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Financement

Interview Eric Burdier : « Axeleo Capital 1 atteint 45 millions d'euros sous gestion »

Entretien avec Eric Burdier, président d’Axeleo Capital

Propos recueillis par Audrey Henrion - 19 mars 2019

Adossé à l’accélérateur Axeleo, Axeleo Capital annonce le 19 mars le closing final de son fonds d’accélération "Axeleo Capital 1" qui passe de 25 à 45 millions d'euros sous gestion. Un accord a été conclu avec Hi Inov, société de gestion du holding familial Dentressangle spécialisée en capital-innovation dans le digital B2B. Celui-ci lui délègue la gestion du programme d’amorçage de ses fonds pour un montant de 10 millions d'euros.

Eric Burdier (à droite), président d'Axeleo Capital, membre du consortium fondateur de l'accélérateur lyonnais H7.
Eric Burdier (à droite), président d'Axeleo Capital, membre du consortium fondateur de l'accélérateur lyonnais H7. — Photo : H7

Le Journal des Entreprises : Vous annoncez aujourd’hui le closing final du fonds d’accélération Axeleo Capital 1…

Eric Burdier : La période de levée s’est bouclée fin janvier. Lancé en juillet 2017 et doté de 25 M€, le fonds se monte désormais à 45 millions d’euros. En 20 mois, nous avons réalisé 20 investissements en amorçage, sur des tickets moyens de 600 000 à 800 000 euros dans le capital de l’entreprise. Parmi elles, Tilkee, 365 Talents, Adagio, Deepki… Nous pourrons désormais miser dans une quinzaine de start-up supplémentaires, tout en les suivant plus longtemps et en investissant davantage.

Quel sont vos critères de sélection ?

E.B. : Exclusivement des start-up digitales françaises très centrées "techno" -cybersécurité, valorisation de data, intelligence artificielle...- dotées d'un potentiel international, axées B2B et connaissant déjà des premiers succès commerciaux avec un chiffre d’affaire compris entre 100 000 et un million d’euros et pour lesquelles nous arrivons comme premier investisseur. On ne s’interdit pas, lorsqu’elles passeront en Série A, de les accompagner jusqu’à 4 M€.

Votre ambition est de devenir leader dans l’amorçage B2B en France. Avec quels résultats à ce jour ?

E.B. : Le dispositif est en place avec plus de 1900 startups dans le dealflow et 20 investissements réalisés en autant de mois d’activité ! Nous observons les cycles de développement de nos startups s’accélérer : un chiffre d’affaires multiplié par cinq, une valorisation quadruplée, +150 % de croissance de leurs effectifs et en moyenne moins de 20 mois entre leur tour d’amorçage et leur tour A.

Qui sont vos concurrents ?

E.B. : Je n’identifie pas vraiment de concurrence directe. L’écosystème est encore fragmenté en France, ce qui explique que l’on ait pu aller assez vite pour capter un deal et lever 20M€.

Dix des vingts millions levés proviennent de Hi Inov. Quel est le sens de cet accord ?

E.B. : Hi Inov, la société de gestion du holding familial Dentressangle, est concentrée sur des levées en séries A et B. Nos métiers sont assez différents dans la capacité à amener du flux, à conclure des accords, à gérer les participations au quotidien… notamment car les problématiques opérationnelles et humaines ne sont pas les mêmes. Mais nous avons avec Hi Invo une proximité géographique, et humaine ! Avantage pour les start-up : cette levée leur permettra d’avoir un passage de relais fluide entre nos deux structures, elles gagneront en visibilité sur un temps plus long.

Comment s’organise le suivi de votre "cheptel" de start-up ?

E.B. : Une partie de l’équipe gère les sujets relatifs à l’investissement et la gestion des participations et l’autre le programme d’accompagnement et d’accélération sur 12 à 18 mois. Nous dessinons des séquences précises avec des problématiques que doit franchir la start-up, mobilisant entre 50 et 100 jours/hommes par société sur la durée de l’accompagnement. Nous travaillons sur son positionnement, son placement commercial, la mise en place de son réseau de distribution, sa préparation au développement international. Ces séquences engagent un certain nombre d’experts seniors que l’on va "piocher" dans notre partnership d’entrepreneurs, composé d’une grosse soixantaine de membres.

Axeleo est actionnaire de H7. Avec quelle ambition ?

E.B. : On s’est investi sur le volet positionnement et sélection des start up, définition du contenu des programmes et ses missions d’accompagnement. On n’a pas l’intention de rester passif, H7 est un véritable outil de travail… qui deviendra ce que l’on veut bien en faire.

Eric Burdier (à droite), président d'Axeleo Capital, membre du consortium fondateur de l'accélérateur lyonnais H7.
Eric Burdier (à droite), président d'Axeleo Capital, membre du consortium fondateur de l'accélérateur lyonnais H7. — Photo : H7

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