Loire

Cosmétique

Senselia change son modèle économique et s'implante dans la Loire

Par Gilles Cayuela, le 05 novembre 2019

Lourdement impactée par la crise des gilets jaunes, la marque lyonnaise de cosmétiques et compléments alimentaires Senselia a décidé d'abandonner la vente à domicile pour se concentrer sur la vente en ligne et l'ouverture d'une première boutique dans la Loire.

Thierry Stentzel entouré (à gauche) de Juliette Robert, responsable de la communication sur les réseaux sociaux, et de Laura Picard, responsable du développement marketing et de l'identité visuelle des boutiques.
Thierry Stentzel entouré (à gauche) de Juliette Robert, responsable de la communication sur les réseaux sociaux, et de Laura Picard, responsable du développement marketing et de l'identité visuelle des boutiques. — Photo : Gilles Cayuela - Le Journal des Entreprises

« J’ai créé Senselia avec mon épouse en 2014 à Lyon. À l’origine, notre marque de cosmétiques et de compléments alimentaires 100 % made in France étaient distribués exclusivement via la vente à domicile. Et puis les gilets jaunes sont arrivés et notre activité s’est écroulée », lance Thierry Stentzel.

La TPE de 9 salariés - qui au plus fort de son développement faisait appel à 200 vendeuses indépendantes et réalisait 1 M€ de chiffre d’affaires -, constate alors une érosion relativement rapide de son activité. « Nos vendeuses à domicile travaillaient essentiellement les week-ends. À partir du moment où les ronds points et les routes ont été bloqués, elles ont arrêté de travailler. Résultat, au mois de décembre 2018, nous avons accusé un recul de 60 % de notre chiffre d’affaires et sur l’exercice 2018 nous sommes redescendus à 400 000 €. Et rebelote en janvier avec - 40 % », raconte le dirigeant fondateur de Senselia.

Une première boutique en 2019

Une chute brutale qui incite la marque lyonnaise à revoir son modèle de distribution. « Mes équipes m’ont convaincu d’abandonner la vente à domicile et de nous concentrer sur la vente en ligne. Nous avons ainsi investi dans la création d’un site internet marchand que nous avons lancé début juin. Parallèlement, comme la trésorerie commençait sérieusement à se tendre, j’ai demandé début juillet notre mise en redressement judiciaire pour ne pas attendre d’être face au mur et nous donner le temps d’amorcer notre virage stratégique », explique Thierry Stentzel.

Pour appuyer ce changement de modèle et retrouver une viabilité économique perdue, Senselia a décidé de s’implanter dans la Loire en ouvrant d’ici à la fin de l’année une boutique physique à Saint-Chamond, lieu de résidence des époux Stentzel.

« On cherche un local de 100 à 150 m² pour développer un concept qui n’existe pas dans la région. Nous voulons créer un lieu à l’ambiance cosy, inspiré des salons de thés, dans lequel les clients viendront chercher du conseil et des interactions avec des ateliers beauté et des formules à la carte adaptées à leurs besoins. L’idée est de créer un univers tourné vers l’expérience client », détaille Laura Picard, responsable du développement marketing et de l’identité visuelle de la future boutique.

4 M€ de CA sous 5 ans

Un concept qui sous deux ans devrait atteindre les 200 000 € de chiffre d’affaires et viendra donc compléter l’activité générée par la vente en ligne. « L’idée étant d’ouvrir 9 mois plus tard une seconde boutique à Saint-Etienne et une troisième à Lyon sous trois à quatre ans », précise Thierry Stentzel.

Si le concept de boutiques fait ses preuves dans la région, Senselia envisage d’ores et déjà de l’étendre à l’échelon national. « Nous visons des villes comme Nantes, Strasbourg, Bordeaux ou Toulouse. L’idée est d’arriver à dix boutiques et 4 M€ de chiffre d’affaires sous cinq ans avec une répartition 60 % internet et 40 % boutiques », détaille Thierry Stentzel, qui va d’abord devoir redresser la barre. « La fin de la période d’observation est fixée à janvier. On espère avoir fait nos preuves d’ici là », conclut le dirigeant.

Thierry Stentzel entouré (à gauche) de Juliette Robert, responsable de la communication sur les réseaux sociaux, et de Laura Picard, responsable du développement marketing et de l'identité visuelle des boutiques.
Thierry Stentzel entouré (à gauche) de Juliette Robert, responsable de la communication sur les réseaux sociaux, et de Laura Picard, responsable du développement marketing et de l'identité visuelle des boutiques. — Photo : Gilles Cayuela - Le Journal des Entreprises

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