Rhône

Commerce

Malgré les efforts, les boulangeries Chez Jules pâtissent de la flambée des prix

Par Delphine Sauzay, le 06 décembre 2022

Confrontée à la hausse du prix des matières premières et à la flambée du coût de l’électricité, l’enseigne de boulangeries artisanales lyonnaise Chez Jules lutte pour défendre ses marges. Conseillée par l’Ademe et la CCI de Lyon, elle a mis en place des mesures qui lui ont permis de réduire ses consommations d’énergie de près de 20 %.

Antoine et Félicien Delzeux, dirigeants des boulangeries Chez Jules, implantées à Lyon et dans d'autres villes du Rhône.
Antoine et Félicien Delzeux, dirigeants des boulangeries Chez Jules, implantées à Lyon et dans d'autres villes du Rhône. — Photo : Chez Jules

Comme de nombreux commerçants artisans, le réseau de boulangeries artisanales lyonnais Chez Jules (125 salariés ; 9 M€ de chiffre d'affaires prévisionnel en 2022) subit de plein fouet la hausse des prix des matières premières et de l’énergie. Jusqu’à présent, l’entreprise familiale a pu répercuter le coût de la hausse des matières premières (+ 30 % pour la farine non bio, +100 % pour le beurre) sur ses prix de vente. Mais ses marges sont menacées par les hausses du prix de l’électricité.

Une facture d'électricité qui s’envole

"Affichée au prix de 1,20 euro, la baguette tradition devrait être vendue 40 centimes de plus, juste pour compenser le prix de l’énergie", illustre le co-dirigeant Félicien Delzeux, qui prévoit de l’augmenter de dix centimes début 2023. D’autres produits suivront fatalement la même trajectoire inflationniste, au grand dam des clients très sensibles aux augmentations de prix des produits du quotidien.

Comble de malchance, 4 boutiques du réseau sur 7 ont dû renégocier leurs contrats avec EDF fin 2022, "au pire moment", déplore le dirigeant. La consommation d’électricité, qui représentait 1,6 % du chiffre d’affaires de Chez Jules en 2022, atteindra près de 4 % en 2023, à 260 000 euros en 2023 (comparé à 104 000 euros en 2022). Il va falloir trouver 150 000 euros, en serrant encore les boulons (budgets communication et emballages divisés par deux par exemple), et sans doute encore relever les prix de vente.

Pourtant, l’enseigne n’a pas attendu la flambée des cours de l’énergie pour surveiller ses consommations, qui s’envolent au fur et à mesure que le groupe s’étoffe. Les frères Delzeux ont ouvert leur première boulangerie "Chez Jules" en 1998 dans le quartier de Saint-Paul à Lyon. Une vingtaine d’années plus tard, ils animent un réseau de sept boulangeries artisanales, à Lyon, Caluire-et-Cuire, Villefranche-sur-Saône (Rhône) et à Beynost (Ain) . Diplômé de l’EM Lyon, Félicien Delzeux gère et développe, et Antoine Delzeux, le "boulanger" supervise la fabrication (pain, viennoiseries, pâtisseries et rayon traiteur).

Optimiser tous ses process

En 2019, ils bénéficient du dispositif Lyon Eco Énergie, financé par la Métropole de Lyon et l’Ademe, qui leur suggère des mesures pour réduire leur consommation d’énergie. Testées en septembre 2022 dans leur site de Beynost (Ain) qui fabrique les pâtisseries pour le réseau et anime son propre point vente, elles leur ont permis de réaliser une économie de 17 % sur leur budget électricité.

"Ce sont des mesures de bon sens qui, cumulées, ont eu un réel impact", résume Antoine Delzeux. En pratique, la boulangerie a cessé de cuire en continu pour réaliser seulement trois cuissons par jour, les temps de chauffe des machines à panini ont été réduits, les boissons sont vendues à température ambiante et la climatisation a été coupée. 30 % du total des économies réalisées provient d’une meilleure gestion des réfrigérateurs (dégivrage régulier, rénovation de leur étanchéité). Ces mesures seront prochainement appliquées dans les six autres magasins du groupe artisanal, qui ne chaufferont plus leurs terrasses cet hiver et appliqueront un programme minimal en matière d’éclairage.

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