Grenoble

Aéronautique

Delta Drone : La PME iséroise veut éviter le crash

Par Marie Lyan, le 03 octobre 2014

La start-up grenobloise prend un virage à 180 degrés. Pour éviter le crash, elle lance une troisième augmentation de capital.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Delta Drone serait-elle au bord du crash ? Alors que son fondateur, Frédéric Serre, annonçait cet été sa volonté de conquérir le marché américain début 2015, l'entreprise iséroise a dû prendre un virage à 180 degrés.

Passant du statut de société anonyme (SA) avec directoire et conseil de surveillance à celui d'une SA dotée d'un conseil d'administration, Delta Drone (76 salariés ; CA 2013 : 696 000 € ; CA consolidé : 570 000 €) avait lancé en août une seconde opération d'augmentation de capital... qui est restée lettre morte, les comptes de la société n'ayant pas pu être publiés.

Un échec qui a diminué la valeur de l'action de 15 % en moyenne. Rattrapée par ses pertes, qui s'élèveraient à « plusieurs millions d'euros » au 1er semestre 2014 (d'après la publication des comptes toujours en cours d'audit), la société n'a eu d'autre choix que de se lancer dans une troisième augmentation de capital de 2,35 millions d'euros qui s'est clôturée le 22 septembre.

Une industrialisation difficile

En cause ? Un marché des drones dont la maturité se fait attendre, et qui a mis à mal la stratégie d'industrialisation du groupe. Ce dernier prévoyait la construction de 500 drones d'ici fin 2014 et visait 2 M? de CA en 2013.

Christian Viguié, le nouveau PDG de Delta Drone et ex-président du conseil de surveillance, n'a pas souhaité nous répondre. Il confiait toutefois début septembre à la presse que « la naïveté des premiers instants a été mise à mal par une industrialisation compliquée (... ) On est revenu à la réalité, on a atterri. On repart dans une configuration plus réaliste, forts de ces trois années d'expérience. »

Conséquence de cette situation financière tendue, Delta Drone a lancé un plan de sauvegarde de l'emploi, annonçant la suppression de 34 postes sur 67. Plutôt que de poursuivre l'activité comme fabricant de drones, la société iséroise s'oriente désormais davantage vers une vocation "d'assemblier". Elle souhaite miser sur le développement de solutions à plus forte valeur ajoutée, permettant l'acquisition et le traitement de données par les drones, et se recentrer sur deux marchés porteurs : le secteur des mines et carrières et celui de l'agriculture.

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