Bordeaux

Innovation

Cherchant à utiliser l'énergie de la houle, la start-up Seaturns lève des fonds

Par Yoan Denéchau, le 08 juillet 2020

Seaturns cherche à fabriquer un flotteur capable d’utiliser l’énergie de la houle pour produire de l’électricité et dessaler l’eau de mer. Pour poursuivre la mise au point de sa turbine flottante, la start-up bordelaise veut réaliser un tour de table de 400 000 euros.

Une modélisation 3D du prototype de flotteur fabriqué par Seaturns.
Seaturns veut développer un flotteur cylindrique, une forme réputée plus robuste, pour capter l'énergie des vagues. — Photo : Seaturns

Seaturns se donne les moyens de poursuivre ses recherches portant sur la récupération de l’énergie des vagues. Malgré l’épidémie de coronavirus, la start-up bordelaise créée en 2015 veut lever 400 000 euros auprès d’investisseurs privés. Conservant la majorité du capital, les deux dirigeants, Vincent Tournerie et Gabriel Canteins, comptent utiliser l’énergie des vagues pour produire de l’électricité et assurer le dessalement de l’eau de mer. La levée de fonds va leur permettre de fabriquer un prototype à l’échelle 1/2 de leur engin flottant. Ils ont en effet imaginé un cylindre de 9 mètres de long et 6 mètres de diamètre, tanguant au gré des vagues. À l’intérieur de ce flotteur, une turbine reliée à un alternateur et une pompe qui transforment la houle en électricité et l’eau de mer en eau douce.

Fin février, Vincent Tournerie et Gabriel Canteins se sont rendus au Danemark, pour tester un modèle réduit de leur flotteur en bassin. « C’est délicat, parce qu’il faut anticiper de nombreux chocs, explicite Vincent Tournerie. En cas de tempête ou de fortes vagues, le flotteur peut se briser. Il doit résister aux éléments ». Les deux hommes racontent avoir eu des résultats satisfaisants, pour leur concept, qui devrait rester en phase de R & D pendant encore plusieurs mois, avant d’être commercialisé vers la fin 2022. L’impact de la crise sanitaire du Covid-19 est léger pour la jeune entreprise. « Le coronavirus n’a pas été une catastrophe pour nous, dans la mesure où pour le moment nous sommes en phase de R & D, reconnaît Gabriel Canteins. Le confinement nous a toutefois permis de candidater sur deux appels à projets européens ».

Une alternative aux énergies fossiles

Avec leur flotteur, les deux dirigeants veulent « proposer des alternatives aux énergies fossiles, et pour cela, l’énergie marine est très compatible », indique Vincent Tournerie. À court terme, les deux hommes souhaitent s’attaquer à un marché de niche : les hôtels de luxe en bord de mer. « Ces hôtels se veulent proches de la nature, mais la dégradent, affirme Vincent Tournerie. Les propriétaires cherchent des solutions plus vertueuses ». L’entrepreneur prend l’exemple d’un établissement de 300 chambres dans les Maldives, alimenté par des groupes électrogènes qui consomment 8 000 litres de fioul par jour. L’autre enjeu pour Seaturns, c’est la ressource en eau. « Dans des zones aussi reculées, les besoins de plus en plus grands, dessaler de l’eau de mer c’est en quelque sorte protéger la ressource en eau, qui est indispensable aujourd’hui », précise Vincent Tournerie.

Pour son associé, le marché des hôtels ne constitue qu’une première étape : « Au fur et à mesure de nos recherches, nous nous sommes rendu compte que le marché de réseau [les fournisseurs d’eau et d’électricité, NDLR] est la solution la plus intéressante pour Seaturns à moyen et long terme ». D’après ses créateurs, Seaturns permet de réduire le coût global de production d’eau douce et d’électricité, tout en réduisant les émissions de dioxyde de carbone jusqu’à 90 %.

Une nouvelle levée de fonds en projet

N'employant pas encore de salariés, la start-up bordelaise, incubée chez Unitec à Pessac, a suscité l’intérêt de nombreux acteurs publics. Ainsi, Seaturns est suivie par l’Agence de Développement et d’Innovation Nouvelle-Aquitaine et l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe). La start-up a également fait l’objet de plusieurs financements publics, notamment une subvention de 87 500 euros votée en novembre dernier par le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, mais aussi des soutiens issus de Bpifrance et l’Union Européenne.

Les dirigeants de Seaturns comptent aussi poursuivre à faire appel à des investisseurs privés. Une autre levée de fonds, d’un million d’euros cette fois, est prévue pour la fin 2021, pour soutenir la phase de pré-commercialisation de la start-up.

Une modélisation 3D du prototype de flotteur fabriqué par Seaturns.
Seaturns veut développer un flotteur cylindrique, une forme réputée plus robuste, pour capter l'énergie des vagues. — Photo : Seaturns

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