Grenoble

Technologies

Schneider Electric et le CEA lancent un laboratoire dédié à la cybersécurité

Par Marie-Amélie Mine, le 15 novembre 2022

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et Schneider Electric ont annoncé le lancement d’un laboratoire commun en matière de cybersécurité, afin de renforcer la résilience des technologies de gestion de l’énergie du groupe français, alors que le risque de cyberattaques va grandissant.

Daniel Gheno, senior VP chez Schneider Electric en charge de l’innovation et des technologies, et Sébastien Dauvé, directeur du CEA-Leti.
Daniel Gheno, senior VP chez Schneider Electric en charge de l’innovation et des technologies, et Sébastien Dauvé, directeur du CEA-Leti. — Photo : Pierre Jayet

​Protéger les informations sensibles et les systèmes critiques contre les attaques numériques, voilà un enjeu de taille pour un groupe comme Schneider Electric (6 285 salariés pour l’entité française ; 2,79 Md€ de CA en 2021), expert en technologies de gestion de l’énergie, de logiciels et de services pour les infrastructures et les industries. Le groupe français, dont le principal centre de R & D est situé à Eybens près de Grenoble, a donc décidé de prolonger son partenariat en matière de cybersécurité avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), avec la création d’un laboratoire commun dédié à ces sujets.

"Lors de notre première phase de collaboration, nous avons accompagné Schneider sur les nouvelles réglementations en matière de sécurité et les avons aidés à les intégrer dans leurs produits. Avec la création d’un laboratoire dédié aux activités de cybersécurité de Schneider, nous permettons au personnel de l’entreprise de venir opérer des bancs tests au sein du CEA de Grenoble", explique Marion Andrillat, responsable partenariats industriels au CEA-Leti.

Une industrie de la cyberattaque

La lutte contre les cyberattaques est essentielle à plus d’un titre pour une entreprise comme Schneider Electric. En renforçant la sécurité de ses produits, le groupe évite à ses clients des pertes de revenus qui peuvent atteindre des montants colossaux. 1 % du PIB mondial, soit 1 000 milliards de dollars, partirait chaque année en fumée à cause de la cybercriminalité, estime le CEA. Et selon le Baromètre de la cybersécurité en entreprise 2022, plus de la moitié des entreprises françaises ont connu au moins une cyberattaque au cours de l’année 2021.

"En nous entourant des experts du CEA, notre but est d'être en permanence à la pointe de ce qui se fait en matière de cybersécurité et pouvoir ainsi fournir des infrastructures énergétiques et digitales résilientes à nos clients, tout en restant vigilants.  Car les technologies de cyberattaque évoluent très rapidement, et le risque zéro n'existe pas", explique Elisabeth Logeais, en charge des partenariats au sein de la direction Innovation et Technologies chez Schneider Electric. Selon la responsable, en moins d’une dizaine d’années, la cyberattaque est devenue une véritable industrie possédant une logique et un processus équivalents aux logiciels classiques. Les clients de Schneider, qui peuvent être des hôpitaux, des data centers ou des centrales hydrauliques et dont le groupe français est responsable de la gestion de l’énergie, sont autant d’infrastructures critiques du point de vue de la cybersécurité. "Si ce type d'infrastructure est attaqué, ce sont les activités critiques d'une région, voire d'un pays, qui en dépendent, santé, énergie, communication, qui sont mises en risque", poursuit la responsable de Schneider.

Un nouveau règlement européen plus exigeant

Enfin, avec la création de ce laboratoire commun dédié à la cybersécurité, Schneider Electric répond à une hausse des exigences réglementaires en la matière. Le 15 septembre 2022, la Commission Européenne a présenté une nouvelle proposition de texte sur la cyberrésilience visant à protéger les consommateurs et les entreprises contre les produits dont les caractéristiques de sécurité ne sont pas suffisantes. "Schneider est preneur de ce genre d'exigence règlementaire, avec des obligations de performance sur chaque maillon de la chaîne pour protéger les activités économiques et les infrastructures critiques au niveau européen ", termine Élisabeth Logeais.

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