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Oyé ! Distribution relance les tournées de presse

Par Pierre Lelièvre, le 10 février 2022

La coopérative de presse Oyé ! Distribution qui a pris la suite de la distribution de la presse nationale dans la région lyonnaise après la liquidation de la filiale de Presstalis en 2020 cherche des pistes de diversification pour augmenter ses revenus.

Plusieurs collectivités lyonnaises sont entrées au capital de la coopérative Oyé Distribution dont la récemment Métropole de Lyon à hauteur de 60 000 euros.
Plusieurs collectivités lyonnaises sont entrées au capital de la coopérative Oyé Distribution dont la récemment Métropole de Lyon à hauteur de 60 000 euros. — Photo : DR

Le printemps 2020 aura marqué l’histoire de la presse dans la région lyonnaise. Pendant un mois et demi, la distribution de la presse nationale a été stoppée nette. La raison ? Le dépôt de bilan du distributeur Presstalis et la liquidation de ses filiales en région. À Lyon, c’est la SAD Vénissieux qui en avait la charge. "Du jour au lendemain, plus aucun quotidien n’a été disponible en kiosque", rappelle Guillaume Dumoulin, ancien de la SAD et désormais président de la société Oyé ! Distribution (CA 2021 : 3,5 à 4 M€ prévus). Pourtant, dès le 1er juillet 2021, des ex-salariés reprennent le flambeau en régie et délivrent à nouveau kiosques et maisons de la presse. Un soulagement pour eux mais aussi pour les lecteurs et éditeurs de presse. "Il était impensable d’arrêter la distribution de la presse nationale. C’est un enjeu démocratique", se souvient cet artisan de la reprise aux côtés d’une cinquantaine d’ex-salariés.

430 points de vente

Née sur les cendres de la SAD, la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Oyé ! Distribution a donc été créée en mai 2021, un an pile après la liquidation du distributeur vénissian. Depuis, elle adresse plus de 430 points de vente actifs du nord Isère jusqu’au nord du Rhône. "Nous allons récupérer une cinquantaine de points de vente supplémentaires sur la zone de Roussillon", avance-t-il. Chaque jour, les équipes traitent de 75 000 à 100 000 numéros.

Malgré des volumes importants, la question de la rentabilité demeure. Avec 43 salariés, un site de réception à Chaponost (Rhône) et une rétribution dépendante des volumes vendus, le modèle économique reste fragile. "Nous sommes face à des défis économiques", relève le patron qui se satisfait du soutien des pouvoirs publics. Après l’entrée au capital des communes de Saint-Priest et Vénissieux pour 10 000 et 15 000 euros, la Métropole de Lyon est aussi devenue actionnaire à hauteur de 60 000 euros. La coopérative Messageries lyonnaises de Presse y est associée tout comme le journal L’Humanité et le transporteur villeurbannais NMV, qui gère les livraisons sur la zone. "Il est indispensable que les éditeurs de presse soient au capital comme les collectivités. Les salariés, seuls, ne peuvent pas porter ce fardeau", affirme-t-il.

Diversification impérative

Un enjeu d’unité dans la chaîne de valeur en passe d’être réalisé. Et qui débouche aujourd’hui sur un autre défi : celui de réussir la diversification des activités de la coopérative. "Pour pérenniser la Scic, nous devons nous ouvrir à d’autres segments comme aller sur la diffusion de produits dérivés en presse à plus forte valeur ajoutée tels que de la librairie, de la carterie ou des produits de vape", souligne celui qui veut faire d’Oyé ! Distribution "un acteur majeur de la livraison de presse".

Et la presse régionale se montre intéressée par le modèle. Des médias locaux comme Lyon Capitale, Nouveau Lyon et Lyon Mag doivent retravailler avec Oyé ! Distribution. Des discussions avec Le Progrès sont en cours. "Nous assurons le recouvrement, c’est-à-dire qu’on ne fait pas que livrer mais on gère toute la partie financière avec les points de vente pour le compte des éditeurs. Au lieu de 430 factures, nous n’en générons qu’une seule, c’est aussi une facilité pour les éditeurs", rappelle Guillaume Dumoulin.

Une éclaircie qui cache une autre réalité : "Beaucoup de villages n’ont plus de lieu dédié à la vente de la presse. La vraie bataille est d’inciter à l’ouverture de nouveaux points de vente", assure-t-il.

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