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Aéronautique

Comment Tecalemit Aerospace compte rester dans le match de la sous-traitance aéronautique

Par Audrey Henrion, le 03 mars 2017

Dans un secteur de la sous-traitance aéronautique où la concurrence est mondiale avec une latence de plusieurs années, la PME familiale récolte le fruit de dix ans de structuration et d'investissement. Et fait entrer au passage dans son capital un des fleurons du capital-investissement aéronautique.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Ça plane pour Tecalemit Aerospace, cette entreprise née avec les premières voitures (1922) et qui a tranquillement amorcé son virage vers l'aéronautique, jusqu'à devenir un chaînon important dans la galaxie des sous-traitants français. Reprise en 2000 par Thierry Colcombet, Tecalemit réalisait alors 6 millions d'euros de chiffres d'affaires. La PME a orienté son développement jusqu'à produire presque exclusivement pour l'aéronautique des canalisations souples, rigides et semi-rigides, intégrant un maximum de savoir-faire pour garantir à la fois la qualité de ses produits, la réactivité et le sur-mesure. La PME fournit ainsi l'aviation civile, militaire, générale, hélicoptère, missiles, lanceurs spatiaux et travaille avec Dassault Aviation, Safran, Airbus, Liebherr ou encore Eurocopter... Son volume d'affaires atteint 23,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016. Tandis qu'avec les commandes engrangées, les ventes s'éleveront « avec certitude » à 35 millions d'euros en 2019.

Aerofund III

Pour solidifier ses positions et s'armer en vue de nouvelles acquisitions, la SAS détenue majoritairement par la famille Colcombet (à plus de 80 %) vient de signer avec ACE Management via Aerofund III, pour un montant de 1,8 million d'euros. L'investisseur place les fonds en faveur de la solidité de la supply-chain aéronautique. « Son entrée dans notre entreprise marque une reconnaissance forte » , se réjouit Thierry Colcombet, précisant que ces fonds sont gérés par ACE dans l'optique de la préservation du tissu industriel aéronautique. « L'entrée de ce fonds nous donne à la fois du BFR, une réactivité et une connaissance des opportunités de croissance externe beaucoup plus importante » ajoute le président de l'entreprise, qui envisage des montées en cadence rapides liées aux programmes A350 et Leap de Safran. À cette manne de 2 millions d'euros s'ajoutent 200 000 euros provenant de Garibaldi Participations (filiale de BP2L), entré au capital fin 2014 à la faveur d'une première levée de fonds de 1,8 million d'euros, et un prêt croissance de Bpifrance de 2 millions. Acquisition, R & D, réorganisation...

Preuves de concept

« Il a fallu montrer des preuves de solidité avant même de pouvoir prétendre trouver des actionnaires » souligne Thierry Colcombet, indiquant que les choses se font « dans cet ordre » dans le secteur aéronautique. Le virage stratégique de Tecalemit s'amorce en 2000, mais s'accélère en 2011. Ainsi 100 % du middle management est renouvelé entre 2011 et 2014, l'occasion de structurer les process de travail. L'entreprise rachète cette année-là Spiraltex et Carbone Forgé. Elle abrite désormais trois usines complémentaires à Chaponost (69), Blois (41), Tunis (Tunisie).

Midparc de Casablanca

Pour rester dans la course face à ses principaux concurrents que sont les géants Eaton Aerospace ou Parker Aerospace, Tecalemit a aussi misé sur la R&D qui représente selon les années jusqu'à 8 % de son CA. La société pousse l'intégration des procédés jusqu'à investir dans son propre laboratoire d'essai afin de reproduire au sol les conditions de vol des pièces. Un site développé en partenariat avec Airbus qui a déployé deux ingénieurs par semaine pendant deux ans pour aider à sa mise au point. Ainsi armés, les dirigeants, Thierry le père et Franck son fils (directeur général) envisagent de participer rapidement à d'autres rachats autour des métiers de la canalisation aéronautique. Avant cela, ils inaugureront au Midparc de Casablanca (Maroc) une nouvelle usine (investissement d'environ 2 millions d'euros) pour produire des pièces finies en canalisation rigide. Les dirigeants ont une obsession : ne pas rater les opportunités de croissance que représentent les hausses du trafic aéronautique mondial (+6 % par an).

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