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L'association Football Ecologie France veut mettre le foot au vert

Par Pierre Lelièvre, le 17 janvier 2022

Créée à Lyon en 2019, l’association Football Écologie France veut convaincre les clubs de football amateurs et professionnels d’analyser leur impact sur l’environnement et d’agir pour les limiter afin de devenir acteur de la transition écologique.

La structure associative présidée par Antoine Miche travaille déjà avec le Grenoble Foot 38 et le Clermont Foot 63 et discute avec l’AS Saint-Etienne et l’Olympique Lyonnais.
La structure associative présidée par Antoine Miche travaille déjà avec le Grenoble Foot 38 et le Clermont Foot 63 et discute avec l’AS Saint-Etienne et l’Olympique Lyonnais. — Photo : Football Ecologie France

Sport le plus populaire au monde, le football échappe-t-il aux considérations écologiques qui traversent la société ? C’est entre autres pour pallier les manquements d’un secteur qui n’a pas encore pris sa part du défi, que l’association lyonnaise Football Écologie France (FEF) a été créée en 2019. "Nous accompagnons l’ensemble des structures gravitant autour du football pour les sensibiliser et les rendre actives sur le terrain de l’écologie", partage Antoine Miche, président de cette structure associative loi 1901 (4 salariés ; 150 adhérents ; 400 experts bénévoles ; 30 antennes en France). Elle vient tout juste d’ouvrir une filiale en Suisse.

Avec plus de 15 000 clubs amateurs et une soixantaine de clubs professionnels, la France incarne un marché d’envergure pour l’association qui adresse aussi les collectivités et les entreprises du secteur. C’est au moyen d’actions de sensibilisation et de pédagogie, d’organisations d’évènements, d’outils et de méthodes que l’association compte pousser les acteurs à identifier leur impact sur l’environnement pour les corriger. Elle a également vocation à prôner l'attitude écologique auprès des supporters en les engageant aussi à "changer leurs habitudes".

Convaincre les clubs professionnels

"Le foot a dix à quinze ans de retard sur la prise en compte de la RSE dans son organisation contrairement au monde de l’entreprise", avance Antoine Miche, qui perçoit néanmoins un déclic depuis deux ans. "Nous n’allons plus toquer à la porte des clubs, nous sommes sursollicités. Le monde du foot business est plus lent à réagir, même s’ils s’y mettent. Leurs actions s’inscrivent dans une stratégie marketing plus large, ancrées dans le temps et qui nécessitent une structuration de leur organisation", souligne-t-il. Reste que les clubs amateurs font figure de bons élèves. "Ils sont en avance mais n’ont pas les mêmes moyens que les professionnels", avance-t-il.

Pour parvenir à convaincre les clubs professionnels à se saisir de ces enjeux communs : préservation des ressources (eau, énergie) et de la biodiversité, optimisation des transports ou encore de la gestion des déchets, le travail reste conséquent. Des clubs de la région comme le Grenoble Foot 38 ou le Clermont Foot 63 se sont rapprochés de l’association pour évaluer les besoins et parvenir à mettre en place une feuille de route. Les semi-professionnels d’Annecy aussi réfléchissent et des discussions avec les deux plus gros clubs de la région (l’Olympique Lyonnais et l’AS Saint-Etienne) sont ouvertes. "À Saint-Etienne, le travail porte sur la préservation de la biodiversité et de l’utilisation des pesticides. Le club a lancé une stratégie RSE avec un volet intéressant sur l’écologie", affirme Antoine Miche, qui salue aussi l’intérêt des institutions comme la Ligue de Football Professionnel, la Fédération Française de Football ou le ministère des Sports.

300 000 € de budget

Soutenue financièrement (un tiers des 300 000 € de son budget) par des acteurs publics comme l’Ademe ou l’Agence Nationale du Sport, FEF tire aussi son indépendance financière de la vente de prestations et des adhésions (un tiers), mais également de fonds privés engagés dans le monde du sport, à l’image de la Maïf, de Decathlon avec sa marque football Kipsta mais aussi d’Orange ou encore Veolia, un des partenaires de l’Olympique Lyonnais. "Le lien avec les sponsors des clubs est très pertinent puisqu’ils font partis du monde du football et les synergies peuvent être importantes", analyse Antoine Miche.

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