Loire

Industrie

Malgré la crise, Clextral poursuit sa modernisation et ses ambitions

Par Gilles Cayuela, le 23 juillet 2020

Freiné par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, le spécialiste de l'extrusion bivis notamment pour l'agroalimentaire, Clextral Industries, conduit la modernisation de son usine de L'Ondaine, dans la Loire, pour réduire ses délais de livraison. En parallèle, il garde le cap sur la conquête des nouveaux marchés, relais de croissance de demain.

Eric Colléter (à droite) a pris la direction générale de Clextral industries en octobre dernier. Il succède à Georges Hallary (à gauche) qui vient d'être nommé directeur des missions stratégiques du groupe Legris Industries.
Eric Colléter (à droite) a pris la direction générale de Clextral industries en octobre dernier. Il succède à Georges Hallary (à gauche) qui vient d'être nommé directeur des missions stratégiques du groupe Legris Industries. — Photo : Clextral

Acteur mondial majeur de la production de lignes d’extrusion bivis à destination notamment de l’agroalimentaire (pour la fabrication de couscous, céréales, chips, etc.), Clextral Industries (300 salariés ; 60 M€ de CA en 2019) n’a pas été épargné par la crise sanitaire. « Nous avons mis le maximum de personnes possible en télétravail. Nous avons maintenu la production en usine avec une volonté de continuité de services même si, avec l’impossibilité de prendre l’avion, une partie de notre activité SAV a été impactée. Ce qui ne nous a pas empêchés de démarrer des lignes à distance par visioconférence. Mais il est clair que le Covid-19 nous a freinés dans notre développement », précise Eric Colléter, le nouveau directeur général de la PME de Firminy (Loire), filiale du groupe Legris Industries.

Un recul attendu de 20 % cette année

Avec un chiffre d’affaires réalisé à 80 % à l’export et une présence dans 97 pays, Clextral ne pouvait que pâtir de la pandémie mondiale. « Notre filiale américaine a beaucoup souffert et continue de souffrir. Nous nous attendons à une baisse de chiffre d’affaires comprise entre 20 et 50 % cette année sur les États-Unis », déplore Eric Colléter.

La zone Asie Pacifique – où Clextral compte trois bureaux en Chine, au Vietnam et en Indonésie, ainsi qu’une filiale à Sydney – n’a elle non plus pas été épargnée. « Nous avons tout de même pris une commande au Vietnam en plein Covid. Même avec une crise sanitaire, les gens continuent de manger et quand les investissements ont été approuvés, les entreprises vont en général au bout de leur logique », nuance toutefois Georges Hallary, ex-directeur général de Clextral, en charge depuis début juillet des missions stratégiques au sein du groupe Legris Industries.

Au final, Clextral devrait cependant boucler l’exercice 2020 avec un chiffre d’affaires en recul de 20 %. « Nous avons la chance d’avoir une activité très orientée vers l’agroalimentaire. Nous ne sommes pas sur des secteurs fortement touchés, comme l’aéronautique ou le tourisme. Mais nous avons quand même pas mal d’incertitudes pour la fin de l’année. Tout va dépendre de la vitesse à laquelle nous allons pouvoir nous déplacer. Nous ne pourrons pas faire du business à l’international uniquement par visioconférence », prévient le président de Clextral Industries, Guillaume Pasquier.

Malgré les incertitudes concernant la reprise de l’activité, Clextral continue à croire à son ascension future. « Le retour à un chiffre d’affaires équivalent à celui de 2019 ne se fera peut-être pas avant fin 2021 mais nous continuons à regarder devant nous et à afficher notre ambition de croissance rentable et durable », indique Eric Colléter. Une croissance qui passera par la poursuite de la modernisation de son outil de production.

Les lignes d'extrusion bivis de Clextral sont notamment utilisées pour la fabrication des céréales pour les petits-déjeuners.
Les lignes d'extrusion bivis de Clextral sont notamment utilisées pour la fabrication des céréales pour les petits-déjeuners. - Photo : Clextral

Pas de nouvelle usine mais une modernisation en deux temps

Un temps évoqué, le projet de construction d’une nouvelle usine a finalement été abandonné au profit d’une rénovation en plusieurs temps de son site industriel existant. La faute à une problématique de dépollution des terrains qui semble traîner en longueur. « À ma connaissance, ce point n’a toujours pas été résolu par les collectivités et, sur le plan industriel, nous ne pouvions pas attendre éternellement », confie Guillaume Pasquier. « Dans le même temps, le groupe Legris a pris la décision de revisiter notre démarche industrielle avec une approche Lean et excellence opérationnelle. Cette étude nous a permis de tirer des enseignements sur l’utilisation de nos surfaces », ajoute Eric Colléter.

Une chose en amenant une autre, Legris Industries a validé une première phase de modernisation qui a permis à Clextral de gagner 30 à 40 % de surface sur son usine de L’Ondaine. « Entre la modernisation de nos trois bâtiments et les acquisitions de nouvelles machines, nous avons investi au total près de 1,7 million d’euros en 2019. Nous avons gagné en place, en organisation, en gestion des flux, mais l’un de nos objectifs qui était de raccourcir notre temps de production n’a été que partiellement atteint », développe Guillaume Pasquier.

« L’objectif est de continuer à nous développer dans de nouveaux pays »

Pour atteindre son objectif initial de réduction de 25 % de ses délais de livraison, Clextral Industries devrait lancer d’ici à la fin de l’année une seconde phase de modernisation. « La phase 1 nous a permis d’identifier un certain nombre de goulots d’étranglement et nous sommes aujourd’hui en pleine phase d’étude avec un cabinet d’ingénierie lyonnais pour bâtir le schéma directeur de la phase 2 », précise Eric Colléter.

Ce schéma directeur, qui déterminera et chiffrera les axes d’améliorations à suivre, sera présenté à l’actionnaire à l’automne. En même temps que le plan de développement stratégique à trois ans qui définira les objectifs de Clextral Industries et les grandes orientations pour les atteindre.

Cap sur les protéines végétales et la biomasse

« Sur le plan industriel, il y a encore matière à améliorer les flux en réaffectant plus judicieusement les bâtiments existants avec probablement la possibilité d’accueillir, sur notre site de L’Ondaine, les services supports actuellement localisés à La Tour de Varan (à Firminy, NDLR). Ce qui nous permettra d’économiser un loyer et de ramener notre nombre de site de trois à deux avec notre site de Firminy Chazot, qui héberge notre centre de recherche, la direction et la direction commerciale », détaille le directeur général.

Quant à la stratégie de développement, si elle n’est pas encore écrite, Eric Colléter semble en avoir déjà bien défini les contours. « L’international restera un mot-clé avec l’objectif de continuer à nous développer dans de nouveaux pays mais surtout de renforcer notre présence où nous sommes déjà présents ». C’est le cas de l’Afrique, où Clextral a vendu dernièrement une ligne d’extrusion de snacks et céréales au Kenya, et où « quelques beaux dossiers devraient aboutir rapidement au Sénégal et au Cameroun », dixit Georges Hallary.

Clextral planche aussi sur un important projet de ligne d’extrusion en Côte-d’Ivoire. Un projet de transformation du manioc en attiéké (semoule de manioc) qui devrait déboucher sous deux ans. « L’enjeu est de faire ce que l’on a fait il y a trente ans en Afrique du Nord avec les lignes d’extrusion pour le couscous en industrialisant un processus de transformation à l’origine artisanal », précise le nouveau directeur des missions stratégiques du groupe Legris Industries.

Protéines de soja fibrées fabriquées grâce à la technologie de Clextral
Protéines de soja fibrées fabriquées grâce à la technologie de Clextral - Photo : Clextal

Autre piste de développement : les protéines végétales. « Les steaks de soja autres aliments de substitution à la viande représentent une formidable opportunité de développement pour nos technologies de l’extrusion. Cela fait partie des applications d’avenir que l’on retrouvera sans doute dans notre stratégie de développement de demain et après-demain », confie Eric Colléter. Au même titre d’ailleurs que les technologies de transformation de la biomasse. « Nous venons de démarrer une première ligne en Estonie sur la transformation d’écorce de bouleau. Nous saurons dans les mois à venir s’il s’agit là d’un relais de croissance pour nous », indique Georges Hallary.

Clextral Industries s’est aussi mis en tête de ne plus vendre uniquement des équipements isolés mais des solutions complètes. « L’idée est de passer du métier de fournisseurs d’équipements à celui d’ensemblier. Cela sous-entend de développer des partenariats. Nous sommes en pleine réflexion sur ces sujets », conclut Eric Colléter.

Eric Colléter (à droite) a pris la direction générale de Clextral industries en octobre dernier. Il succède à Georges Hallary (à gauche) qui vient d'être nommé directeur des missions stratégiques du groupe Legris Industries.
Eric Colléter (à droite) a pris la direction générale de Clextral industries en octobre dernier. Il succède à Georges Hallary (à gauche) qui vient d'être nommé directeur des missions stratégiques du groupe Legris Industries. — Photo : Clextral

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