Auvergne Rhône-Alpes

Innovation

Dépôts de brevets : la région Auvergne Rhône-Alpes caracole en tête

Par Pierre Lelièvre, le 09 mai 2019

Avec 1 629 demandes de brevets déposés à l’INPI en 2018 par des entreprises régionales, Auvergne Rhône-Alpes se place comme un acteur phare de la propriété intellectuelle en France. Une position de choix illustrée par la présence de deux entreprises en tête des classements PME et ETI au niveau national et par le foisonnement d’initiatives mêlant entreprises et recherche académique.

Une plateforme diélectrique conçue par SuperGrid Institute à Villeurbanne (Rhône).
SuperGrid Institute investit 500 000 euros par an pour le dépôt d'une quinzaine de brevets par an sur le thème du courant continu en haute tension. — Photo : Lofti Dakhli photographe

La propriété intellectuelle, un atout pour les entreprises de la région. Le palmarès annuel de l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) confirme le dynamisme du territoire en matière d’innovation. SuperGrid Institute (CA 2018 : 2,2 M€ / 180 salariés), un consortium spécialisé dans la recherche sur le courant continu haute tension basé à Villeurbanne, se place ainsi premier du top 10 des PME françaises déposantes de brevets en 2018 (16 dépôts). « C’est une façon de protéger notre savoir, nos idées et de les valoriser commercialement », explique Hubert de la Grandière, directeur général de SuperGrid Institute, qui investit 500 000 euros par an. Côté ETI, le groupe isérois Soitec (CA 2018 : 311 M€ / 1 200 salariés), leader mondial de la production de matériaux semi-conducteurs, arrive également en tête avec 29 dépôts.

« Certains acteurs académiques jouent un rôle d’influenceurs dans la démarche de dépôt de brevets »

Céline Mathevet, déléguée adjointe de l'Inpi Auvergne Rhône-Alpes
Céline Mathevet, déléguée adjointe de l'Inpi Auvergne Rhône-Alpes - Photo : INPI

Deux exemples qui illustrent l’appétence des acteurs régionaux pour la recherche. Avec 1 629 demandes publiées à l’INPI en 2018 – soit 12,4 % du total français -, Auvergne Rhône-Alpes est la deuxième région la plus pourvoyeuse de brevets après l’Ile-de-France. « Son poids est même plus important si l’on se base sur la localisation exacte des créations des innovations, car certaines entreprises font le choix de tout centraliser dans leur siège en Ile-de-France », avance Céline Mathevet, déléguée adjointe de l’INPI Auvergne Rhône-Alpes.

5 milliards d’euros investis

Un rôle majeur renforcé par les poids lourds du territoire : Michelin (332 dépôts de brevets en 2018), SEB (111), STMicroelectronics (74) ou encore Plastic Omnium (58). Sans surprise, les secteurs du transport, de l’électronique et des semi-conducteurs s'arrogent les premières places.

« En termes de dépense intérieure de recherche et développement (DIRD), la région est deuxième derrière l’Ile-de-France. Plus des deux tiers des investissements proviennent des entreprises », ajoute la déléguée de l’INPI. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, la DIRD représentait 7 Md € pour la région en 2016, dont 5 Md € engagés par les entreprises.

Une recherche de pointe

Hubert de la Grandière est directeur général de SuperGrid Institute.
Hubert de la Grandière est directeur général de SuperGrid Institute. - Photo : Lofti Dakhli photographe

L’écosystème académique est également prolifique. Quatre établissements – les universités Lyon 1 et Grenoble Alpes, l’INSA Lyon et l’Institut Polytechnique de Grenoble – figurent dans le top quinze régional. « Certains d'entre-eux sont en pointe sur la recherche et jouent un rôle d’influenceurs dans la démarche de dépôt de brevets », souligne Céline Mathevet, qui évoque la collaboration de Michelin avec l’organisme de recherche IFP Énergies nouvelles (26 dépôts communs en quatre ans, 9 en 2018) ou encore Exagan et Aledia, deux émanations du CEA-Leti à Grenoble.

Du côté de SuperGrid Institute, les innovations déposées sont aussi issues d’une R&D réalisée avec des organismes de recherche européens. « Nos process sont structurés pour détecter et identifier les produits à breveter parce qu’ils ont un réel intérêt business », précise Hubert de la Grandière. 40 % des revenus de l'institut sont ainsi tirés de la vente des licences de brevets. Un levier de croissance majeur pour la PME, qui lui apporte aussi « une légitimité technique » dans son secteur.

Une plateforme diélectrique conçue par SuperGrid Institute à Villeurbanne (Rhône).
SuperGrid Institute investit 500 000 euros par an pour le dépôt d'une quinzaine de brevets par an sur le thème du courant continu en haute tension. — Photo : Lofti Dakhli photographe

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