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DomRaider, la start-up qui fait monter les enchères

Par Pierre Tiessen, le 19 mars 2018

Cette start-up clermontoise - qui a effectué en 2017 la plus importante levée de fonds tricolore en crypto-monnaie - lance une nouvelle solution. Baptisée Auctionity, elle permet la gestion d'enchères en temps réel et dans le monde entier.

L'équipe de la start-up DomRaider à Clermont-Ferrand
L'équipe de la start-up DomRaider à Clermont-Ferrand — Photo : DomRaider

DomRaider versus eBay. Une start-up auvergnate face au géant californien de vente aux enchères… C'est le défi qu'entend relever l'entreprise française basée à Clermont-Ferrand. « La solution DomRaider est techniquement meilleure que celles de toutes les marketplace existantes, eBay compris », assure avec aplomb Tristan Colombet, fondateur et PDG de cette « pépite » créée en 2013 et décidément atypique et ambitieuse.

Initialement spécialisée dans le « dropcatching »*, DomRaider fait son entrée dans la cour des grands. Celle des ventes aux enchères. Elle lance face au mastodonte américain et autres salles de ventes privées une nouvelle interface en propre. Une offre baptisée Auctionity, développée sur la technologie blockchain. « Seule technologie actuelle qui permette de stocker et de transmettre des données sans organe de contrôle », précise le jeune dirigeant clermontois.

Transparence et sécurité

Concrètement, Auctionity se présente comme un réseau décentralisé, qui permet la gestion d’enchères en temps réel, et ce dans le monde entier. « Quiconque souhaite vendre un objet aux enchères, sur un site web ou sur un blog par exemple, peut l’implémenter », explique Tristan Colombet.

Avec Auctionity, les équipes de DomRaider promettent des enchères infalsifiables

Surtout : cette interface offre, estime-t-il, « une réponse de transparence et de sécurité aux utilisateurs, côté vendeur comme côté enchérisseur » quand e-Bay et les autres prestataires techniques équivalents fonctionnent sur des réseaux « contrôlés et fermés ». Réseaux « gangrénés par les vendeurs et les acheteurs, dont beaucoup ne vont pas jusqu’au bout de la vente », juge Tristan Colombet.

Avec Auctionity, les équipes de DomRaider promettent des enchères infalsifiables (qui vont à leur terme) et vérifiables publiquement. « C’est tout l’intérêt de la technologie blockchain », insiste son PDG. Lequel voit déjà plus loin. « Notre solution devrait rapidement être intégrée chez des partenaires grand compte, spécialisés dans la vente aux enchères d’objets de tout type, tant physiques que virtuels ».

Campagne massive de recrutement

Pour accompagner cette poussée, la start-up – qui recevait en octobre dernier le label « Excellence » de Bpifrance – lance une campagne de recrutement XXL. 41 postes (développement web, gestion, marketing, etc.) sont ainsi à pourvoir dès cette année sur un effectif actuel de 35 salariés. « Notre business model évolue. Celui-ci était jusqu’alors exclusivement dédié au dropcatching. Avec Auctionity, nous montons en puissance et avons besoin de nouveaux talents », assure Tristan Colombet.

L’entreprise s’apprête ainsi à doubler son périmètre RH. Une stratégie précipitée ? « Je suis confiant et n’en suis pas à mon premier coup d’essai », lance son dirigeant, serial entrepreneur aguerri. C’est à lui en effet que l’on doit la création en 2000 (il avait alors 18 ans !) du site de jeux-concours Prizee.com. Cette structure générera jusqu’à 13 millions d'euros de chiffre d’affaires pour 150 salariés et qu’il revendra en 2012 au groupe Digital Virgo. Tristan Colombet est par ailleurs à la tête du fonds d’investissement local Eefficiency.

Crypto-monnaie : une levée de fonds record

Entre septembre et octobre 2017, DomRaider a bouclé une levée de fonds inédite en France. La start-up clermontoise a signé la première ICO (pour Initial Coin Offering) tricolore - sorte de tour de table en crypto-monnaie - pour un montant espéré de 35 millions d’euros. Pendant un mois, Domraider a ainsi émis des actifs numériques échangeables contre de la crypto-monnaie appelés tokens (ou jetons).

« Nous en avons vendu 560 millions en 30 jours », se réjouit Tristan Colombet qui assure que ces jetons ont depuis tous été convertis en euros. Toutefois, cet ICO n’ayant toujours pas reçu l’aval des autorités fiscales, DomRaider ne peut pas communiquer sur son montant officiel.

*Le « dropcatching » consiste pour DomRaider à repérer et à acheter des noms de domaines internet expirés et à fort potentiel. Puis à les revendre via un système d’enchères en ligne.

L'équipe de la start-up DomRaider à Clermont-Ferrand
L'équipe de la start-up DomRaider à Clermont-Ferrand — Photo : DomRaider

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