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Témoignage Coronavirus : « Il n’y a aucune urgence à remettre les salariés au bureau le 11 mai »

Par Gilles Cayuela, le 06 mai 2020

Basé à Saint-Etienne, Adista Digital Factory, dirigé par Fabien Soler ne déconfinera pas ses salariés le 11 mai. Satisfaite du télétravail, l’agence de création de sites web et applications métiers du groupe nancéien Adista va prolonger l’expérience pour des questions de logistique et de sécurité de ses salariés.

Le directeur d'Adista Digital Factory, Fabien Soler estime que la gestion des opens space pose un véritable problème pour renvoyer ses salariés au bureau.
Le directeur d'Adista Digital Factory, Fabien Soler estime que la gestion des opens space pose un véritable problème pour renvoyer ses salariés au bureau. — Photo : Cyril Crespeau

À l’origine de la nouvelle application mobile FLAG, qui permet de signaler des actes et violences à l’encontre des personnes LGBT, Adista Digital Factory (38 salariés) fonctionne en télétravail avec la majorité de ses équipes depuis le début du confinement. Une organisation qui semble satisfaire Fabien Soler, le directeur de l’agence de création de sites web et applications métiers du groupe nancéien Adista (500 salariés ; 103 M€ de CA). « Nous n’avons pas constaté de baisse de productivité. Pour certaines personnes, c’est même mieux car elles ne perdent plus de temps dans les trajets domicile-bureau et se consacrent un peu plus à la production. Nous avions la chance avant le début du confinement d’avoir un carnet de production de 500 000 € et pour l’instant le planning initialement prévu est respecté. Il n’y a donc aucune urgence à remettre tout le personnel au bureau à compter du 11 mai. Et ce pour plusieurs raisons. La première, c’est que la gestion des open space pose problème. S’il faut assurer un espace de 4 m² par salariés et/ou mettre des compartiments, cela va être très compliqué. C’est beaucoup plus simple aujourd’hui de gérer le télétravail au quotidien que de réinstaller un nouveau quotidien avec de nouvelles règles au bureau », expose Fabien Soler.

Le télétravail, une logistique assez lourde

La seconde raison qui plaide en faveur d’un maintien du télétravail, c’est l’incertitude qui plane encore concernant le virus et l’évolution de la pandémie. « On ne va pas déconfiner tous nos salariés pour les reconfiner ensuite s’il y a une deuxième vague d’épidémie. Le télétravail a nécessité la mise en place d’infrastructures pour chaque salarié avec notamment l’installation de routeurs 4G. Nos développeurs travaillent sur des ordinateurs puissants et pas sur des portables. Il a donc fallu déplacer ces ordinateurs du bureau à leur domicile. C’est une logistique assez lourde et on ne va pas faire des allées et venues en fonction de l’évolution de l’épidémie. Nous allons donc rester en télétravail au moins jusqu’à mi-juin. Après on verra », développe le directeur d’Adista Digital Factory.

Assouplir les règles dans l’avenir

Pour ce qui est du long terme, le dirigeant estime que le télétravail présente toutefois des limites. « Le télétravail fonctionne parce que nous sommes dans une configuration extraordinaire et que les problématiques administratives ont été plus ou moins mises de côté. Mais dans un cadre normal, la mise en place du télétravail est loin d’être simple. Il faut que l’endroit où le salarié va travailler soit conforme aux obligations légales liées à sa profession. Il y a tout un tas de questions de sécurité et d’assurances qui entrent en compte. Et si le salarié tombe dans ses escaliers, qui est responsable ? Est-ce un accident du travail ? Comment fait-on pour déterminer s’il était ou non à son poste de travail ? Ce n’est pas si simple que cela. Et si l’on veut généraliser le télétravail dans l’avenir, il faudra sans doute encore assouplir la réglementation », conclut Fabien Soler.

Le directeur d'Adista Digital Factory, Fabien Soler estime que la gestion des opens space pose un véritable problème pour renvoyer ses salariés au bureau.
Le directeur d'Adista Digital Factory, Fabien Soler estime que la gestion des opens space pose un véritable problème pour renvoyer ses salariés au bureau. — Photo : Cyril Crespeau

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