Industrie

Europlasma reprend l'activité de fabrication de bouteilles de gaz haute pression en aluminium

Par Audrey Henrion, le 10 janvier 2022

Après l’arrêt des activités de Luxfer dans le Puy-de-Dôme, dernière usine en France capable de fabriquer des bouteilles d’oxygène, l’État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et des collectivités s’étaient alarmés de la perte de cette compétence stratégique pour le pays. Le groupe landais Europlasma installe une nouvelle usine à Gerzat (Puy-de-Dôme) promettant de créer, d’ici 2028, quelque 200 emplois.

Fermée en mai 2019, l’usine Luxfer de Gerzat dans le Puy-de-Dôme était la seule en Europe à produire des bouteilles d’oxygène médical.
Fermée en mai 2019, l’usine Luxfer de Gerzat dans le Puy-de-Dôme était la seule en Europe à produire des bouteilles d’oxygène médical. — Photo : licence Creative Commons / Clément Beckert

Une renaissance industrielle à l’issue d’un long parcours d’obstacles. L’unique savoir-faire dans la fabrication de bouteilles de gaz en aluminium sera préservé en France. Une compétence qui n’était plus détenue que par les ex-salariés de l’usine Luxfer (Puy-de-Dôme), dernière usine à fabriquer des bouteilles d’oxygène en aluminium, à l’arrêt depuis 2019.

Quelques mois plus tard, avec la crise du Covid, les autorités politiques avaient pris conscience de l’importance de préserver cette compétence stratégique pour le pays. Mais la route fut longue jusqu’au 7 janvier 2022, quand le groupe français Europlasma (PDG : Jérôme Garnache-Creuillot, CA 2020 : 3,9 M€, 110 salariés), basé dans les Landes, coté en Bourse et spécialiste du traitement des déchets dangereux (amiante, aluminium) a signé un accord l’engageant à implanter "Les Forges de Gerzat" à Cebazat, dans la métropole clermontoise, non loin de l'ex-Luxfer.

Cette usine est décrite comme "unique en Europe, pour la production de contenants de stockage haute pression en aluminium". L’objectif de ce projet est de créer une usine "de production de corps creux en aluminium et un centre de R & D sur les techniques de filage inverse sur les métaux non ferreux", indique un communiqué. Les bouteilles haute pression seront principalement destinées aux secteurs du médical et de la défense.

100 millions d’euros d’investissement à Gerzat

Cette unité de production sera installée sur un terrain de 11 hectares qui comprendra des ateliers, des laboratoires, un centre de maintenance et un pôle administratif pour un investissement total de 100 millions d'euros. Europlasma engage 25 millions d’euros en fonds propres et autant en dette privée, tandis que l’État injecte 4,5 millions d’euros et cautionne un prêt de 15 millions d’euros via le fonds pour le développement économique et social.

La Région Auvergne-Rhône-Alpes amène 3 millions d’euros "et financera aussi la formation, la requalification des 136 salariés personnels qui pourraient être réembauchés et les nouveaux emplois à créer", indique Stéphanie Pernod, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en charge de l’économie. "Il faut désormais que la délibération de Clermont Métropole qui s’engage à hauteur de 34 millions d’euros pour l’immobilier d’entreprise soit votée", indique Stéphanie Pernod. Le repreneur avait fait savoir en décembre 2021 à la Région que le conseil d’administration ne souhaitait plus suivre le projet en cours, "les choses traînaient un peu trop à son goût du côté de Clermont-Ferrand", souligne l’élue.

Livraison en 2024

La nouvelle usine pourrait employer près de 200 nouveaux emplois à l’horizon 2028, indique le communiqué de presse d’Europlasma, avec une livraison du bâtiment en 2024. Les Forges de Gerzat devraient selon son propriétaire "générer un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 millions d'euros dès 2025 malgré des délais incompressibles d’homologation des produits manufacturés, voisins de 12 mois.

Le site devrait ensuite atteindre sa cadence optimale et générer 50 millions d'euros de chiffre d’affaires annuel dès 2029 pour une marge d’Ebitda de 30 % et un rendement net supérieur à 15 %" indique le groupe. En 2019, Europlasma avait échappé à une liquidation judiciaire. En 2020, son résultat net ressort en perte de 61,20 millions d'euros contre 21,70 millions d'euros  à la clôture précédente.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition