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Tourisme

Interview "Nous voulons accueillir davantage d’entreprises dans nos villages vacances"

Entretien avec Jean Pochoy, directeur général d’Azureva

Propos recueillis par Déborah Berthier - 08 juillet 2022

Alors qu’il fête cette année ses 70 ans, le groupe de villages vacances Azureva (51 M€ de CA en 2019, 265 salariés à l’année, 1 000 en pleine saison) entend ouvrir davantage ses 31 destinations aux groupes et entreprises. Pour mener à bien cette stratégie, l’entreprise basée à Bourg-en-Bresse a lancé un plan d’investissement de 48 millions d’euros sur trois ans, détaille Jean Pochoy, son directeur général.

Jean Pochoy, directeur général d’Azureva.
Jean Pochoy, directeur général d’Azureva. — Photo : DR

La saison estivale 2022 vient de démarrer. Comment l’appréhendez-vous ?

L’année 2022 s’avère jusqu’à présent très satisfaisante. Nous sommes revenus au niveau de 2019 et allons très certainement le dépasser. Malgré tout, la tendance est à la réservation de dernière minute ce qui rajoute de l’incertitude et complexifie la gestion de la trésorerie et de notre personnel. Nous avons d’importantes problématiques sur ce dernier point. Il nous faut trouver des solutions pour faire face à ces difficultés de recrutement.

Comment entendez-vous pallier ces problématiques de recrutement ?

À court terme, nous voulons développer notre marque employeur, pour faire savoir qu’au-delà d’un salaire ou d’un poste, nous proposons une expérience, mais aussi de la formation, un accompagnement vers une montée en compétences. À moyen terme cependant, nous pensons qu’il faut revoir plus globalement notre modèle. Dans la restauration par exemple, le rythme de travail (début de journée tôt, fin de journée tard et grosse coupure au milieu) est un vrai frein. Nous réfléchissons à une organisation de métier sans coupure, avec une journée plus condensée. Nous allons aussi développer le recrutement local. Actuellement, nos recrutements se font au niveau national et nos personnels sont ensuite envoyés dans nos différents établissements.

Nous sortons de deux années de crise sanitaire. Comment le groupe a-t-il traversé cette période ?

Comme tous les acteurs du secteur, notre activité a été très fortement touchée. Mais nous avons eu la chance d’attaquer la crise sanitaire avec une trésorerie assez solide ce qui nous a permis de prendre le temps de la réflexion avant de contracter un PGE et d’en profiter pour opérer un repositionnement stratégique.

Azureva dispose d’un village vacances à La Clusaz.
Azureva dispose d’un village vacances à La Clusaz. - Photo : azureva

En quoi ce repositionnement consiste-t-il ?

Plus qu’un repositionnement, il s’agit en réalité de revendiquer haut et fort les valeurs de tourisme social que nous défendons depuis 70 ans. Des valeurs qui étaient peu valorisées ces dernières années, mais qui reviennent sur le devant de la scène : l’ancrage territorial, les circuits courts, le partage, les valeurs familiales. Nous faisons venir les producteurs locaux de nos villages vacances, nous organisons des animations adaptées en fonction de chaque territoire. Nous voulons aussi baisser notre impact carbone et celui de nos clients. En proposant d’aller les chercher à la gare s’ils viennent en train par exemple.

Ce renforcement de votre positionnement s’accompagne d’un large plan de rénovation. Pouvez-vous nous en dire davantage à ce sujet ?

Nous allons investir 48 millions d’euros en trois ans pour rénover l’ensemble de nos sites. L’objectif est de moderniser les installations, d’améliorer leurs performances énergétiques, mais aussi de travailler sur l’accueil des groupes et séminaires. Nous voulons accueillir davantage d’entreprises dans nos villages vacances. L’objectif est aussi d’étendre nos périodes d’accueil qui sont actuellement fortement concentrées sur les vacances scolaires. Cette année, le chiffre enregistré sur les groupes et les séminaires est pour le moment supérieur à celui de 2019. C’est un indicateur positif sur le développement de ces séjours. Nous investissons donc dans des salles de séminaires et dans les autres installations. À Ronce-les-Bains (Charente-Maritime) par exemple, nous allons couvrir la piscine pour qu’elle soit utilisable toute l’année. Ces évolutions devraient nous permettre de faire progresser notre chiffre d’affaires de 20 % dans les cinq prochaines années.

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