Auvergne Rhône-Alpes

Défense

Verney-Carron se lance sur le marché de la défense

Par Gilles Cayuela, le 11 décembre 2017

Inventeur du Flash-Ball et leader français de la fabrication de fusils de chasse, la PME Verney-Carron a décidé d'investir plus de 500 000 euros dans deux centres d'usinage à commandes numériques pour se lancer sur le marché de la défense.

Guillaume Verney-Carron, directeur général de Verney-Carron, à Saint-Etienne.
Guillaume Verney-Carron, directeur général de l'armurier stéphanois, vise le remplacement annoncé du FRF2, le fusil de précision semi-automatique de l'armée française. — Photo : Gilles Cayuela

Implantée à quelques centaines de mètres de l'ancienne Manufacture d'Armes de Saint-Etienne (MAS), Verney-Carron pourrait bien redonner vie au glorieux passé stéphanois en matière de fabrication de fusils d'assaut. Par le passé, l'armurier stéphanois avait produit sous licence certaines pièces du Famas (le fusil des armées françaises disparu en 2016) pour le compte de la MAS. Un marché que le leader français du fusil de chasse avait été contraint d'abandonner à la fermeture de la manufacture en 2001, obligeant ainsi l'inventeur du Flash-Ball à accentuer sa diversification vers le marché de la sécurité.

Plus de 500 000 euros investis

Mais aujourd'hui, c'est bien dans le secteur de la Défense que le fabricant d'armes stéphanois compte faire son retour. L'entreprise familiale dirigée par Guillaume Verney-Carron vient en effet d'investir "plus de 500 000 euros" dans l'achat et la mise en service de deux nouvelles machines à commandes numériques cinq axes.

"Ces machines vont nous permettre de renouveler notre parc et surtout de démarrer une nouvelle activité dans le secteur de la Défense. Aujourd'hui, Verney-Carron est positionnée sur trois activités : le fusil très haut-de-gamme fabriqué de façon artisanale, l'arme semi-industrielle et la sécurité avec le Flash-Ball notamment. L'idée, c'est d'attaquer un quatrième marché : la Défense. Nous avons le savoir-faire en interne et la maîtrise de l'emprunt de gaz semi-automatique (NDLR: technologie de rechargement par gaz)", justifie le directeur général Guillaume Verney-Carron.

Avec ces deux nouveaux centres d'usinage, Verney-Carron disposera désormais des outils nécessaires à la production d'un certain nombre de pièces des armes de défense dédiées aux forces françaises. "Dans un premier temps, l'objectif sera de répondre aux futurs appels d'offres de l'armée française notamment pour le remplacement du FRF2, le fusil de précision semi-automatique", précise Guillaume Verney-Carron.

Le tir sportif aussi dans la mire

Conscient que cette nouvelle activité Défense sera par essence même incertaine et instable, le directeur général compte aussi s'appuyer sur ces deux nouveaux centres cinq axes pour se diversifier dans le tir sportif.

"C'est un marché en plein développement en France et en Europe et qui utilise quasiment les mêmes armes que sur le marché de la Défense. L'arme est la même, la différence ce sont les chargeurs et quelques spécificités qui diffèrent", justifie le dirigeant.

En misant sur le tir sportif, Verney-Carron, qui a réalisé 14 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017 (90 salariés) espère aller chercher "entre 200 000 et 300 000 euros de chiffre d'affaires supplémentaire". Quant au marché de la Défense : "C'est très fluctuant. Cela peut aller de quelques centaines de milliers d'euros à plusieurs millions. C'est difficile à dire, mais cela peut vite être le Jackpot", conclut Guillaume Verney-Carron.

Guillaume Verney-Carron, directeur général de Verney-Carron, à Saint-Etienne.
Guillaume Verney-Carron, directeur général de l'armurier stéphanois, vise le remplacement annoncé du FRF2, le fusil de précision semi-automatique de l'armée française. — Photo : Gilles Cayuela

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