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Interview Patrick Martin : « Je suis le meilleur candidat pour représenter les entreprises du Medef »

Par Recueillis par Audrey Henrion, le 12 mai 2016

Patrick Martin, le président du directoire du groupe familial Martin-Belaysoud Expansion (CA 2015 : 660M€, 2700 salariés) incarne l’un des deux successeurs potentiels de Bernard Gaud à la tête du Medef Rhône-Alpes dont les élections se tiennent le 21 juin prochain. Interview

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Patrick Martin, 56 ans, le président du directoire du groupe familial Martin-Belaysoud Expansion (CA 2015 : 660M€, 2700 salariés) incarne l’un des deux successeurs potentiels de Bernard Gaud à la tête du Medef Rhône-Alpes, ce dernier ayant indiqué fin mars qu'il ne se représenterait pas. 
Les élections devant les 28 représentants des branches professionnelles et les huit électeurs des Medef de territoire (plus éventuellement les quatre auvergnats) se tiendront le 21 juin prochain. Face à la candidature du Ligérien Éric Le Jaouen, à la tête de Ginkgo, 5 salariés, spécialisé dans le recrutement, Patrick Martin entend incarner le visage d’un chef d’entreprise plus « aguerri »,celui qui a fait grandir la holding familiale la faisant passer de 50M€ de chiffre d’affaires en 1987 à 660M€ aujourd’hui.

Président de l’instance patronale régionale entre 2006 et 2011, il avait renoncé à se représenter pour un troisième mandat pour des raisons personnelles et familiales. Mais il a pris, il y a trois mois, la décision de revenir dans l’arène à la lueur des mutations politiques, territoriales, sociales, législatives qui secouent le monde du travail et parce qu’il se décrit « davantage partisan de l’engagement que du commentaire hors sol ». En creux, le dirigeant de Bourg-en-Bresse décrit un mandat 2011-2016 assez « mou » et un adversaire poids plume. Interview.

Le Journal des Entreprises : Pourquoi vous engager dans cette élection ?

Patrick Martin : D'une part parce que je préfère l'engagement au commentaire hors-sol, c'est une certitude. Ensuite, parce qu’Éric Le Jaouen n’incarne pas à mes yeux l’entrepreneuriat au sens de celui que porte le Medef. Il ne s’agit pas de ma part d’un jugement de valeur mais je considère que la taille de son entreprise, mais aussi le parcours et la dynamique de cette dernière, ne reflètent pas l'image des entreprises adhérentes du Medef en Rhône-Alpes dont la taille et les enjeux les mettent quotidiennement aux prises avec la fiscalité, la négociation syndicale, l'exportation, l'’innovation etc.

Entre Éric Le Jaouen et moi, ce n’est pas la guerre civile, on se parle, il existe un respect mutuel, mais si lui connaît parfaitement les arcanes et l’écosystème du Medef, je me considère comme un chef d’entreprise plus aguerri. Éric consacre beaucoup de temps à ses mandats au détriment peut-être de son entreprise. Pour ma part j’ai un peu baroudé, j’ai réalisé récemment une opération de croissance externe qui a poussé mon chiffre d’affaires de plus de 30%. Je connais, pour les vivre, les préoccupations de beaucoup de nos 80 000 adhérents régionaux. À ce titre-là, je prétends être le meilleur candidat pour les représenter. Ceux qui m’ont connus dans ce rôle il y a cinq ans ne disent pas le contraire.

D’un point de vue de l'accompagnement aux entreprises, sur quoi mettrez-vous l’accent en cas d’élection ?

P.M. : Je mettrai en place des outils pour que les entreprises jouent plus collectif. On dit beaucoup qu’il faut chasser en meute pour l’international mais cette sensibilisation doit aller plus loin, nos adhérents doivent être davantage accompagnés. On fera en sorte qu’ils puissent s’appuyer sur des expertises et des réussites locales pour être tirés vers le haut.

Territorialement, que comptez-vous modifier, inverser, améliorer ?

P.M. : Je sais que l’exécutif régional est en demande de dialogue fort avec les entreprises, il demande des interlocuteurs de poids y compris à la tête du Medef. Or la relation actuelle du Medef avec la région est juste neutre. Je veillerai à ce que cela change.

Laurent Wauquiez justement veut faire entendre la voix du territoire dans les instances parisiennes. Comment pensez-vous appuyer sa démarche ?

P.M. : D’abord en réparant très vite un manquement grave à mes yeux : la perte de notre siège au conseil exécutif du Medef national, et ce alors même que Éric Le Jaouen était encore vice-président régional (il a démissionné fin mars en annonçant sa candidature à la présidence, NDLR). La voix de la première région industrielle de France n’est plus représentée au niveau national : cela traduit un défaut de crédibilité. On sait à quel point cela compte d’être à Paris, pour être informé et peser. Les décisions sont prises dans l’antichambre des cabinets ministériels sur des dossiers aussi importants que les infrastructures de transports par exemple. Rester hors circuit n'est pas tenable. Je ne peux pas garantir qu’on retrouvera ce siège rapidement mais je fais tout pour.

Votre talon d’Achille dans cette campagne n’est-il pas d’avoir été administrateur d’Erai ?

P.M. : J’ai au contraire toujours dit qu’il fallait pérenniser cet outil apprécié des entreprises de Rhône-Alpes autour d’un « modèle » reconfiguré pour être économiquement viable. Je n’ai rien à me reprocher, bien au contraire.

NB : Contacté par nos soins, Eric le Jaouen n'a pas souhaité s'exprimer préférant attendre la semaine prochaine et la possible fusion des Medef Rhône-Alpes et Medef Auvergne.

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