolloré et RTE

Autre actionnaire de poids, la Région Nouvelle-Aquitaine qui, dès 2017, a participé au premier tour de table de Flying Whales. Une prise de participation que la collectivité renforcera à hauteur de plus de 10 millions d’euros, devenant le deuxième partenaire de la holding de contrôle française Flying Whales HolCo. Air Liquide et Aéroports de Paris font également partie des actionnaires principaux au sein de Flying Whales HolCo.

« C’est un projet qui a mis beaucoup de temps à aboutir car il fallait notamment comprendre pourquoi les autres programmes de dirigeables avaient échoué », rappelle Sébastien Bougon, président-directeur général de Flying Whales, entreprise créée en 2012, basée à Suresnes (Hauts-de-Seine), qui a choisi Euratlantique à Bordeaux pour implanter sa société d’opération des LCA60T, Flying Whales Services. Des accords de longs termes avec des géants tels que Siemens (Allemagne), Goldwind (Chine), Garet Enerji (Turquie), ou encore les français Bolloré Logistics et RTE, permettent d’envisager des commandes. « Certains pays confrontés à des sujets de désenclavement économique, tels que le Grand Nord Canadien, l’Indonésie et ses 2 000 îles à connecter ou encore la République démocratique du Congo ou le Gabon peuvent imaginer un réseau de dirigeables quand ils n’ont pas les moyens de construire des routes ou qu'une activité ne justifie pas la création d’un aéroport ou d’un port en eaux profondes », poursuit le PDG.

Des entreprises régionales embarquées

L’équation économique, pour un projet à 450 millions d’euros, s’est résolue avec le marché de l’ONF et ses 15 millions de mètres cubes de bois proposés chaque année à la commercialisation. « Au-delà de cette application des grumes à débarder, nous découvrons tous les jours de nouveaux marchés récurrents amorcés par le bois, comme de très gros volumes éoliens », précise Sébastien Bougon. « Il s’agit d’un projet de rupture, symbolique du monde de l’après-confinement dans lequel nous réfléchissons à concilier la réindustrialisation et la transition écologique. Il nous faut entrer dans l’ère du transport durable de marchandises. Nous ne voulions pas laisser filer cette technologie », rappelle Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Deux entreprises du territoire sont d’ores et déjà embarquées à bord de cette filière aéronautique naissante : Epsilon Composite (200 salariés, 23,70 M€ de CA en 2019), à Gaillan-en-Médoc, réalisera les charpentes des structures volantes autour de sa technologie « Pultrusion carbone » ; quant à Reel, à La Rochelle (Charente-Maritime), c’est son système de levage de charge qui lui fait rejoindre le consortium. « Selon les hypothèses et les cadences qui suivront, ce programme va nécessiter une extension de notre site médocain à Gaillan, indique Alexandre Lull, directeur général délégué d’Epsilon Composite. Il est prévu que nous accompagnions Flying Whales dans ses développements au Canada et en Chine. »

Les premiers coups de pelles de l’usine de Laruscade sont attendus mi-2021, la fin du programme d’ingénierie fin 2022, la fabrication de la première machine en 2023, pour des vols d’essai fin 2023, début 2024. Si toutes les certifications réglementaires intervenaient début 2025, la phase opérationnelle suivrait. Deux dirigeables par an seraient fabriqués en début de programme, pour une montée en puissance permettant la fabrication annuelle de quatre puis dix machines.

Les premiers vols des dirigeables Flyinig Whales sont attendus en Nouvelle-Aquitaine en 2022, pour une phase de certification.
Conçu pour répondre aux besoins de l'ONF pour l'extraction de bois en zone difficile d'accès, LCA60T, le dirigeables de Flying Whales, constitue une solution de désenclavement à travers le monde. — Photo : © Flying Whales

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