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Interview Groupe Philibert : "En 2022, nous visons un chiffre d’affaires consolidé de 120 millions d’euros"

Entretien avec Charles-Henri Rossignol, directeur général de Groupe Philibert

Propos recueillis par Marie Paturel - 14 juin 2022

Depuis janvier 2020, Charles-Henri Rossignol a rejoint le groupe Philibert au poste de directeur général afin de déployer, aux côtés du président Marc Philibert, une stratégie de développement ambitieuse.

Charles-Henri Rossignol, Directeur général du groupe Philibert depuis janvier 2020.
Charles-Henri Rossignol, Directeur général du groupe Philibert depuis janvier 2020. — Photo : Simon Valenti

Vous êtes arrivé à la direction du groupe peu de temps avant le déclenchement de la crise sanitaire. Comment avez-vous géré vos premiers mois au sein de l’entreprise, dans un contexte pour le moins défavorable aux secteurs du transport et du tourisme ?

Je suis entré en fonction le 2 janvier 2020 et, dès mi-mars, la crise sanitaire marquait le début d’une catastrophe pour le tourisme et le transport de voyageurs. En 2019, le chiffre d’affaires consolidé du groupe s’élevait à 135 millions d’euros, dont 60 millions sur Scania, 25 millions sur le tourisme et 50 millions sur le transport de voyageurs. Le résultat d’exploitation était faiblement positif. Lors de mon premier trimestre dans le groupe, tout s’est bien passé, la crise n’ayant pas encore commencé. Ensuite, la seule activité qui a tiré son épingle du jeu est Scania, avec 45 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020, soit une baisse par rapport à l’année précédente qui avait été assez extraordinaire. En 2020, le chiffre d’affaires consolidé du groupe a seulement atteint 80 millions d’euros et le résultat d’exploitation était très négatif. Comme j’avais été recruté pour redonner de la rentabilité à l’entreprise, j’ai en quelque sorte profité de la crise sanitaire pour lancer un plan de départs volontaires dans notre secteur tourisme. Nos effectifs sont ainsi passés d’une soixantaine de personnes à une vingtaine, sans avoir à recourir à un plan social. Nous avons également licencié quelques collaborateurs dans le transport. Le nombre de conducteurs a diminué d’une soixantaine de salariés, sans licenciements - il en est ainsi resté 350.

À Scania, nous avons maintenu le personnel autour de 65 personnes.

Cette politique a-t-elle porté ses fruits en 2021 ?

En 2021, l’activité a repris dans le secteur du tourisme, sur lequel nous avons enregistré 7,5 millions de chiffre d’affaires. Partant de zéro en 2020, on peut estimer ce volume satisfaisant mais comparé aux 25 millions de 2019, il se révélait encore très faible. Heureusement, les effectifs avaient été réduits et l’État nous avait soutenus. Sur le secteur du transport, nous avons demandé un effort aux salariés en cédant à l’entreprise soit 5 jours de congés payés, soit une partie de leur 13e mois. Par ailleurs, sur Scania, j’avais épuré les contrats de maintenance et modifié la politique de revente des véhicules, ce qui a permis d’afficher un chiffre d’affaires de 52 millions d’euros et une rentabilité d’1,5 million d’euros. Globalement, le groupe a cumulé environ 100 millions de chiffre d’affaires et un résultat d’exploitation deux fois plus élevé qu’en 2019. Le pari était gagné !

Vous avez récemment annoncé une stratégie de développement ambitieuse pour l’ensemble des activités du groupe. Quelles sont vos perspectives pour 2022 ?

La tendance s’accentue cette année. Nous comptons aujourd’hui environ 600 collaborateurs dans le groupe, dont 380 conducteurs (avec un objectif de CA de 50 millions d’euros pour l’activité transport), 32 personnes dans le tourisme (avec un CA visé de 15 millions d’euros) et 70 personnes chez Scania (avec un objectif de 54 millions de CA). Parmi nos projets, figure l’agrandissement de notre concession Scania à Clermont-Ferrand. Nous avons également un projet d’ouverture d’un nouveau garage en Auvergne-Rhône-Alpes. Depuis peu, dans le secteur du transport de voyageurs, nous avons ouvert un bureau en Île-de-France qui génère 8 à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires : le pari de cette antenne parisienne est d’ores et déjà gagné, mais nous envisageons de développer encore l’activité de ce bureau. En 2022, nous visons donc un chiffre d’affaires consolidé de 120 millions d’euros et un résultat d’exploitation quatre fois supérieur à 2019.

À quels défis le groupe doit-il faire face pour les prochaines années, dans un contexte de hausse des prix des carburants et de transition énergétique ?

Nous avons deux défis majeurs à relever. D’une part, la transition énergétique nous impose de renouveler notre flotte, ce qui implique un investissement de 6 à 8 millions d’euros cette année pour acquérir des cars au gaz. En 2023, l’investissement sera supérieur à 20 millions d’euros. Nous discutons actuellement avec les banques pour financer cette transition énergétique. En parallèle, les prix de vente dans le secteur du transport de voyageurs tendent à augmenter - ce qui est salvateur car nous avons majoré les salaires de nos conducteurs de 5 % cette année. Ce qui n’est pas sans impact sur le résultat de l’entreprise, la masse salariale des conducteurs représentant environ 40 % du chiffre d’affaires.

D’autre part, nous cherchons de la croissance externe en Auvergne-Rhône-Alpes et, plus largement, dans tout le quart sud-est de la France. Nous souhaitons acquérir des entreprises de transport afin de devenir incontournables sur le secteur des excursions des croisiéristes du Rhône, avant de le devenir aussi sur la Seine.

Pour terminer sur la hausse du prix des carburants, le groupe a probablement moins souffert que d’autres sociétés car j’ai souscrit une couverture pétrole en 2020 (produit d’assurance destiné à protéger les entreprises contre les variations tarifaires des matières premières, NDLR). Cependant cette couverture arrive à terme à la fin du mois et nous devons décider rapidement si nous signons de nouveau, sachant que l’enjeu est conséquent : le carburant représente 15 % de notre chiffre d’affaires.

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