Haute-Loire

Industrie

Coronavirus : Stéfany Emballages Services repris par une entreprise ivoirienne

Par Pierre Lelièvre, le 26 mars 2020

La chambre commerciale de la cour d’appel de Riom a décidé mercredi 25 mars, de vendre l’entreprise de Haute-Loire Stéfany Emballages Service à une société ivoirienne Plastica. Alors qu’il fait face à un boom d’activité en pleine épidémie de coronavirus, son dirigeant ne décolère pas.

Le tribunal de commerce de Saint-Etienne a nommé un administrateur provisoire pour gérer l'entreprise Plastica France (ex-Stéfany Emballages Services) pendant un mois
Le tribunal de commerce de Saint-Etienne a nommé un administrateur provisoire pour gérer l'entreprise Plastica France (ex-Stéfany Emballages Services) pendant un mois — Photo : DR

La société Stéfany Emballages Services (SES), spécialisée dans la fabrication d’emballages souples pour la protection et l’hygiène en milieu hospitalier, est reprise par la société ivoirienne de M. Baddredine, Plastica. Ainsi en a décidé la chambre commerciale de la Cour d’appel de Riom mercredi 25 mars. En redressement judiciaire depuis le mois de septembre 2019, SES 43, basé à Saint-Pal-de-Mons (Haute-Loire) fait face depuis le début de l’épidémie de coronavirus à des carnets de commandes pleins, comme l’expliquait son dirigeant il y a quelques jours au Journal des Entreprises.

« Une décision suicidaire »

« Cette décision a été prise dans la précipitation, c’est suicidaire, explique Jean-Philippe Grail. Monsieur Baddredine a fait savoir qu’il n’y avait aucun problème pour prendre possession de la société alors que la France est confinée. C’est son consultant financier qui prendra possession de l’entreprise. Une passation dans le contexte actuel est invraisemblable. SES n’a pas besoin d’un financier, nous avons besoin de mains pour produire ».

Face à la demande des hôpitaux, l’entreprise est « noyée » sous les commandes. « Ça représente six ans d’activité. C’est du jamais vu. J’avais simplement besoin d’une avance de trésorerie de 150 000 euros. On était en passe de l’avoir grâce aux commandes publiques des hôpitaux. Nos clients privés et nos fournisseurs ont tous fait un effort alors que les pouvoirs publics et Bpifrance nous ont ignorés ».

« L’État met des entreprises en péril »

Une situation qui n’est pas sans rappeler l’incertitude entourant l’activité de Famar, seule entreprise française à produire du Nivaquine (un médicament  composé de chloroquine, en redressement judiciaire. Jean-Philippe Grail ne cache pas sa colère : « Au vu du contexte actuel, je m’attendais à un report de la décision. Il est anormal que l’État mette des entreprises en péril et il est anormal que la Région aide certaines entreprises en difficultés à coups de millions et pas d’autres. Quant à vendre une société pour 7 % de sa valeur quand celle-ci est la seule actuellement sur un marché de plusieurs millions d’euros… ». L'aventure se termine brusquement pour Jean-Philippe Grail. « À partir de vendredi soir, je serais en confinement chez moi », avoue-t-il.

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail