Lyon

Hôtellerie

La Tour Rose à l'heure des suites connectées

Par Audrey Henrion, le 14 janvier 2020

Après 28 ans sans rénovation, le célèbre établissement lyonnais rouvre ses portes. Place à un site plus conceptuel, une rénovation XXL pour des suites 100% digitales.

La Tour Rose revisitée par MiHotel et l'architecte d'intérieur Nathalie Rives.
La Tour Rose revisitée par MiHotel et l'architecte d'intérieur Nathalie Rives. — Photo : @NathalieRives

À la veille de son ouverture, la Tour Rose est une ruche. On y croise les équipes du miroitier Paulhac, celles du tapissier Charles Jouffre, du confectionneur de tissus d’ameublement Pierre Frey, de la société lyonnaise Connect Lighting, spécialisée dans la mise en lumière et la domotique ou encore Georgia Hadjipanayi, gérante de la société Créor (maîtrise d’œuvre). Nathalie Rives, l'architecte d'intérieur des suites MiHotel s’est, assure-t-elle « entourée des meilleurs ».
Elle parachève aujourd'hui la rénovation de neuf suites (sur 14 d'ici quelques semaines) dans tous les styles, 70’s, Art Déco, italiennes ou encore ethniques-chics, que complètent des terrasses extérieures et un salon événementiel. Ce mardi 14 janvier, l'hôtel rouvre ses portes après de longues années sans activité.
Cet ancien quatre-étoiles n’avait pas été aménagé depuis 1990. Le bailleur lyonnais Sacvl (Société Anonyme de construction de la Ville de Lyon), propriétaire depuis 2009, a confié ce bien à quatre entrepreneurs lyonnais : Tabata et Ludovic Mey pour le concept de restauration Food Traboule et Nathalie Grynbaum et Stéphanie Marquez-Boucetla cofondatrices de MiHotel , qui déploie un concept 100 % digital avec la réservation de 25 suites connectées par internet, situées dans des immeubles bourgeois de la rue Sala, place Gailletton et place Bellecour.

41 suites à Lyon

Le défi est à la fois immobilier, patrimonial et entrepreneurial pour la start-up de dix salariés qui a levé 4 millions d’euros. Deux millions d'euros ont été dédiés à la mise aux normes pour l’électricité, la plomberie, le chauffage, mais aussi la rénovation des peintures, des garde-corps. Et un million d'euros pour la décoration. Une somme. Mais pour Nathalie Grynbaum, ces investissements était nécessaires. « Il fallait être à la hauteur du lieu, on ne pouvait pas jouer le service minimum » assume-t-elle. Pour la Sacvl, qui n'a pas eu à supporter une coûteuse rénovation, l'opération est "secure" puisque MiHotel est loueur via un bail ferme de 10 ans. " Ici, notre business model repose sur un taux d'occupation qui doit être assez élevé pour nous permettre de rentrer dans notre investissement, avec un prix par chambre oscillant entre 200 et 700 euros la nuit ". Raison pour laquelle, dans le tempo des travaux de la rue du Boeuf, la start-up a aussi investi dans son site de réservation pour booster le taux de remplissage, intégrant des algorithmes pour adapter les prix à l’offre et à la demande lyonnaise à l’instant T. 
Après Lyon, MiHotel vise Paris, Marseille et Lille. Le modèle économique repose sur des investisseurs confiant leur bien immobilier (petit immeuble) pour en tirer des revenus locatifs et valoriser leur bien. " On est entre la fonction professionnelle et la fonction privée, dont c'est assez liquide pour un propriétaire immobilier, qui s'engage sur des baux commerciaux 3/6/9 tandis que nous prenons à notre charge l'entretien des lieux ". Le rendement est d'environ 3,5 à 5% assure la dirigeante. Pour la Tour Rose, le scénario est un peu différent et il n'est pas impossible qu'à à terme un investisseur rachète les murs.

La Tour Rose revisitée par MiHotel et l'architecte d'intérieur Nathalie Rives.
La Tour Rose revisitée par MiHotel et l'architecte d'intérieur Nathalie Rives. — Photo : @NathalieRives

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