Gironde

Électronique

EMS Proto s'offre une usine pour conquérir l'Europe

Par Anne Cesbron, le 22 mars 2019

Après quatre ans d'existence, la société girondine EMS Proto, spécialiste de l’assemblage des prototypes de cartes électroniques via un service en ligne, s'agrandit. Portée par son hypercroissance (+77 % de croissance en 2018), elle lance les travaux de sa future usine de 2 000 mètres carrés, au sein de la Technopole Bordeaux Montesquieu, à Martillac.

Pierre-Yves Sempere (à droite), cofondateur et responsable financier de EMS Proto en Gironde.
La PME girondine EMS Proto, cofondée par Pierre-Yves Sempere (à droite), va quadrupler sa capacité de production de cartes électroniques grâce à une nouvelle usine de 2000 mètres carrés à Martillac. — Photo : Anne Cesbron

Créée en 2015 à Martillac (Gironde) par Pierre-Yves Sempere et Damien Michaud, la société EMS Proto (22 salariés, 2 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018) doit son succès à son marché de niche : la réalisation de petites séries de cartes électroniques. « Nous mettons en avant deux avantages : un chiffrage du coût de revient extrêmement rapide en ligne et la sur-automatisation pour garantir une qualité et des délais qui nous démarquent de la production des pays d'Asie et d'Europe de l'Est », explique Pierre-Yves Sempere, responsable financier.

De la start-up au grand groupe (Thales, Alstom, RTE, ArianeGroup), la clientèle ne s'est pas fait attendre. Tous les secteurs concernés par l'électronique sont intéressés : de l'industrie ferroviaire aux télécoms, du médical aux objets connectés « Habituellement, il faut de 15 à 20 jours pour obtenir un devis, nous on le fait en 15 minutes », précise-t-il. Le chiffrage automatisé est accessible sur la plateforme informatique ; les dossiers de fabrication des cartes y sont téléchargeables, « à la manière des plans d'une maison ».

Sur-automatiser la chaîne de production

Dès l'origine de leur projet en 2014, les deux fondateurs d'EMS Proto, en fins connaisseurs de l'industrie et de la R&D électronique, ont identifié les tâches des opérateurs dénuées de plus-value. « La problématique des ateliers d'assemblage réside dans l'importance des opérations manuelles, pénibles et répétitives. Ce n'était pas le monde de l'entreprise dans lequel nous voulions aller. On a fait le pari de sur-automatiser toute la chaîne. L'intérêt : la qualité est constante, il n'y a pas de baisse de charges, les cadences sont plus élevées...». En résulte un respect strict des délais, en témoigne le taux de retard de moins de 0,4 % des commandes.

Chaque année, EMS Proto a vu son chiffre d'affaire doubler jusqu'à 2018 et un bond de +77 %. Une hypercroissance saluée par deux distinctions : le Pass French Tech dans la catégorie « Croissance du chiffre d’affaires » et le Trophée de l’international du numérique organisé par l’IE-Club en partenariat avec Business France et l’INPI. Ce second prix a permis à EMS Proto de lever des fonds supplémentaires pour son développement à l'international. L'export représente aujourd'hui 11 % du chiffre d'affaires, principalement vers l'Allemagne mais aussi au Royaume-Uni. Quasi exclusivement vers l'Europe afin d'éviter des délais de dédouanement trop longs.

Un avenir extra européen ?

Pour parvenir à augmenter significativement la part des ventes à l'export, EMS Proto, qui fabrique actuellement 200 cartes électroniques par jour, va quadrupler sa ligne de production en janvier 2020. Une nouvelle usine qui fera passer l’entreprise de 450 à 2 100 mètres carrés toujours à Martillac, au coeur de la Technopole Bordeaux Montesquieu. Pour cela, elle a engagé 2,5 millions d'euros d'investissement pour les bâtiments et 4 millions pour les machines. Mais EMS Proto pense déjà à l'étape suivante : développer son activité hors de l'Europe dans les trois ans.

Pierre-Yves Sempere (à droite), cofondateur et responsable financier de EMS Proto en Gironde.
La PME girondine EMS Proto, cofondée par Pierre-Yves Sempere (à droite), va quadrupler sa capacité de production de cartes électroniques grâce à une nouvelle usine de 2000 mètres carrés à Martillac. — Photo : Anne Cesbron