Lyon

Automobile

Navya : Une levée de fonds de 30 millions d'euros

Par Gilles Cayuela, le 04 novembre 2016

La start-up lyonnaise Navya vient de boucler une augmentation de capital de 30 M?, qui se matérialise par l'arrivée de trois nouveaux actionnaires : Keolis, Valeo et le groupe qatari Groupe8. Des " poids lourds " qui devraient permettre à Navya de se développer rapidement à l'international.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Deux ans après la commercialisation de sa navette Arma - un véhicule sans chauffeur capable de transporter une quinzaine de personnes - la société lyonnaise Navya vient de lever 30 millions d'euros grâce à l'entrée au capital des groupes Keolis (filiale de la SNCF), Valeo, l'équipementier automobile, et du groupe qatari Groupe8, spécialisé dans les investissements sur les solutions innovantes. Le leader des solutions de mobilité intelligentes, contrôlé toujours majoritairement par Robolution Capital (présidé par Bruno Bonell), avait déjà levé 4,1M? au mois de janvier dernier. Avec ce nouveau tour de table, la start-up lyonnaise va désormais disposer des fonds nécessaires pour poursuivre son développement humain, technique et commercial. « On va pouvoir poursuivre tout le travail de R & D qui a été fait jusqu'ici et continuer à améliorer l'intelligence artificielle de notre véhicule. Pour continuer ce travail, on avait besoin de grossir en termes d'effectif. On était 25 l'année passée, 60 cette année. On va pouvoir encore étoffer nos moyens humains qui sont affectés à 60 % à la R & D », détaille Diego Isaac, responsable marketing de Navya. Dans cette optique d'amélioration technologique, Navya devrait pourvoir compter sur l'apport de Valeo avec qui elle a signé un accord de partenariat stratégique. « Il s'agit d'un accord à la fois sur un échange de savoir-faire entre les équipes et sur le hardware. Valeo fabriquent des capteurs qui sont utilisés par les acteurs qui font des véhicules autonomes. L'idée est d'intégrer leurs capteurs à nos véhicules et aussi de nous appuyer sur leur savoir-faire pour progresser dans l'optimisation des données », précise Diego Isaac.

Une joint-venture et une ligne d'assemblage dans le Golfe

Cette levée de fonds record devrait aussi permettre à Navya de poursuivre le déploiement commercial de sa solution à l'international. « Avec Keolis, nous avons signé un accord qui prévoit que l'on réponde conjointement et de manière prioritaire aux appels d'offres des collectivités territoriales ou des autorités d'organisation de transport (AOC) sur les nouvelles solutions de transport autonomes. Nous aurons ainsi la possibilité de nous positionner à l'international avec Keolis », explique Diego Isaac. Et d'ajouter : « Nous avons aussi signé un accord de distribution avec Groupe8 pour le développement de Navya sur le marché du Moyen-Orient et de l'Afrique. Cet accord inclut la création d'une joint-venture pour commercialiser nos véhicules sur cette zone ainsi que la mise en place d'une ligne d'assemblage dans le Golfe. » Évalué à « plusieurs millions d'euros », cet investissement devrait permettre à Navya de rapidement remporter des contrats dans la zone MOA - à la fois sur le marché des collectivités et AOC, comme c'est déjà le cas à Lyon Confluence, à Sion en Suisse (avec Carpostal) ou encore en Australie avec le Royal Automobile Club, mais aussi sur le marché des sites fermés comme la centrale nucléaire EDF de Civaux. « Nous avons déjà des choses en cours avec des clients potentiels dans le Golfe, mais nous nous intéressons aussi aux continents américain et asiatique qui offrent de belles perspectives et sur lesquels on espère finaliser des contrats très prochainement. Nous sommes en contact avec des villes mais aussi des sites fermés qui sont intéressés par nos solutions de mobilité intelligente », précise Diego Isaac.

Doubler la capacité de production en 2017

Il faut dire que Navya offre des perspectives de gain de productivité non négligeables pour les grands donneurs d'ordres. Avec le déploiement de sa flotte de six véhicules Arma, qui transporte ses salariés sur les 220 hectares de la centrale de Civaux, EDF estime ses gains de productivité à près de 3 millions d'euros et sa diminution de CO2 de l'ordre de 44 tonnes par an. « Nos solutions intéressent de plus en plus les villes qui souhaitent l'expérimenter mais aussi des sites fermés comme les aéroports, les centrales, les parcs d'attraction. On estime le marché potentiel à 515 milliards de dollars d'ici 2035. Cette année, nous nous étions engagés à produire 50 véhicules. Ce sera fait ! Avec la future ligne d'assemblage dans le Golfe, on atteindra les 100 véhicules l'année prochaine soit une capacité de production doublée. Quand aux ventes, nous espérons atteindre une trentaine de véhicules déployés d'ici à la fin 2016 », conclut le responsable marketing de Navya.

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