Haute-Savoie

E-commerce

Interview Snowleader : "Nous dépasserons 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025"

Entretien avec Thomas Rouault, PDG de Snowleader

Propos recueillis par Marie Paturel - 29 avril 2021

Spécialiste de la vente en ligne d’équipements pour les sports en extérieur depuis 2008, Snowleader connaît une croissance continue que la récente ouverture de son nouvel entrepôt devrait appuyer, notamment pour le déploiement à l’international. Depuis le siège à Chavanod (Haute-Savoie), Thomas Rouault, fondateur et PDG de la société, évoque la croissance de ce fleuron français de l’e-commerce sportif.

Thomas Rouault, fondateur et PDG de Snowleader.
Thomas Rouault, fondateur et PDG de Snowleader. — Photo : Marc Daviet

Vous annoncez l’ouverture de votre nouvelle plateforme logistique, située au Versoud (Isère). Agrandir vos entrepôts était devenu indispensable ?

Thomas Rouault : Notre nouvelle plateforme compte 25 000 m2 d’entrepôt, 70 000 m2 de terrain et une quarantaine de collaborateurs. Elle est implantée au Versoud, dans une ancienne usine Caterpillar réhabilitée et agrandie. Elle remplace les deux sites précédents qui cumulaient seulement 6 000 m2. Avec 10 millions d’euros de croissance l’an dernier (35 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2020, 45 millions euros en 2021, NDLR), nous avions besoin d’une plus grande capacité de stockage et d’une amélioration de nos process pour satisfaire la demande. La plateforme nous permettra de dépasser le cap des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2025.

Quelles sont ses caractéristiques ?

T. R. : L’entrepôt, qui permettra de gérer les commandes passées en France et en Europe, sera robotisé dès septembre afin de réduire les délais de traitement des commandes. Avec 450 marques référencées sur notre site, 25 000 articles "montagne" et 270 000 colis expédiés, ce site nous permet d’envisager un objectif d'un million de colis expédié dans trois ans. Il a une emprise au sol limité grâce à une densité accrue des rayonnages et nous permet de gagner en efficacité environnementale grâce à une machine fabriquant les cartons autour des articles emballés, ce qui réduira le vide dans chaque packaging. Une telle robotisation mobilisera moins de personnel (une quarantaine actuellement, mais environ 80 personnes seront sur le site à partir de septembre), mais maintiendra la masse salariale, soit 150 personnes, les qualifications requises étant plus élevées.

Comment ce projet a-t-il été financé ?

T. R. : Grâce à une levée de fonds de 10 millions d’euros en janvier 2020 et via des emprunts bancaires contractés en deux phases : l’une pour la phase projet du Versoud et la construction du futur siège social à Épagny (Haute-Savoie) à hauteur de 25 millions d’euros, l’autre pour la robotisation et l’engineering du Versoud à hauteur de 10 millions d’euros. Depuis la création de l’entreprise, nous avons mené plusieurs levées de fonds accompagnant une croissance qui dépasse les 30 % annuels depuis plusieurs exercices. Cela témoigne de la bonne santé de l’entreprise, qui répartit son activité entre son marché principal, la France, et plusieurs pays de l’Europe géographique (Grande-Bretagne, Suisse, Autriche, Italie, Allemagne, Belgique et Espagne).

Quel bilan dressez-vous de cette année particulière ?

T. R. : Nous avons subi une série de hausses et de baisses depuis mars 2020. Le premier confinement a été marqué par une forte décroissance, puis le deuxième trimestre a vu exploser les activités en extérieur avec + 50 à 60 % de chiffre d’affaires sur ce secteur par rapport à l’année précédente. Le troisième trimestre a été de nouveau en net recul en raison du deuxième confinement et de la non-réouverture des stations. Néanmoins, grâce à la Suisse et à l’Autriche où le ski alpin était autorisé, mais aussi grâce à l’engouement des Français pour le ski de randonnée, le ski nordique et les raquettes à neige, nous avons vu doubler le chiffre d’affaires habituel sur ces trois catégories de produits en fin d’année 2020.

L’une des trois boutiques Snowleader, ici à Annecy.
L’une des trois boutiques Snowleader, ici à Annecy. - Photo : Snowleader

La montagne reste-t-elle un relais de croissance pour Snowleader ?

T. R. : Notre croissance au cours de l’hiver 2020-2021 montre que la montagne a d’autres activités à offrir que le seul ski alpin. Malgré l’impact de la crise sur nos trois boutiques physiques – à Annecy, Lyon et Chamonix – nos clients sont des passionnés de grands espaces et de montagne et ils continuent à consommer. Notre diversification géographique nous permet également de ne pas dépendre d’un seul marché.

Quels sont vos projets ?

T. R. : Nous préparons le déménagement de notre siège social à Épagny en octobre, puis la refonte de notre site internet. Le déploiement du réseau de magasins physiques est, pour l’instant, mis sur pause le temps d’observer les modifications des flux de clientèle en centre-ville et dans les centres commerciaux. Notre objectif : une couverture européenne à 100 % à l’horizon 2024-2025.

Thomas Rouault, fondateur et PDG de Snowleader.
Thomas Rouault, fondateur et PDG de Snowleader. — Photo : Marc Daviet

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