Grenoble

Santé

Uromems : 14 M€ pour la jeune pousse grenobloise

Par Marie Lyan, le 06 janvier 2017

Lancée en 2011, la start-up UroMems vient d'enregistrer une première levée de fonds record de 14 millions d'euros. Avec, au capital, un pool d'investisseurs mené par le fonds allemand Wellington Partners.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Elle ne réalise pas encore de ventes ni de chiffres d'affaires, mais parvient déjà à lever 14 millions d'euros pour financer sa R&D. La société grenobloise UroMems, créée en 2011, a réussi à boucler une première levée de fonds auprès d'un pool d'investisseurs composé du fonds allemand Wellington Partners, de Bpifrance (via le fonds Accélération Biotechnologies Santé FABS), du CEA Investissement, de Cita Investissement et de b-to-v Partners, un fond créé par des entrepreneurs. Deux millions d'euros proviennent également du Concours Mondial de l'Innovation. Une performance pour cette jeune entreprise qui avait démarré avec des prêts de son entourage proche, avant de remporter le concours de création d'entreprises innovantes de Bpifrance. Uromems n'a pas souhaité communiquer sur la répartition actuelle de son capital, mais précise que les 14 millions d'euros recueillis permettront de financer les dernières étapes de développement de son sphincter urinaire artificiel, un dispositif médical implantable visant à améliorer le confort de vie des personnes souffrant d'incontinence sévère. « Nous voulions prendre le temps de trouver des investisseurs sérieux, qui aient de l'expérience dans ce domaine et qui bénéficiaient d'un réseau que nous n'avions pas. Le fonds allemand Wellington Partners apporte ainsi une culture et une vision différente », explique Hamid Lamraoui, président d'Uromems.

Une solution de rupture

S'il est plutôt rare d'observer une levée de cet ordre au sein d'une jeune pousse, « cela a pu se produire car nous avions une technologie répondant vraiment aux besoins du patient, à l'issue de discussions et de retours de cliniciens », estime le co-fondateur. Fruit de recherches démarrées en 2006 avec les laboratoires grenoblois TIMC (LA Tronche) et TIMA (Grenoble) et l'hôpital de la Pitié Salpétrière (Paris), le dispositif médical d'Uromems utilise des micro-capteurs et de l'électronique embarquée pour remplacer le muscle déficient, et s'implante au niveau du col de la vessie. « Toutes les solutions qui existent aujourd'hui sont des solutions mécaniques. Or, nous voulions apporter un dispositif actif, avec des composants qui rendent l'implant intelligent», précise Hamid Lamraoui. L'objectif ? Réduire ainsi les effets secondaires pour les patients mais aussi les difficultés rencontrées par le corps médical.

Un terrain de jeu mondial

Face à une concurrence mondiale constituée à la fois de grands groupes et de jeunes pousses, Uromems se veut encore discrète sur son business model, mais affirme avoir déjà conclu des partenariats industriels au niveau national et européen. « Nous conserverons la responsabilité de fabriquer et de commercialiser ce dispositif», précise le dirigeant. S'il est encore trop tôt pour communiquer sur une date de commercialisation - les délais pouvant s'avérer importants sur le marché des dispositifs médicaux-, le marché potentiel demeure significatif, compte-tenu du vieillissement de la population. « On dénombre près de 50 millions de patients qui souffrent d'incontinence urinaire d'effort, même si c'est une question qui demeure encore taboue », précise le président. Uromems vise en premier lieu l'Europe, les Etats-Unis et le Canada, et à plus long terme l'Asie. L'un des freins à cette expansion pourrait être le processus de certification, différent en fonction des pays. « Le Japon a par exemple ses propres règles », rappelle-t-il. D'autres levées ne sont pas exclues pour aider la société à franchir les prochaines étapes. « En attendant, la levée de fonds nous a permis de recruter quelques personnes, notamment des ingénieurs en industrialisation ou qualité», glisse Hamid Lamraoui. La prochaine étape ? Hébergée à Minatec, la société est désormais à la recherche de nouveaux locaux, « avant la fin de l'année prochaine ».

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