Rhône

Conjoncture

Reconfinement : ce que la CPME du Rhône demande à l'État

Par Audrey Henrion, le 29 octobre 2020

Réunion des directeurs exécutifs de la CPME ce matin, autour du président national François Asselin. Au menu, lister les actions prioritaires pour soutenir les petites et moyennes entreprises qui en France représentent 90 % du tissu économique. Dans le Rhône, François Turcas a déjà obtenu des actions concrètes de la part du préfet Pascal Mailhos.

Ce jeudi matin, Bercy a donné son accord pour inscrire dans le projet de loi de finances un dispositif sous forme de crédit d’impôt en faveur des bailleurs qui accepteraient de baisser les loyers aux PME contraintes de fermer. — Photo : Pixabay - Kulinetto - c.c.

"25 % des entreprises du territoire ne se relèveront sans doute pas de ce deuxième confinement", assène François Turcas, le président de la CPME du Rhône (3 500 adhérents de 17 salariés en moyenne). "Mais un autre quart a des chances de survivre si les aides sont efficaces et rapides". Au lendemain des annonces présidentielles que les milieux économiques redoutaient, le "patron des patrons" veut faire avancer les dossiers, et vite.

Le 28 octobre, Emmanuel Macron a annoncé la prise en charge jusqu’à 10 000 euros par mois des pertes en chiffres d’affaires des entreprises contraintes de fermer. Mais les syndicats patronaux sont en ligne avec le ministère de l'Économie pour arracher d’autres dispositifs de soutien.

Un crédit d'impôt pour les bailleurs

Ce jeudi 29 octobre au matin par exemple, Bercy a donné son accord pour inscrire dans le projet de loi de finances un crédit d’impôt en faveur des bailleurs qui accepteraient de baisser les loyers aux entreprises. La somme pourrait aller jusqu’à un tiers de l'effort consenti. "Mais cela ne suffira pas, nous voulons obtenir beaucoup plus, plaide Franck Morize, secrétaire général de la CPME du Rhône depuis 22 ans et dirigeant de la laiterie du Mont-Aiguille, dans le Vercors. Nous nous battons par exemple pour la non-conversion des dettes professionnelles en dettes personnelles". Traduction : pour que demain, le dirigeant d’une SARL qui a déposé le bilan ne soit pas tenu de payer des cotisations CPSTI (Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants, ex-RSI) sur ses biens propres, ce qu’impose aujourd’hui la loi.

Des PME sous-capitalisées

François Asselin, président national de la CPME, va aussi demander que l’ensemble des dettes sociales, fiscales, bancaires, crédit-bail et prêts garantis par l'Etat soient convertis dans un prêt de consolidation avec un remboursement lissé sur dix ans. " Les PME en France sont sous-capitalisées, déplore Franck Morize. Songez qu’il a été possible de créer une SARL avec un seul euro au capital !", s’indigne-t-il.

Or aujourd’hui, pour rembourser un PGE par exemple, il faudrait réaliser 5 % de résultat net. "Or, 30 % de nos adhérents n’atteignent pas ce volume et ne pourront pas rembourser dès avril 2021 le PGE, alors même qu’ils sont contraints de fermer", tance Franck Morize.

D’autant qu’arrivent à échéance les suspensions de versement de loyers, les trois mois de délais pour payer l’électricité, la fin de la suspension des crédits existant avant le confinement…

D’un point de vue pratico-pratique, et pour répondre aux 64 appels à projets formulés dans le plan de relance, la CPME a obtenu pour ces adhérents la désignation par le préfet d’un interlocuteur unique. Enjeu : que les dirigeants puissent facilement flécher les bons experts (Préfecture, Région, Direccte, Ademe, Banque des Territoires, Bpifrance, Agence de l’eau…) et s’orienter dans le "maquis" administratif.

Ce jeudi matin, Bercy a donné son accord pour inscrire dans le projet de loi de finances un dispositif sous forme de crédit d’impôt en faveur des bailleurs qui accepteraient de baisser les loyers aux PME contraintes de fermer. — Photo : Pixabay - Kulinetto - c.c.

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