Gironde

Industrie

Fermentalg et Suez testent la dépollution des cours d'école

Par Astrid Gouzik, le 17 septembre 2020

Fermentalg et Suez ont installé une « bulle d’air pur » dans la cour d’une école élémentaire située dans les Yvelines. Un axe important de développement pour l’activité « solutions environnementales » de la biotech libournaise.

Philippe Lavielle, PDG de Fermentalg, et Diane Galbe, directrice générale adjointe de Suez
Diane Galbe, directrice générale adjointe de Suez, et Philippe Lavielle, PDG de Fermentalg. — Photo : D.R.

Des algues dans les cours d’école de nos bambins pour leur faire respirer un air plus sain. C’est l’idée développée conjointement par le groupe Suez et la PME libournaise Fermentalg (65 salariés, 1,90 M€ de CA en 2019). Début septembre, elles ont installé une « bulle d’air pur » dans la cour d’une école élémentaire située dans les Yvelines, afin de tester son efficacité durant un an. « Cette machine fonctionne comme un énorme aspirateur à air pollué et il souffle l’air nettoyé avec des gros ventilateurs. Une zone de plusieurs centaines de mètres carrés est ainsi purifiée, débarrassée de particules fines, et le taux d’oxyde d’azote a bien diminué », détaille Philippe Lavielle, PDG de la biotech spécialisée dans la production de microalgues.

« Ces particules se concentrent au ras du sol, donc les enfants y sont particulièrement exposés. Depuis l’installation de cette bulle d’air, je pense que pas un maire en région parisienne ne nous a pas appelés ! ». Parallèlement à cette phase de test, les deux partenaires réfléchissent déjà aux applications les plus pertinentes pour cette technologie. Le PDG d’évoquer notamment les abribus sur les boulevards particulièrement passants : « nous avons aussi répondu à l’appel d’offres des JO 2024 pour installer nos bulles dans le village olympique », s’enthousiasme Philippe Lavielle.

Les puits de carbone en phase préindustrielle

La technologie de mise en œuvre des microalgues, développée et brevetée par Fermentalg, est également au cœur des puits de carbone développés avec Suez depuis 2015 pour la capture du dioxyde de carbone (CO2) émis par les industriels. Ces puits de carbone intensifient la capacité de photosynthèse des microalgues pour capter le CO2 et produire de la biomasse organique. Celle-ci est ensuite acheminée par les réseaux d’assainissement vers les usines de retraitement, où elle permet entre autres applications la production de biogaz. Une technologie intéressante pour les gros pollueurs, tels que les aciéries, les incinérateurs de déchets, etc.

Ces puits ont déjà été testés sur 5 sites pilotes en Île-de-France, principalement en milieu industriel. Pour ce projet, les deux partenaires vont rapidement passer à l’échelle préindustrielle pour démontrer leur efficacité en termes de productivité et de coûts. « Nous pouvons espérer une industrialisation à horizon 2022 », confie Philippe Lavielle. Une bonne nouvelle pour la biotech puisque ces puits de carbone devraient être assemblés à Libourne, dans l’usine construite par l’ancien patron de Fermentalg, Pierre Calleja. Jusqu’alors le bâtiment, construit à proximité des locaux de la PME, était resté inutilisé.

Parallèlement à ces solutions environnementales, Fermentalg continue de développer des produits qui devraient, à plus court terme, commencer à rapporter de l’argent à l’entreprise. Au 1er semestre 2020, la PME a atténué sa perte. Les ventes de DHA Origins, son huile algale riche en Oméga 3, ont généré 0,8 million d’euros de chiffre d’affaires, soit plus du double par rapport à la même période de 2019, malgré la crise sanitaire.

Philippe Lavielle, PDG de Fermentalg, et Diane Galbe, directrice générale adjointe de Suez
Diane Galbe, directrice générale adjointe de Suez, et Philippe Lavielle, PDG de Fermentalg. — Photo : D.R.

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