Gironde

Vin

Coronavirus : comment les Caves de Rauzan se sont réorganisées face à la crise

Par Yoan Denéchau, le 22 avril 2020

Philippe Hébrard, directeur des Caves de Rauzan (340 vignerons adhérents, 31M€ de CA et 45 salariés), coopérative viticole, est comme tout le monde touché par la crise sanitaire liée à l'épidémie de coronavirus. Bien que les vins français soient à la peine depuis plusieurs mois, le dirigeant veut rester optimiste sur l'avenir de son entreprise et de la filière en général.

Philippe Hébrard, directeur des Caves de Rauzan, a réussi le tour de force de ne pas fermer ses caves depuis le début de la crise sanitaire. Depuis plusieurs années, les Caves de Rauzan ont mis en place un plan de continuité d’activité qui a défini les postes prioritaires, tout en adaptant la présence au niveau d’activité.
Philippe Hébrard, directeur des Caves de Rauzan, a réussi le tour de force de ne pas fermer ses caves depuis le début de la crise sanitaire. Depuis plusieurs années, les Caves de Rauzan ont mis en place un plan de continuité d’activité qui a défini les postes prioritaires, tout en adaptant la présence au niveau d’activité. — Photo : Caves de Rauzan

Philippe Hébrard fait partie des rares à croire que le Covid-19 pourrait être un mal pour un bien pour l’avenir. Un point de vue étonnant, alors que le monde du vin a dû affronter plusieurs crises successives. À l’heure où les viticulteurs girondins tremblent, après plusieurs épisodes de gel et de grêle en avril, le directeur des Caves de Rauzan, une coopérative rassemblant et commercialisant le vin de 340 vignerons, relativise la situation. « Comparé à des pans entiers de l’économie, nous, coopératives agricoles sommes privilégiées, précise Philippe Hébrard. Depuis le début du confinement, notre baisse d’activité oscille entre -15 et -50 % en fonction des semaines, mais nous pouvons nous estimer heureux que la grande distribution soit toujours aussi sollicitée ».

« Un dialogue social performant »

Il faut dire que Philippe Hébrard a réussi le tour de force de ne pas fermer ses caves une seule journée depuis le début de la crise sanitaire. « La démarche RSE que nous avons entamée depuis déjà plusieurs années joue beaucoup, ajoute le directeur de la cave coopérative. Grâce à un dialogue social performant et récurrent, nous étions prêts à attaquer le confinement avec une semaine d’avance ». En effet, les Caves de Rauzan ont mis en place un plan de continuité d’activité qui a défini les postes prioritaires, tout en adaptant la présence au niveau d’activité. « Nous continuons là où beaucoup de négociants ont fermé plusieurs semaines, explique Philippe Hébrard. Il faut avoir un bon climat social en interne pour faire face à ce genre de crises ». La direction et les cadres des Caves de Rauzan sont également mobilisés pour leurs 340 adhérents. « Les règles du jeu évoluent en permanence, précise Philippe Hébrard, 95 % de mon temps est dédié à éplucher les mesures, les arrêtés et à comment les mettre en place ». Afin de rassurer les vignerons, les Caves de Rauzan envoient une note d’informations et de consignes à leurs adhérents, deux fois par semaine.

38 % d’activité en moins sur le mois de mars

Pour le directeur des Caves de Rauzan, l’impact du Covid-19 à moyen et long terme sera difficile à évaluer. « Il nous manque des données, estime Philippe Hébrard. On ne sait pas si tout le monde pourra reprendre le 11 mai. Les dirigeants d’entreprises ont imaginé les pires scénarios et ont anticipé sur leurs demandes de chômage partiel ». Sur les 45 salariés des Caves de Rauzan, le dirigeant a monté un dossier d’activité partielle pour 42 d’entre eux, représentant 2 600 heures. Au 21 avril, le chômage partiel concerne quatre salariés des Caves de Rauzan. Côté activité, les chiffres ne sont pas encore « catastrophiques », d’après Philippe Hébrard. « Sur les deux semaines et demie de confinement en mars, nous ne perdons que 38 % d’activité. Dans un tel contexte, ce sont des bons chiffres », assure le dirigeant. Le directeur des Caves de Rauzan estime que le mois d’avril sera sensiblement identique à celui d’avril 2019 en termes de chiffre d’affaires.

Vers une remise à plat du marché après le confinement ?

Une des raisons de l’optimisme de Philippe Hébrard vis-à-vis de la filière viti-vinicole au sortir de la crise sanitaire, c’est justement le contexte qui l’a précédée. « Avant l’épidémie de coronavirus, les vins français n’allaient pas bien. Nous n’avions rien à perdre, cette crise ne sera probablement pas une catastrophe pour nous. L’épidémie a rebattu les cartes, c’est l’occasion pour nous, acteurs du vin, de redémarrer à zéro », espère le directeur des Caves de Rauzan. Ce dernier trouve également du réconfort en voyant fleurir sur internet les photos de particuliers pendant leurs apéritifs en visioconférence, accompagnés d’un verre de vin. « Ils vident leur cave, s’amuse Philippe Hébrard, ils devront bien la remplir à la fin du confinement ».

Philippe Hébrard, directeur des Caves de Rauzan, a réussi le tour de force de ne pas fermer ses caves depuis le début de la crise sanitaire. Depuis plusieurs années, les Caves de Rauzan ont mis en place un plan de continuité d’activité qui a défini les postes prioritaires, tout en adaptant la présence au niveau d’activité.
Philippe Hébrard, directeur des Caves de Rauzan, a réussi le tour de force de ne pas fermer ses caves depuis le début de la crise sanitaire. Depuis plusieurs années, les Caves de Rauzan ont mis en place un plan de continuité d’activité qui a défini les postes prioritaires, tout en adaptant la présence au niveau d’activité. — Photo : Caves de Rauzan

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