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Interview Gaëtan Müller (LDLC Asvel) : « Cette crise ébranle notre modèle économique »

Entretien avec Gaëtan Müller, président délégué du LDLC Asvel, club de basket de Villeurbanne

Propos recueillis par Pierre Lelièvre - 24 novembre 2020

La crise économique et sanitaire liée à la pandémie touche aussi le sport professionnel. Président délégué du club de basket LDLC Asvel, Gaëtan Müller revient sur les conséquences du deuxième confinement sur la situation du club villeurbannais. S'il évoque un manque à gagner de 1 à 2 millions d'euros à la fin de la saison, ses inquiétudes portent surtout sur le modèle économique du club.

Gaëtan Muller (à droite), ici aux côtés de Tony Parker, président du LDLC Asvel et Laurent de la Clergerie, patron de LDLC, partenaire principal du club de basket. — Photo : DR

Quelle est la situation économique du LDLC Asvel (12 millions d’euros de budget ; 45 salariés dont 15 joueurs professionnels) ?

Gaëtan Müller : La situation économique est très dure. On sait que cette année sera compliquée et se terminera par un déficit. Déjà la saison dernière, avec le premier confinement, le manque à gagner a atteint 1,5 million d’euros. Il y avait un vrai sujet d’interrogation, avec le deuxième confinement, à jouer à huis clos (La Ligue nationale de Basket a opté pour un calendrier partiel permettant aux clubs volontaires de jouer à huis clos, NDLR) puisque ça nous emmenait vers une absence totale de recettes en provenance de la billetterie. Jouer à huis clos n’est pas tenable.

Comment vos sources de revenus se répartissent-elles et quel est l’impact de la crise sur vos revenus ?

Gaëtan Müller : Pour 2020, notre budget annuel se situe autour de 12 millions d’euros. Aujourd’hui, la billetterie fait partie des principales sources de revenus du club, puisque c’est un peu plus de 20 % de nos recettes, derrière le sponsoring qui forme 60 %. Les subventions des collectivités forment 10 % et le reste est réalisé par le trading, les revenus du merchandising et la restauration et les bars. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur le manque à gagner à la fin de la saison, mais ce sera aux alentours de 1 à 2 millions d’euros.

La crise actuelle entraînera-t-elle un budget revu à la baisse la saison prochaine ?

Gaëtan Müller : Aujourd’hui, 50 % de notre personnel administratif est en chômage partiel. A priori, nous aurons un budget en baisse l’an prochain, mais ce n’est pas propre au LDLC Asvel. On peut s’attendre à voir une baisse générale des budgets en France et en Europe l’an prochain puisque tout le monde est touché par la crise. De quel ordre et comment, c’est très compliqué de le dire aujourd’hui.

Emmanuel Macron a annoncé mi-novembre plusieurs mesures en faveur des clubs professionnels dont une exonération de charges sociales, une compensation de la billetterie et le retour d’une jauge de public en janvier… Ces mesures permettront-elles de limiter la casse ?

Gaëtan Müller : La compensation de la billetterie, ce sera extrêmement léger, mais nous espérons que l’ensemble de ces mesures, additionnées, permettront de limiter la casse avec le retour du public espéré pour la mi-janvier. Avec ces mesures de soutien du sport professionnel, nous avons l’espoir de continuer à jouer mais à un rythme plus lent. On mise surtout sur la deuxième partie de saison au printemps et à l’été afin de pouvoir jouer le maximum de matches et accueillir du public.

Tony Parker, le président du club, évoquait en mai dernier, 4 à 5 ans pour se remettre de cette crise. La situation a-t-elle évolué ?

Gaëtan Müller : Nous avons un plan qui court sur quatre ans pour nous permettre de remonter la pente mais avec encore beaucoup de zones d’ombre. Il va falloir du temps pour rebâtir notre modèle.

Êtes-vous malgré tout optimiste ?

Gaëtan Müller : Comme tous les autres clubs, cette crise ébranle notre modèle économique, qui est moins dépendant de subventions publiques qu’auparavant. On prend un gros coup derrière la tête. Le tout, maintenant, est de mesurer ce manque à gagner. On ne maîtrise pas encore toutes les conséquences de cette crise sur la santé financière du club. Malgré tout, on essaie de relever la tête, de réfléchir et de se projeter dans l’avenir.

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