Lyon

Industrie

Interview Pauline Siché-Dalibard : « Nous reconstruirons un Bel Air Camp flambant neuf »

Entretien avec Pauline Siché-Dalibard, directrice générale

Propos recueillis par Audrey Henrion - 24 octobre 2019

Trois semaines après l’incendie qui a mis 57 start-up et 350 salariés « à la porte », Pauline Siché-Dalibard, la directrice générale du fab lab, assure que Bel Air Camp sera reconstruit à neuf, et sur le site actuel.

Trois jours après le sinistre, Pauline Siché-Dalibard (DG) en haut et au centre pose au milieu de son équipe composée de Sarah Isman (communication) et Emilie Terlaud (directrice commerciale). En bas, Marcelle Nyangui (assistante contrôle de gestion), Pascale Lagahe (communauté & partenariats), Carine Volo (accueil & salles de réunion).
Trois jours après le sinistre, Pauline Siché-Dalibard (DG) en haut et au centre pose au milieu de son équipe composée de Sarah Isman (communication) et Emilie Terlaud (directrice commerciale). En bas, Marcelle Nyangui (assistante contrôle de gestion), Pascale Lagahe (communauté & partenariats), Carine Volo (accueil & salles de réunion). — Photo : DR

Le Journal des Entreprises : Le propriétaire de Bel Air Camp, Didier Caudard-Breille, et vous-même, rencontrez la mairie de Villeurbanne dans quelques jours, pour parler du projet de reconstruction de Bel Air Camp, après l'incendie du site survenu le 8 octobre. Quels sont vos envies et vos moyens ?

Pauline Siché-Dalibard : Nous avons une certitude : on ne veut pas partir de Villeurbanne ni du tènement (unité foncière constituée d'un ensemble de propriétés mitoyennes, NDLR). Il faudra alors raser le bâtiment qui a brûlé pour reconstruire un Bel Air Camp flambant neuf, ou le recontruire ailleurs sur ce tènement. En tout cas, on ne louera pas des espaces dans de l’ancien. Comme le dit Didier Caudard-Breille, ce serait au-dessus de nos forces.

À quoi pourrait-il ressembler et pour quel coût ?

P. S-D. : Pour l’heure, nous n’avons pas d’estimation des coûts. Cet endroit, on le voudrait plus intelligent. Nous optimiserons les surfaces, afin qu’il soit moins énergivore et moins difficile à faire fonctionner. La balle est dans mon camp, à moi de décrire ce qui conviendrait le mieux aux besoins de la communauté.

Avec nos trois ans d’expérience, on sait ce qui est indispensable et ce qu’il ne faut surtout pas reproduire. Il faudra garder des surfaces d’atelier et des surfaces de bureaux, avec cette ambivalence qui fait notre force. Les espaces de vie commune seront le cœur du projet. Il faudrait améliorer ce qui coinçait, comme les accès au site et la circulation. On a toutes les clés pour ériger un Bel Air encore plus puissant.

Et côté coûts ?

P. S-D. : Nous savons déjà que ce que l’assurance remboursera sera en deçà de ce que l’on attendait. L’enjeu pour nous est donc de monter un projet qui puisse atteindre un équilibre économique global entre ce dont Bel Air a besoin comme surface à exploiter et sa viabilité économique. Avec 57 start-up et une activité événementielle qui était en pleine ascension, la société s’apprêtait à réaliser un chiffre d’affaires de 1,5 M€.

Revenons aux start-up et à la « communauté ». À votre connaissance, des entreprises risquent-elles de faire faillite ?

P. S-D. : Pour l’instant ce n’est pas arrivé. Néanmoins toutes étaient en très forte croissance et l’incendie leur a porté un sacré coup, tant pour la gestion des clients qu’en interne, où certains salariés très pointus sont déjà chassés par des « vautours ».

>> Bel Air Camp, la vie après l'incendie : découvrez comment les dirigeants d'entreprise tentent de se relever dans notre dossier spécial

L’incendie de Bel Air, c’est une « perte de chance », comme l’a souligné Jean-Pierre Bes, le directeur de Bpifrance. Par exemple, certaines start-up réalisaient un chiffre d’affaires important grâce à la communauté, l’une a multiplié son chiffre par quatre depuis son installation. Une autre est passée 8 000 euros de ventes internes à Bel Air à 25 000 en 2019 !

Êtes-vous tenue informée de l’avancée de l’enquête judiciaire, qui cherche à identifier les causes de l’incendie ?

P. S-D. : Elle est en cours. Il n’y a pas de responsable désigné à ce stade et il est très probable que l’on n’en trouvera jamais, vu la température à laquelle est monté l’incendie. En l’absence de réponse, nous devons gérer au quotidien des réactions humaines, qui conduisent naturellement à vouloir désigner des responsables. Et je reconnais que ça crée des tensions. Il faut répondre à l’agressivité de certains qui sont eux-mêmes fragilisés. Dans toute cette gestion de crise, c’est l’aspect le plus difficile. J’y prête vraiment attention, car nous sommes tous victimes, quel que soit le niveau des dégâts. Au final, la perte de la communauté ne sera jamais prise en considération par personne.

Trois jours après le sinistre, Pauline Siché-Dalibard (DG) en haut et au centre pose au milieu de son équipe composée de Sarah Isman (communication) et Emilie Terlaud (directrice commerciale). En bas, Marcelle Nyangui (assistante contrôle de gestion), Pascale Lagahe (communauté & partenariats), Carine Volo (accueil & salles de réunion).
Trois jours après le sinistre, Pauline Siché-Dalibard (DG) en haut et au centre pose au milieu de son équipe composée de Sarah Isman (communication) et Emilie Terlaud (directrice commerciale). En bas, Marcelle Nyangui (assistante contrôle de gestion), Pascale Lagahe (communauté & partenariats), Carine Volo (accueil & salles de réunion). — Photo : DR

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