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Siparex clôt une année 2021 "record"

Par Audrey Henrion, le 18 janvier 2022

Pour la société de capital investissement lyonnaise Siparex, l'année 2021 a été marquée par des performances "historiques". Elle a désormais 3 milliards d'euros d’actifs sous gestion et 300 entreprises en portefeuille.

Bertrand Rambaud est président de Siparex, passé en 2021 de 2 à 3 milliards d’euros d’actifs sous gestion.
Bertrand Rambaud est président de Siparex, passé en 2021 de 2 à 3 milliards d’euros d’actifs sous gestion. — Photo : Siparex

Avec 3 milliards d’euros de fonds sous gestion, en hausse de 30 % en 2021, et 800 millions d’euros de levées de fonds engagés en 2021, soit 50 % de plus qu’en 2020, le groupe de capital investissement lyonnais Siparex qualifie son année 2021 d'"historique".

Les 100 collaborateurs (bientôt 120) ont accompagné plus de 300 entreprises, dont 60 qui ont réalisé une croissance externe. "Un exploit compte tenu des difficultés à se déplacer, rencontrer les gens, visiter les sites", souligne Bertrand Rambaud, le président du groupe, qui salue un "contexte favorable avec beaucoup de liquidités et d’initiatives".

Sur l’année, Siparex a réalisé 522 millions d'euros de cessions et 300 millions d'euros d’investissements, dont notamment 32 % dans des ETI, 23 % dans des start-up, 16 % auprès d’entrepreneurs et 14 % auprès de PME.

Deux opérations majoritaires

Siparex a poursuivi à un rythme très élevé les cessions d'ETI l'an dernier, pour un montant global de 232 millions d’euros. Le groupe est sorti du capital du bureau d'études Ginger CEBTP, du chimiste Minafin, et du constructeur automobile Ligier Group, tandis qu’un de ses fonds poursuit l’accompagnement de Prosol (Grand Frais) et investit dans deux opérations majoritaires, le spécialiste santé vendéen Winncare (110 M€ de chiffre d'affaires) et le spécialiste du service à la personne Destia (100 M€  de chiffre d'affaires), dans le Loiret, qui connaissent tous deux des enjeux de changement d’échelle. Le fonds reste minoritaire dans deux entreprises d'Auvergne Rhône-Alpes, l'aindinois Biscuits Bouvard (CA 2021 : 350 M€) et le haut-savoyard Maped (CA 2021 : 160 M€), et les accompagne sur cinq ans dans leur déploiement international.

Un fort ancrage régional

Les entreprises d’Auvergne-Rhône-Alpes pèsent pour plus d’un quart (26 %) des investissements de Siparex et représentent un total 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et environ 30 000 emplois. Parmi les principales participations en portefeuille figurent l’entreprise Rondot (CA 2021 : 50 M€, Rhône), Vignal Signalisation (CA 2021 : 150 M€, Rhône), mais aussi Valentin Traiteur (CA 2021 : 85 M€, Loire) ou Elydan (CA 2021 : 130 M€, Isère).
L’ancrage local passe aussi par le fonds Rhône-Alpes PME, coentreprise entre les Caisses d’épargne de Rhône-Alpes et Siparex piloté par Cyril Fromager. Il a conduit en 2021 six premiers investissements pour un total de 18 millions d’euros (Provendi, Airria, Ysonic, Antares Diffusion ou encore EnergyGo).

Siparex s’est aussi vu confier la gestion du fonds souverain lancé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Doté de 75 millions d’euros (100 millions d'euros à terme), il sera déployé à travers des tickets de 300 000 euros à 10 millions d’euros pour accompagner les entreprises du territoire portant des enjeux d’emploi, de préservation du tissu industriel. Trois entrées sont en cours de négociations, dans des "filières d’excellence" de la région, indique Pierre Taillardat, à la tête de ce fonds souverain.

"Yoyo" du prix des matières premières

Pas ennemi de ses intérêts, le groupe Siparex a augmenté en décembre de près de 500 millions d’euros son capital (notamment en renforçant ses fonds propres) avec l'entrée de nouveaux actionnaires comme le fonds Edify, MACSF et SMA BTP, qui viennent renforcer les "historiques" dont les groupes Seb, Michelin, l’Institut Mérieux, Crédit Agricole Centre-Est, Apicil, Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes et Norgefi.
Une succession de nouvelles positives, mais qui n’empêchent pas une grande vigilance. En 2022, les équipes de Bertrand Rambaud, qui devraient se renforcer d'une vingtaine de nouvelles recrues cette année, resteront attentives à l’évolution de la pandémie de Covid-19 et de ses conséquences, avec un œil sur le "yoyo" du prix des matières premières, les difficultés de recrutement et l’évolution des taux d’intérêt.

"Les entreprises sortent de deux années éprouvantes, avec des hauts et des bas, l’allongement des délais d’approvisionnement, elles doivent continuer à se renforcer humainement", soutient Bertrand Rambaud. Mais le groupe estime que ses investissements interviennent dans des filières peu exposées : rien dans l’aéronautique, presque pas dans l’automobile, et assez peu dans le tourisme et les loisirs en intérieur. "Il peut y avoir des déceptions mais, jusqu’à présent, nous n’avons pas apporté de capital défensif dans nos affaires", argue le président.

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