Saint-Étienne

Réseaux économiques

Interview Diarra Kane (JCEF) : "Il faut développer l'écologie industrielle territoriale"

Entretien avec Diarra Kane, présidente de la Jeune Chambre Economique Française (JCEF)

Propos recueillis par Gilles Cayuela - 02 décembre 2020

Première Stéphanoise à accéder à la présidence de la Jeune Chambre Économique Française, Diarra Kane entend profiter de son mandat d’un an et des enseignements de la crise sanitaire pour provoquer un véritable changement sociétal dans les territoires.

Membre de la Jeune Chambre Économique  de Saint-Etienne depuis 2016, Diarra Kane est la nouvelle présidente de la Jeune Chambre Économique  Française (JCEF). Elle a été élue en remportant 73 % des suffrages. Un record !
Membre de la Jeune Chambre Économique de Saint-Etienne depuis 2016, Diarra Kane est la nouvelle présidente de la Jeune Chambre Économique Française (JCEF). Elle a été élue en remportant 73 % des suffrages. Un record ! — Photo : DR

Diarra Kane, vous venez d’être élue pour un mandat d’un an à la présidence de la Jeune Chambre Économique Française (JCEF). Qu’est-ce qui vous a poussée à vous présenter à ce poste ?

Diarra Kane : C’est un peu la suite logique de mon parcours qui a démarré par la présidence de la JCE Saint-Etienne, s’est poursuivi ensuite à l’échelon Auvergne Rhône-Alpes avant que je prenne, l’année passée, la vice-présidente exécutive déléguée à la dynamique nationale de la JCEF. Et puis, je voulais assurer la pérennité du mouvement et porter une vision qui puisse provoquer le changement sociétal dans les territoires. L’idée étant de positionner la JCEF comme un acteur incontournable de ce changement en formant la jeunesse à un leadership citoyen pour qu’ils en deviennent des acteurs du quotidien… Surtout avec la crise sanitaire que nous traversons et la crise économique qui va en découler.

Qu’entendez-vous concrètement par changement sociétal ? Qu’allez-vous mettre en place pendant votre mandat pour y arriver ?

Diarra Kane : Le changement sociétal, c’est tirer les enseignements de la crise que l’on traverse et se rendre compte que l’on va devoir changer nos habitudes et accompagner la société vers un nouveau mode de fonctionnement dans le travail, les relations sociales, l’emploi, etc. Et la JCEF doit se positionner comme un laboratoire d’idées de manière à être précurseur en matière d’actions à mettre en place dans les villes. Nous nous basons beaucoup sur les 17 objectifs du développement durable fixés par l’Agenda 2030. Nous allons d’ailleurs partir de ces grands principes pour identifier les problématiques dans nos territoires, faire une sorte d’enquête et ensuite imaginer des solutions pour répondre à ces problématiques.

Avez-vous déjà des idées d’actions à mener ?

Diarra Kane : Nous nous sommes rendu compte durant le premier confinement que beaucoup d’enfants étaient victimes d’une barrière numérique, qu’ils n’avaient pas accès à des ordinateurs ou des tablettes pour suivre les cours en ligne. Nous allons donc essayer de voir comment récupérer du matériel informatique pour ces enfants afin de pallier cette problématique. Nous allons aussi travailler sur une consommation plus responsable en sensibilisant les citoyens via des ateliers et des kits pratiques, à cette surconsommation qui est peut-être aussi à l’origine de la crise sanitaire que nous traversons.

Et les entreprises dans tout ça ?

Diarra Kane : Nous ne les oublions pas. Même si les actions de la JCEF ont une visée avant tout macroéconomique, il va de soi que les entreprises ont un rôle majeur à jouer dans le changement sociétal. Et ce d’autant plus qu’elles sont les premières à ressentir les effets de la crise sanitaire qui vont s’intensifier en 2021, avec sans doute pas mal de fermetures. Il va donc y avoir tout un travail à mener pour anticiper ces fermetures et préparer les salariés à une reconversion professionnelle.

La reconversion des salariés mais aussi celles des entreprises en les incitant à repenser leur modèle économique…

Diarra Kane : Parfaitement. Il faut repenser les modèles économiques mais aussi développer l’écologie industrielle territoriale pour accompagner le changement sociétal. Durant le premier confinement, certaines entreprises ont vu leur production s’arrêter à cause des matières premières restées bloquées à l’étranger. Ce genre de mésaventure doit nous interroger et nous inciter aussi à repenser tout notre processus de conception d’un produit ou d’un service avec un sourcing sans doute plus local mais aussi en optimisant nos ressources pour allier développement économique et développement durable. Et le rôle de la JCEF sera bien entendu d’accompagner les entreprises dans l’optimisation de leurs ressources.

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