Auvergne Rhône-Alpes

Transport

La filière transport de voyageurs d'Auvergne-Rhône-Alpes face aux pénuries de conducteurs

Par Déborah Berthier, le 28 juin 2022

Le secteur du transport de voyageurs fait face à une pénurie de conducteurs d’autocars en Auvergne-Rhône-Alpes. Il souffre également de la hausse des prix des carburants, mal prise en compte dans le cadre des marchés publics selon la profession.

La filière du transport de voyageurs est ressortie de la crise du Covid avec des effectifs diminués de 4 % à l'échelle nationale.
La filière du transport de voyageurs est ressortie de la crise du Covid avec des effectifs diminués de 4 % à l'échelle nationale. — Photo : Navocap

L’année scolaire n’est pas encore terminée que déjà la rentrée s’annonce compliquée. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, il devrait manquer quelque 1 000 conducteurs d’autocars pour le transport scolaire en septembre, prévient la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV).

La faute à la crise sanitaire notamment, dont la filière est ressortie avec des effectifs diminués de 4 % à l’échelle nationale. "Notre secteur a été très impacté par la crise du Covid. Durant plusieurs mois, l’activité a été très réduite et les conducteurs qui se sont orientés vers le transport de marchandises ne sont pas revenus", explique Jean-Sébastien Barrault, président de la FNTV, présent à Lyon pour l’assemblée générale annuelle de la fédération. Les salaires, peu élevés malgré une revalorisation de 5 % cette année, et les temps partiels dictés par les horaires des établissements scolaires, nuisent à l’attractivité de ce secteur, qui pâtit également d’une pyramide des âges vieillissante.

Développer les emplois complémentaires

"Nous manquons de conducteurs depuis septembre 2021, témoigne Aurélien Berthelet, directeur général du groupe Berthelet (21 M€ de CA en 2021, 350 salariés), basé à Crémieu (Isère), qui fait lui aussi face à des difficultés de recrutement, malgré des actions mises en place avec Pôle emploi et les centres de formation. Aujourd’hui, il nous en manque entre 25 et 30 sur 250 conducteurs au total dans l’entreprise."

Pour renforcer l’attractivité de la filière, la fédération encourage les entreprises à collaborer avec d'autres secteurs. "Combiner un emploi de conducteur avec un emploi dans le BTP ou la propreté est une piste que nous explorons", explique Pascal Favre, coprésident de la FNTV Auvergne-Rhône-Alpes et directeur réseau et territoire chez Transdev. C’est ce que fait Antoine Cataldo, directeur général du groupe Faure (12 M€ de CA en 2021, 1 000 salariés), basé à Lucenay (Rhône) : "Je multiplie les recherches d’emplois complémentaires tous azimuts dans un rayon de dix kilomètres, pour proposer des temps complets, grâce à un groupement d’employeurs. S’ouvrir à tous les métiers est une nécessité."

S’adapter à la hausse des prix de l’énergie

En parallèle, le secteur subit de plein fouet la hausse du prix des carburants. "Les entreprises sont obligées de puiser fortement dans leur trésorerie et seront bientôt dans le rouge, affirme Michel Seyt, coprésident de la fédération régionale. Et ce, alors même qu’elles doivent investir dans de nouveaux véhicules pour anticiper les nouvelles règles de marchés publics en lien avec la transition énergétique."

Alors que le secteur dépend à environ 80 % de la commande publique, la révision des marchés ne s’effectue qu’une fois par an, ne permettant pas de s’adapter rapidement aux évolutions des coûts. "Les prix seront revalorisés à partir de septembre, défend Paul Vidal, conseiller régional en charge des transports scolaires et interurbains. Pour finir l’année 2022, nous allons investir environ 10 millions supplémentaires pour faire face à la hausse des prix de l’énergie. Et sur l’année scolaire 2022-2023, ce sont environ 25 millions d’euros supplémentaires qui devraient être mis sur la table."

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