Rhône

Santé

Fresenius Medical Care SMAD confirme son ancrage dans le Rhône

Par Pierre Lelièvre, le 17 février 2020

Après une décennie d’investissements colossaux à Savigny (Rhône) – 300 millions d’euros – pour le site de sa filiale française Fresenius Medical Care SMAD, l’industriel allemand de la santé, Fresenius, conforte son site rhodanien comme un haut-lieu de fabrication des dialyseurs.

12 millions d'euros sont investis par la maison-mère allemande de Fresenius Medical Care -Smad pour installer un nouveau site logistique à Sarcey dans le Rhône, en collaboration avec la foncière Argan.
12 millions d'euros sont investis par la maison-mère allemande de Fresenius Medical Care -Smad pour installer un nouveau site logistique à Sarcey dans le Rhône, en collaboration avec la foncière Argan. — Photo : Fresenius

L’industriel allemand de la santé Fresenius (CA 2018 : 29 Md€, 233 000 salariés) ne lésine pas sur les dépenses pour son seul site de l’Hexagone. Sa filiale française, qui fabrique des dialyseurs et autres produits pour la dialyse, Fresenius Medical Care SMAD (CA 2018 : 175 M€, 700 salariés), basée à Savigny (Rhône), va étendre son emprise dans le département. Une enveloppe de 12 millions d’euros a été allouée pour optimiser la logistique de l’entreprise sur un nouveau site de 6 hectares à Sarcey (Rhône), à l’emplacement de l’ancienne plateforme de construction de l’autoroute A89.

Eric Dellac, dirige la filiale française de Fresenius
Eric Dellac, dirige la filiale française de Fresenius - Photo : Fresenius

« Nous allons nous installer dans 20 000 m² grâce à notre collaboration avec la foncière logistique Argan, propriétaire du terrain et du futur bâtiment », explique Eric Dellac, président de Fresenius Medical Care SMAD. L’objectif ? « Rationaliser les flux et les stocks de composants et de produits finis, répartis aujourd’hui dans plusieurs entrepôts. L’idée est d’améliorer l’approvisionnement de notre site de Savigny et d’optimiser les expéditions vers nos clients », complète Florence Bovet, directrice Supply chain en charge du projet. Elle espère diviser par trois le nombre de kilomètres parcourus chaque semaine pour les expéditions.

Attendu pour 2021, le site, entièrement automatisé, permettra de stocker jusqu’à 50 000 palettes et emploiera 25 salariés. Il servira aussi de base logistique secondaire pour approvisionner le sud de l’Europe.

300 M€ d’investissements depuis 2010

L’entreprise est spécialisée dans le domaine de la dialyse depuis sa création, en 1967, sous le nom de SMAD (Société de matériels annexes pour la dialyse). Elle est devenue, après son rachat en 1987 par Fresenius, une implantation éminemment stratégique. « Nous sommes l'un des trois sites critiques du groupe », relève Eric Dellac. Preuve en est : la maison-mère a investi 300 millions d’euros depuis 2010 dans l’amélioration et l’extension des capacités de production de la filiale. Une nouvelle ligne de dialyseurs est en cours d’installation, permettant d’ajouter 14 millions de reins artificiels, d’ici à 2021, à la production actuelle de 32 millions d’unités.

Ces dernières années, Fresenius Medical Care SMAD a aussi passé un cap sur la production des fibres de polysulfone. Celles-ci sont intégrées aux dialyseurs (4,5 millions d’unités produites par an) ou sur les poches souples Bibag (83 millions d’unités produites par an), qui font du site de Savigny, le premier fabricant mondial. La quasi-totalité de la production (98 %) part d’ailleurs à l’export.

Cette enveloppe d’investissement va permettre la création d’ici 2020 de 150 emplois, répartis entre le département maintenance et les équipes d’ingénierie.
Cette enveloppe d’investissement va permettre la création d’ici 2020 de 150 emplois, répartis entre le département maintenance et les équipes d’ingénierie. - Photo : Fresenius

De la formation aux compétences

Avec 700 salariés aujourd’hui, Fresenius comptera 200 personnes de plus d’ici à 2021. Depuis 2015, une centaine de CDI sont créés chaque année. Une croissance spectaculaire des effectifs que l’entreprise gère grâce à son centre de formation interne.

« On a lancé notre propre école l’an dernier, pour former à la fois les nouveaux arrivants, mais aussi pour faire monter en compétences nos salariés », fait savoir Eric Dellac. Trois métiers sont dans le viseur du dirigeant : conducteur de machine, régleur et technicien. Un enjeu de transformation des compétences, puisque l’usine profite d’un fort taux de robotisation pour faire baisser ses coûts. « On a divisé par deux le nombre d’opérateurs pour passer sur des lignes très automatisées, mais qui nécessitent d’autres compétences », ajoute-t-il.

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