Vendre : Comment les invendus peuvent se transformer en or

Par la rédaction, le 04 novembre 2011

À l'évocation de ce qui est souvent considéré comme une erreur de gestion industrielle, les langues peinent à se délier. Pourtant, les invendus représentent 1,2% du PIB national: une manne financière grâce à une seconde vie dans des circuits de distribution alternatifs. Dossier réalisé par Nicolas Monier
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Oui, les invendus existent! Pourtant, les entreprises demeurent toujours très fébriles lorsqu'il s'agit d'évoquer la revente de ces produits qui n'ont pas trouvé preneurs par des circuits organisés. «L'invendu, c'est tabou. Il est considéré comme le fruit d'une erreur de managementpour beaucoup d'entreprises», souligne Sami Sboui, chercheur associé à l'université Panthéon-Assas, spécialiste du management des stocks. Pourtant, les chiffres sont bien là. Et ils s'affolent! Les invendus représentent 33% des volumes produits dans le secteur de l'approvisionnement textile, 28% pour celui de l'électronique, 40% dans l'agroalimentaire ou encore près de 60% sur le seul marché de la presse et de l'édition.




Les invendus pèsent pour 1,2% du PIB!

«Aujourd'hui, les invendus représentent 1,2% du PIB national soit une valeur entre 4,7 et 6,4Md€ au détail», note Hervé Hillion, associé chez le groupe d'audit et de conseil Mazars. Déjà conséquents, ces chiffres pourraient fort bien être aggravés par la crise, qui a contribué à doper les circuits alternatifs d'écoulement des stocks d'invendus: les enseignes de discount telles que Gifi, Babou ou encore la Foir'fouille ont le vent en poupe pendant que les centres de marques, comme Marques Avenue, McArthurGlen ou bien Value Retail, foisonnent en périphérie des centres urbains. Et les consommateurs ne s'y trompent pas, eux qui trouvent dans ces lieux des produits vendus avec des rabais de 30à 70%. Là aussi, les chiffres sont éloquents. De 1993 à 2011, ces centres sont passés, sur le seul territoire français, de sept à 22. Quant à l'estimation de leur chiffre d'affaires, elle a bondi de 181% durant cette même période atteignant les 900M€ cette année. Et ce n'est pas tout. «Si l'on recense à l'heure actuelle pas moins de 70 sites internet de déstockage, il ne faut pas oublier, qu'aux soldes saisonniers, l'État a ajouté deux soldes dits flottants pouvant durer deux semaines d'affilée ou bien se scinder en deux périodes d'une semaine», explique Sami Sboui.




Une marge très réduite, mais une marge tout de même

On l'aura aisément compris, il faut écouler. Certaines fois au plus vite, quels que soient les moyens. «Pour le fabricant, la donne est assez simple. Confronté à l'arrivée de sa nouvelle collection, il lui faut de la place. Si ses invendus occupent son entrepôt, il devra louer un autre local. Ce qui lui coûtera irrémédiablement de l'argent», explique Michel Ruiz, directeur des ventes pour le salon d'affaires Tradexpo. Une problématique qui n'échappe pas à Sandra Ragobert, directrice générale adjointe chez l'éditeur de produits multimédias Anuman Interactive: «Il n'y a pas 36 solutions. Soit vous détruisez votre produit, soit vous décidez de ne pas le passer en perte pour ainsi récupérer les coûts de fabrication et de logistique. Avec une marge de quelques pour cent auprès de soldeurs spécialisés. Mais au moins une marge». Ceci dit, le déstockage ne constitue pas à «pousser» des palettes auprès d'un réseau plus ou moins formalisé. Afin d'être efficace, cette pratique commerciale nécessite un minimum de réflexion et d'organisation. Il s'agit notamment de minimiser les risques qu'elle peut faire courir à sa marque, tout en tirant le meilleur profit. Le Journal des Entreprises vous livre quelques ficelles qui vous permettront d'y voir plus clair.

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