Lyon

Événementiel

Interview Sirha : « Nous ne pouvions pas attendre la fin d'année pour annoncer un report »

Entretien avec Marie-Odile Fondeur, directrice générale du salon Sirha

Propos recueillis par Pierre Lelièvre - 23 septembre 2020

Prévu initialement du 23 au 27 janvier 2021, le salon international consacré à la restauration, à l'hôtellerie et à l'alimentation Sirha a été reporté du 29 mai au 2 juin 2021 face au durcissement des contraintes sanitaires à Lyon. Marie-Odile Fondeur, directrice générale du Sirha et de la division agroalimentaire de GL Events Exhibitions, revient sur ce choix qui revêt des enjeux économiques majeurs.

Marie-Odile Fondeur, directrice du Sirha
"80 % du salon était déjà commercialisé", annonce Marie-Odile Fondeur, directrice du Sirha. — Photo : Alex Gallosi

A la suite des annonces du préfet du Rhône le 21 septembre, le report du salon international consacré à la restauration, à l'hôtellerie et à l'alimentation Sirha, qui devait se tenir du 23 au 27 janvier 2021 à Eurexpo Lyon, a été annoncé. Maintenir le Sirha 2021 aux dates initiales était devenu impossible ?

Marie-Odile Fondeur : À entendre les annonces du Préfet du Rhône, Pascal Mailhos, celles du gouvernement, et en raison des inquiétudes dont nous faisaient part nos clients, nous avons décidé de reporter le salon pour gagner en sérénité. Le Sirha, c’est 3 000 clients qui préparent cet événement trois à six mois en amont. Nous ne pouvions pas attendre novembre ou décembre pour annoncer un report. Nous avons consulté les partenaires et certains exposants avant de prendre cette décision collective.

Le concours international des Bocuse d’Or, qui se déroule en même temps que le Sirha, et mêle plus de soixante nationalités différentes a-t-il pesé dans la balance ?

M-O. F. : Ce n’est pas ce qui a dicté notre choix. Nous étions conscients qu’un pays pourrait fermer ses frontières. Mais c’est surtout le volume de clients du Sirha qui nous a fait prendre cette décision. Certaines nationalités qui avaient décidé de ne pas venir pour des raisons financières ou sanitaires seront peut-être des nôtres en mai.

Où en était la commercialisation du salon ?

M-O. F. : 80 % du salon était déjà commercialisé. Nous étions agréablement surpris de ce succès au regard du contexte sanitaire, ce qui prouve l’importance du Sirha pour les exposants. Ils en ont besoin pour lancer leurs nouveautés, rencontrer leurs clients. Les salons sont des boosters économiques du marché. Le Sirha permet une émulation et une interactivité qui font que ce type de format fonctionne parfaitement bien.

Avez-vous des inquiétudes pour la tenue du salon en mai ?

M-O. F. : Aujourd’hui, nous ne sommes pas inquiets. D’ici le mois de mai, nous aurons tous appris à vivre avec le Covid-19 en respectant les règles sanitaires. Et nous pourrons continuer à faire des affaires. Depuis la rentrée, des salons tels que le Sirha Green, Omnivore (festival gastronomique, NDLR) ou M.A.D.E (salon dédié aux marques blanches distributeur, NDLR) ont, dans l’ensemble, bien fonctionné. Nous sommes dans une phase de reprise dans l’événementiel.

Quelles sont les retombées économiques du Sirha pour le territoire ?

M-O. F. : Le Sirha est une machine de guerre ! Par exemple, pour le montage du salon, nous faisons appel à 4 000 personnes. Pour le territoire, les retombées économiques sont estimées à plus de 150 millions d’euros puisque cela fait travailler l’hôtellerie, la restauration, les taxis, les standistes… C’est une économie énorme. Ce n’est pas pour rien que chez Accor, par exemple, on parle d’année avec ou sans Sirha. Ce sont cinq jours qui comptent énormément dans leur chiffre d’affaires. Chez GL Events, la division Sirha, que je dirige, pèse environ pour environ 30 millions d’euros de revenus.

Vous annoncez un nouveau format autour d’une marque commune Sirha Food, c’est-à-dire ?

M-O. F. : Nous avons décidé d’unifier et moderniser la communication de tout l’écosystème de marques qui gravite autour de la food au travers d’une marque commune, Sirha Food. C’est-à-dire que toutes les marques de la division comme les concours (Bocuse d’Or…), les salons (Europain, Omnivore, MADE, Le Mondial de la Bière) seront rattachés à un portail baptisé Sirha Food.

Marie-Odile Fondeur, directrice du Sirha
"80 % du salon était déjà commercialisé", annonce Marie-Odile Fondeur, directrice du Sirha. — Photo : Alex Gallosi

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