Rhône

Restauration

Ninkasi mise sur sa nouvelle usine pour devenir une marque nationale

Par Gilles Cayuela, le 07 juillet 2022

Ninkasi vient de lancer la construction de sa nouvelle usine de fabrication de bières et spiritueux à Tarare, dans le Rhône. Un investissement de 32 millions d’euros qui devrait permettre au brasseur et restaurateur lyonnais de poursuivre son développement en devenant une marque nationale.

Christophe Fargier, PDG de Ninkasi, à l'occasion de la pose de la première pierre de la nouvelle usine de Tarare. qui verra le jour en avril 2023.
Christophe Fargier, PDG de Ninkasi, à l'occasion de la pose de la première pierre de la nouvelle usine de Tarare. qui verra le jour en avril 2023. — Photo : Gilles Cayuela

La première pierre de la nouvelle Fabrique Ninkasi à Tarare (Rhône) est enfin posée. Lancé il y a près de deux ans, le projet du brasseur et restaurateur lyonnais Ninkasi (270 salariés ; 24,4 M€ de CA en 2021) avait été chiffré à l’origine à 15 millions d’euros. Avec l’inflation et les contraintes environnementales (rejet des eaux, risques liés à une crue de la Turdine, etc.), la construction de cette usine de bières et spiritueux sur l’ancien site industriel des Teintureries de la Turdine va mobiliser au final 32 millions d’euros : 18 millions pour la partie bâtiment, portés par la SAS Ninkasi Immobilière Tarare (Ninkasi 40 %, Banque des Territoires 38 %, Bahia 22 %, NDLR) et 14 millions d’euros pour la partie production, financés par le fonds d’investissement Maelo et un pool bancaire. "Il nous reste encore 5 millions d’euros à trouver pour boucler la partie production mais l’investissement en question n’interviendra que dans un second temps", précise le PDG de Ninkasi, Christophe Fargier.

Un montage financier délicat

Pour mener à bien le montage financier de cette nouvelle usine, le fondateur de l’enseigne de restauration lyonnaise lancée en 1997 sur le concept "Bière, Burger, Musique" a dû composer avec une situation financière dégradée par les confinements successifs, qui lui ont fait perdre près de 3 millions d’euros. "La crise sanitaire nous a beaucoup impactés et le financement du dossier s’est avéré beaucoup plus compliqué que prévu. Nous avons donc anticipé la cession de notre actif à Gerland, prévue initialement pour 2025, afin de boucler le financement de la Fabrique", précise le dirigeant. En cédant son immeuble historique à Promoval, Ninkasi a réalisé près de 6 millions d’euros de plus-value.

Malgré une conjoncture défavorable, l'investissement dans l'usine de Tarare était devenu incontournable pour Christophe Fargier. "Notre outil actuel arrive à saturation cette année. Nous avions donc la nécessité d’avoir un nouvel outil opérationnel au printemps 2023 pour répondre à notre plan de développement avec cette ambition : devenir une marque nationale sur la bière à horizon 2030 et participer à l’émergence du whisky français à l’international sur la période 2030-2040", confie le PDG.

Quatre fois plus de bières et dix fois plus de whisky

Grâce à cette nouvelle usine de 7 000 m², Ninkasi va pouvoir multiplier par quatre sa production de bières et par dix celle de whisky. "Nous allons franchir un palier en passant de 40 000 à 400 000 bouteilles de whisky. Sur la bière, cela va nous permettre de répondre aux besoins de distribution sur l’ensemble du territoire national. Les enseignes Ninkasi représentent 30 à 35 % de notre distribution et plus de 50 % se fait en grande distribution avec les enseignes Casino, Franprix et Monoprix au national, et les autres distributeurs sur le quart Sud-Est. Notre objectif est de basculer sur une distribution nationale avec l’ensemble des distributeurs", développe Christophe Fargier.

La future usine va aussi permettre d’approvisionner les établissements du groupe, dont le développement en franchise devrait s’accélérer pour passer de 24 restaurants aujourd’hui à 80 à horizon dix ans. Un maillage national qui servira de rampe de lancement au modèle économique du groupe. "Le développement de la distribution de bières et whisky passe par nos établissements. Une expérience réussie dans un Ninkasi augmente les chances d’acheter notre bière en grande surface", résume Christophe Fargier.

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