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La jeune start-up Siquance veut s'imposer comme leader du calcul quantique

Par Marie-Amélie Mine, le 05 décembre 2022

La jeune start-up grenobloise Siquance entend développer et commercialiser un ordinateur quantique à base de silicium aux multiples applications industrielles. Elle ambitionne de lever 20 millions d’euros ces deux prochaines années.

La jeune pousse grenobloise Siquance s'appuie sur les 30 millions d'euros reçus depuis une quinzaine d'années par le CEA et le CNRS en R&D. 
La jeune pousse grenobloise Siquance s'appuie sur les 30 millions d'euros reçus depuis une quinzaine d'années par le CEA et le CNRS en R&D.  — Photo : A AUBERT

Les ordinateurs classiques sont-ils dépassés ? Une chose est certaine, le développement du calcul et des ordinateurs quantiques devrait permettre de contourner certaines limitations inhérentes aux machines actuelles, et représente en ce sens une petite révolution pour la résolution de problèmes et calculs complexes. Dans ce contexte, Siquance, start-up grenobloise issue du CNRS et du CEA dédiée au calcul quantique, s’est donc positionnée sur un créneau porteur : la jeune pousse, inaugurée fin novembre au sein du laboratoire du CEA, entend développer et commercialiser à terme un ordinateur quantique à base de silicium, c’est-à-dire à partir des mêmes technologies que celles des circuits intégrés standards.

Principale rupture technologique apportée par la start-up : la transformation d’un transistor, unité de base du calcul classique, en un bit quantique, unité de base du calcul quantique, en s’appuyant sur les capacités de production des usines de semi-conducteurs françaises et européennes, dont une partie est située en région grenobloise (STMicroelectronics, Soitec). "Concrètement, ce super ordinateur de demain utilisera la micro-électronique qui se trouve dans tous nos transistors", explique Maud Vinet, PDG de Siquance et ex-directrice du programme d’informatique quantique au CEA.

Un marché de plusieurs centaines de milliards de dollars

Et les domaines d’applications sont immenses. "Grâce au quantique, nous ambitionnons à terme de résoudre de nombreux problèmes à fort impact sociétal, comme celui de la congestion dans les grandes villes, participer à la transition énergétique ou à la création de médicaments innovants", souligne la cofondatrice de l’entreprise. Le calcul quantique permettra par exemple d’améliorer la maintenance des centrales de production d’électricité ou d’optimiser des procédés de distribution complexes dans le domaine de la logistique.

Selon le consensus des analystes cité par le CEA, la révolution de calcul que constitue le quantique pourrait créer plus de 500 milliards de dollars de valeur au sein de toute l’industrie (énergie, transport, santé…) à un horizon d’une dizaine d’années. Ce qui explique aussi l’intérêt du gouvernement pour ce domaine de recherche : en janvier 2021, l’État a annoncé un plan quantique de 1,8 milliard sur cinq ans, avec pour objectif de positionner la France et l’Europe au plus haut niveau de la course mondiale à l’ordinateur quantique.

Le CEA et le CNRS au capital de la jeune pousse

La jeune pousse grenobloise, soutenue par le CEA et le CNRS présents à son capital, a reçu par ce biais 30 millions d’euros pour sa recherche et développement ces quinze dernières années. Elle ambitionne de lever 20 millions dans les deux ans et de recruter une vingtaine de personnes d’ici 2024. Ce qui devrait lui permettre de produire un prototype dans deux ou trois ans. Le modèle économique de la start-up sera fondé sur "la vente de temps de calcul dans des machines accessibles à distance via le cloud", appuie Maud Vinet.

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