Saint-Étienne

Communication et médias

Interview Webqam : "Nous sommes désormais une agence de communication et plus un sous-traitant"

Entretien avec Baptiste Cacheleux, directeur général de Webqam Groupe

Propos recueillis par Gilles Cayuela - 12 juillet 2022

Courant juin, Webqam est devenu Webqam Groupe. Un changement de nom qui marque aussi une évolution stratégique pour la PME stéphanoise, qui revendique clairement son nouveau statut d’agence de communication digitale et affiche des ambitions à l'international.

Baptiste Cacheleux (à droite) et Vincent Gallot, sont les deux codirigeants de Webqam Groupe.
Baptiste Cacheleux (à droite) et Vincent Gallot, sont les deux codirigeants de Webqam Groupe. — Photo : Gilles Cayuela

Vous avez récemment décidé de rebaptiser Webqam (65 salariés, 4,8 millions d'euros de chiffre d'affaires) en Webqam Groupe et d’adopter une nouvelle organisation en divisant vos activités en 4 agences : Webqam pour le digital, Grenaade pour le webmarketing, Sequence4 pour l’audiovisuel et Caractères pour le branding. Pourquoi ces changements ?

Le début de cette stratégie remonte à juin 2020. Avec Vincent Gallot (son associé, NDLR), nous avons décidé de sortir de notre positionnement historique de "factory" digitale et de sous-traitant pour des agences de communication. Depuis 5 à 6 ans, nous avons fait en sorte de développer une clientèle directe de grands comptes. À un moment, il faut l’assumer en s’affichant comme une agence et plus comme une factory. Nous avons donc décidé de mettre place un plan de transformation de l’entreprise sur deux ans avec des nouveaux processus internes, de nouvelles offres. Cela nous a amenés à internaliser des compétences pour étoffer notre spectre de services. Nous avons ajouté des briques conseil et stratégie, une brique autour de la publicité, etc. Au final, notre plan a fonctionné. En deux ans la perception de Webqam à l’extérieur a changé. Notre nouveau siège social nous a aidés à renforcer la visibilité de l’entreprise. Mais nous nous sommes rendu compte que ces changements manquaient un peu de clarté pour nos clients. Nous avons donc décidé de verticaliser nos nouveaux métiers et d’en faire des agences, des nouvelles marques pour clarifier mais aussi accélérer.

Qu’entendez-vous par accélérer ?

L’idée est de mettre à nos côtés de nouvelles compétences qui vont nous aider à développer ces verticales métiers. C’est pour ça que nous nous sommes associés sur Grenaade avec Théo Fontvieille et Victor Da Silva, deux experts du webmarketing. Sur Sequence4, Damien Ebrard et l’agence de création audiovisuelle Auuna sont montés au capital. L’objectif final étant d’aller plus vite.

Les trois agences ne sont donc pas seulement des marques mais aussi des sociétés détenues par Webqam Groupe ?

Grenaade et Séquence4 sont effectivement deux sociétés détenues majoritairement par la holding de Webqam Groupe. La troisième, Caractères, reste une marque du groupe.

Quels sont les objectifs visés avec cette nouvelle stratégie ?

Nous devrions boucler l’exercice à 4,8 millions d’euros de chiffre d’affaires à fin septembre. L’objectif est de rester dans une croissance maîtrisée, entre +15 et +20 % par an. Aller chercher une croissance plus forte impliquerait une autre méthode avec des acquisitions, mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Nous avons préféré opter pour cette méthode pseudo-organique qui nous permet de faire entrer de nouvelles compétences via des associations tout en restant majoritaires.

D’autres associations et/ou créations de filiales sont à l’étude ?

Sur la partie webmarketing, nous prévoyons effectivement de faire entrer de nouvelles compétences au sein de Grenaade. De manière plus générale, au niveau des fonctions support du groupe, tout a été prévu pour que l’on puisse filialiser et que les filiales puissent bénéficier du canevas que l’on a créé. Si demain, on veut créer une nouvelle filiale, c’est tout à fait possible. Mais ce n’est pour l’instant pas prévu.

Webqam est présent à Saint-Étienne et à Lyon. Avez-vous vocation à ouvrir de nouvelles antennes pour étendre votre couverture nationale ?

Nous avons déjà une couverture nationale sans être présent à Paris. À ce stade, nous n’avons pas détecté de potentielles implantations même si on ne l’exclut pas, notamment dans le cadre de notre développement à l’international. L’avantage d’avoir des sites en région, c’est que le turnover est relativement bas. Le recrutement en amont est difficile mais, une fois effectif, un attachement se crée.

Que représente l’international dans votre chiffre d’affaires ?

Pas grand-chose pour l’instant. Nous avons quelques clients au Maroc, en Suisse avec le groupe Richemont. En revanche, nous commençons à avoir des clients qui, de facto, travaillent à l’international. C’est le cas de Thuasne, pour qui nous déployons un programme e-commerce sur 15 marchés. C’est le type de projet qui nous permet aussi de grandir et d’aller progressivement vers l’international. D’une part parce que cela amène de la croissance mais aussi parce que, sur le plan intellectuel, cela amène de l’intérêt pour nos collaborateurs.

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