GEA : Des systèmes de péage à la pointe de l'innovation

Par la rédaction, le 08 octobre 2010

GEA, bien que cotée en bourse, est une entreprise meylanaise méconnue, indépendante et très discrète. Leader de son secteur, elle fabrique des systèmes de péage pour les autoroutes et les parkings. Après quarante ans d'existence, elle reste à la pointe des technologies pour supplanter ses concurrents français et étrangers. Son fondateur a d'ailleurs reçu le mois dernier le prix de l'entrepreneur de l'année en Rhône-Alpes, catégorie innovation. Anne-Gaëlle Metzger
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Serge Zaslavoglou (Zass), président du conseil de surveillance et fondateur de la Grenobloise d'électronique et d'automatismes (GEA), a reçu fin septembre le prix de l'entrepreneur de l'année en Rhône-Alpes, catégorie innovation. Alain Briand, directeur du CEA Minatec et membre du jury Ernst & Young qui attribuait ce prix, souligne que le point important pour cette distinction est «la personnalité du fondateur: il n'a cessé d'innover et d'avoir des liens étroits avec la recherche». Depuis 1970, la société conçoit, fabrique et met en service des systèmes de perception de péage autoroutier, mais aussi de contrôle d'accès et de péage pour parkings. Grigori Zass, fils du fondateur et secrétaire général actuel de la société meylanaise, confirme que les investissements réalisés sont effectivement minimes sur le plan matériel, environ 300.000€ par an, mais conséquents en temps de R & D. «Nous investissons en général 5% de la masse salariale en R & D, soit un à deux millions d'euros par an. Le principal de l'innovation réside dans les développements informatiques et les équipements.» Par exemple, un nouveau badge de télépéage va demander 18mois de recherche et 1M€ d'investissement.




Innovations d'avenir

«GEA a récemment mis au point un système de classification automatique de catégorie des véhicules (poids lourds, véhicules légers,etc.) à base de rideaux optiques qui analysent le profil du véhicule, présente Grigori Zass. GEA est également la seule société au monde à avoir en exploitation des voies tout paiement: pièces, billets, cartes bancaires, télépéage et reconnaissance de dette. Nous développons également le télépéage ?free flow? (NDLR: sans arrêt et sans barrière, avec contrôle par photographie des plaques d'immatriculation).» Ce système, bientôt autorisé en France pour les camions, est déjà en vigueur dans d'autres pays. «Cela fait deux ans que nous le développons chez GEA, car ça représente un marché d'avenir. Mais ça a été une erreur de notre part de ne pas le faire plus tôt car la concurrence étrangère est déjà prête pour ce marché», admet Grigori Zass. GEA a toujours favorisé le déploiement national de ses innovations, pour pouvoir «gérer les difficultés de départ» avant de les lancer à l'international. D'ailleurs, le marché français reste essentiel pour GEA. «Il y a moins de nouvelles autoroutes, même s'il y en a encore quelques-unes, rappelle le secrétaire général. Mais il y a surtout des marchés d'évolution avec le renouvellement des équipements et la maintenance des systèmes. Nous vivons de ce marché d'évolution.» Ainsi, les systèmes seraient à mettre à jour tous les trois à cinq ans et à changer tous les dix ans. Quant à la privatisation des sociétés autoroutières, elle a amené une demande de plus de rentabilité et donc une accélération de l'automatisation des péages. «Depuis 2006-2007, les opérateurs routiers demandent l'automatisation en France. Et cela semble même être une tendance internationale», se réjouit le dirigeant.




Indépendance

Mais l'international n'est pas évident pour cette PME familiale. «Les marchés étrangers sont tous difficiles», avoue Grigori Zass. Ainsi, présente en Chine depuis 1990, la société s'est retirée du pays en 2000 après avoir subi la concurrence de ses partenaires locaux... Partenaires qui se sont à nouveau alliés à GEA lorsqu'il a fallu faire évoluer des systèmes dont seule la société française avait les codes sources! «Nous avons trouvé un nouvel intérêt commun à travailler ensemble, même si les coûts de production chinois sont imbattables. Seuls nos logiciels sont compétitifs.» C'est pourtant le développement à l'étranger, et le besoin de capitaux, qui a poussé GEA à entrer en bourse en 1994. «Nous ne voulions ni nous vendre à un groupe, ni emprunter aux banques. Notre indépendance est fondamentale.» Et jusqu'à présent, GEA gérait tout en interne. Mais depuis le début de l'année, une partie de la production est sous-traitée à cinq entreprises iséroises. «Nous avons besoin d'augmenter nos capacités de production. C'est une petite révolution pour nous. Nous avons dû revoir une partie de notre organisation et expliquer cette décision aux salariés. Mais il n'est pas question de délocalisation et nous gardons la maîtrise de la production malgré tout.»

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