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Emploi

Patrice Marconnet (Trimelec) : « Il faut créer une prime d’apprentissage »

Par Cyril Michaud, le 15 février 2019

Pour Patrice Marconnet,  qui dirige l'entreprise d'électricité générale Trimelec, dans la Loire, l'apprentissage reste trop coûteux pour les petites entreprises.

Patrice Marconnet dirige depuis 15 ans la société Trimelec (électricité générale, 38 salariés) à Saint-Étienne.
L’argent, nerf de la guerre. « Un apprenti, la première année, vous le payez 60 à 70 % du Smic ; la deuxième, vous versez quasiment un salaire à un jeune qui passe la moitié de son temps à l’école », indique Pour Patrice Marconnet, le dirigeant de Trimelec. — Photo : DR

Patrice Marconnet dirige depuis 15 ans l'entreprise d'électricité générale Trimelec (38 salariés, 4,7 M€ de CA en 2018) à Saint-Étienne. Des apprentis, il en a vu passer des dizaines. « ll y a 30 ans, j’étais moi-même apprenti du CFAI Loire dans la première classe ouverte », se souvient le chef d’entreprise. Pour lui, l’apprentissage demeure une vraie opportunité. « Depuis que j’ai repris la société, je recrute chaque année deux nouveaux apprentis. Lorsque vous êtes apprenti depuis trois ans et que vous cherchez du travail, vous partez avec un sérieux avantage face à un jeune qui a pour seule expérience six semaines de stage. » Chez Trimelec, l’apprenti en formation est très vite responsabilisé. « La première année, le jeune apprend les gestes basiques. La deuxième année, il est considéré chez nous comme le deuxième homme d’une équipe. La troisième année, il est autonome. On lui confie des tâches qu’il réalise tout seul. À l’issue de sa formation, j’ai face à moi un ouvrier qualifié prêt à l’emploi. Et cela change tout pour une PME. »

Pour une prime d'apprentissage

Paradoxalement, l’apprentissage ne séduit pas suffisamment d’entreprises. « Pour les apprentis, il est très difficile aujourd’hui de trouver un patron. Lorsqu’arrivent les mois d’avril et de mai, je croule sous les demandes de contrats d'apprentissage ». Ce qui fait hésiter les entreprises ? « L’argent. Il y a des entreprises qui sont hermétiques à l’apprentissage parce que cela coûte cher. Un apprenti, la première année, vous le payez 60 à 70 % du Smic ; la deuxième, vous versez quasiment un salaire à un jeune qui passe la moitié de son temps à l’école. » Pour Patrice Marconnet, « l’État n’aide pas assez les entreprises. » Sur le même principe que la prime à l’embauche, il suggère que soit versée une prime d’apprentissage. « Si l’apprenti va au bout de sa formation, cette prime est acquise, s’il ne va pas au bout, le patron rembourse. Nous ne sommes pas assez soutenus et je pense qu’il y aurait davantage d’entreprises impliquées dans l’apprentissage si les aides à l’embauche étaient plus importantes. »

Patrice Marconnet dirige depuis 15 ans la société Trimelec (électricité générale, 38 salariés) à Saint-Étienne.
L’argent, nerf de la guerre. « Un apprenti, la première année, vous le payez 60 à 70 % du Smic ; la deuxième, vous versez quasiment un salaire à un jeune qui passe la moitié de son temps à l’école », indique Pour Patrice Marconnet, le dirigeant de Trimelec. — Photo : DR