Lyon

Ressources humaines

Interview "Pour nous, la reprise est vraiment là"

Entretien avec Lionel Deshors, cofondateur de l'agence de recrutement CCLD

Propos recueillis par Audrey Henrion - 20 décembre 2017

L'agence de recrutement CCLD, fondée en 2001 par Lionel Deshors et Cyril Capel, alors étudiants en Sciences Eco à Lyon 2, affiche une croissance à deux chiffres depuis ses débuts. Elle compte sept agences en France (Lyon, Nantes, Paris, Bordeaux, Lille, Strasbourg et Aix-en-Provence) et s’est organisée pour faire face à la reprise économique qui, à entendre son dirigeant Lionel Deshors, n’est plus une chimère.

Cyril Capel (à gauche) et Lionel Deshors, cofondateurs du cabinet de recrutement CCLD
Cyril Capel (à gauche) et Lionel Deshors, cofondateurs du cabinet de recrutement CCLD — Photo : CCLD

En quoi CCLD se différencie-t-elle d’autres sociétés de recrutement ?

Lionel Deshors : Notre cabinet de recrutement de salariés - en CDI uniquement - est spécialisé depuis ses débuts il y a 15 ans sur les fonctions commerciales et la distribution. Aujourd’hui, nous travaillons avec des groupes et ETI (Carrefour, Lidl, Euromaster, Allianz, Axa, Ferrero, Materne…) qui nous sont fidèles à 90 %. Un taux élevé, qui s'explique par notre niveau d'engagement : en cas de rupture de la période d’essai par le recruteur ou le candidat, nous relançons un recrutement... à nos frais ! Une prestation gagnant-gagnant, car seuls 8 % des contrats sont rompus. Nous misons aussi beaucoup sur les délais, la réactivité. En moyenne nous répondons à nos clients en proposant des candidats en quatre semaines. L’objectif est de descendre à trois semaines en 2020.

Depuis sa création, CCLD est en croissance constante, de 30 % en moyenne. Avec un chiffre d’affaires de 7,5 millions d’euros en 2017 dont 914 000 euros de résultats et 65 salariés, quels sont les projets de développement ?

L. D. : Nous venons d'investir 300 000 euros dans des outils d’intelligence artificielle établissant le « matching » entre profils des candidats et recruteurs. Nous avons pour cela racheté une start-up et intégré leurs fondateurs dans nos équipes. Détenir en interne ce genre de profils et cette technologie nous permet d’affiner nos sélections pour ensuite pouvoir passer plus de temps à évaluer nos candidats en face à face.

Vous évoluez sur un marché pénurique, avec 20 000 offres d’emploi non pourvues dans ce secteur commercial. Quel est le flux d’offres traitées par votre société ?

L. D. : Chaque trimestre 50 000 nouveaux candidats arrivent dans nos bases. Nous en « plaçons » 400 en trois mois, soit 1 600 par an. Un tiers des candidats répondent à des annonces sur les sites de recrutement, tandis que nous approchons en direct les deux tiers via leurs profils sur les réseaux sociaux. La véritable chasse de tête qui consiste à « démonter » l’organigramme d’une entreprise pour atteindre le profil idéal ne représente « que » 10 % de notre activité.

« Les entreprises françaises comprennent enfin, à l’instar des Allemands, que la vente et le commerce doivent être leur priorité. »

Comment évolue la conjoncture alors que la reprise semble se confirmer ?

L. D. : Nous réfléchissons à l’élaboration d’un programme pour à la fois attirer des candidats, mais aussi des collaborateurs. Car je vous le confirme, la reprise pour nous est vraiment là. Pour preuve en fin d’année, alors qu’en général les entreprises mettent en parenthèses les recrutements pour ne pas dégrader leurs résultats par du salaire « improductif », les embauches n’ont pas été freinées, loin de là. Nous participons même à d'importants chantiers de recrutement, à des développements de réseau de ventes ou l'accroissement de la taille des forces commerciales.

Comment expliquer cette poussée de fièvre ?

L. D. : Les entreprises tricolores comprennent enfin, à l’instar des Allemands, que la vente et le commerce doivent être leur priorité. Jusqu’alors la production était numéro une, avant la logistique, tandis que la vente arrivait en queue de peloton. 

Comment cette "inversion des wagons"  se matérialise-t-elle chez CCLD ?

L. D. : Nous avons enregistré + 25 % de chiffre d’affaires en octobre, +50 % en novembre et on pense que l’on fera +30 % en décembre, avec un objectif en 2020 de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Qu’est-ce qui pourrait vous permettre de générer une telle hausse de votre chiffre d’affaires en deux ans ?

L. D. : Nous lançons une nouvelle activité dédiée à la formation et au conseil, « CCLD RH », qui interviendra en aval des recrutements. Depuis quelques mois, quatre personnes sont dédiées à cette B.U, pour un chiffre d’affaires de 600 000 euros (2 millions escomptés en 2020, NDLR). Ce nouveau service conseillera les entreprises pour limiter le turn-over dans les fonctions commerciales, faciliter le processus d’intégration des forces de ventes les faisant monter en compétences pour les fidéliser et les faire réussir.

Seconde activité en phase de lancement : Excecutive Search. Alors que nous sommes très bien identifiés sur le middle management, nous comptons nous renforcer sur les directions commerciales, c’est-à-dire les salaires dépassant 100 000 euros par an. Pour aller au-delà des 50 recrutements de ce type par an.

Propos recueillis par Audrey Henrion

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