Auvergne Rhône-Alpes

Sport

Comment l'équipementier sportif Abéo structure son expansion internationale

Par Pierre Tiessen, le 06 novembre 2019

Ancré en Franche-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes, le groupe spécialisé dans les équipements sportifs (gymnastique et escalade) poursuit sa stratégie de croissance externe à l’étranger.

Les équipements sportifs du group Abéo lui permettent de viser pour 2020 un chiffre d'affaires de 300 millions d’euros, dont 80 % générés à l’international.
Le groupe Abéo, spécialisé notamment dans les murs d'escalade avec sa marque Entre-Prises, vise pour 2020 un chiffre d'affaires de 300 millions d’euros, dont 80 % générés à l’international. — Photo : IFSC - Eddie Fowke

Chez Abéo, à l’étage de la direction financière, les années passent… et se ressemblent. Chaque fin d’exercice révèle en effet un taux de croissance (minimum) de 20 %. Et ce, invariablement depuis près de deux décennies. Depuis que cet équipementier BtoB – né dans les années 1950 en Franche-Comté et historiquement orienté sur l’aménagement de vestiaires – a ouvert son catalogue au matériel de sport (agrès, panneaux de baskets, mur d’escalades, etc.), il a fait exploser ses performances.

Résultat : avec 1 800 salariés et un volume d’affaires de 230 millions d’euros en 2018 (en croissance de 22,7 %), Abéo – dont le siège des parties support est désormais à Lyon – fait aujourd’hui figure de locomotive sur un marché mondial très fragmenté, composé majoritairement d’entreprises familiales. Insatiable, le groupe tricolore, qui compte une trentaine de filiales opérationnelles dont 19 sont à l’étranger, accélère. Et enchaîne les opérations de croissance externe, visant pour 2020 un CA à 300 millions d’euros, avec 80 % générés à l’international.

Fournisseur officiel aux JO de Tokyo

Depuis son introduction en Bourse en 2016, Abéo a ainsi procédé à 7 rachats dont le chinois Cannice l’an dernier. « Notre stratégie consiste à nous développer sur des territoires où nous sommes en retrait par rapport à notre performance européenne : l’Amérique du Nord et l’Asie en priorité », confie Olivier Estèves, son PDG. « Cette approche combine croissance organique – de l’ordre de 5 à 7 % par an – et acquisitions ciblées sur ces zones géographiques à fort potentiel ».

Une politique qui vise aussi, et plus globalement, à capitaliser sur les marques fortes du groupe, en particulier Spieth Gymnastics (matériel de gymnastique artistique et rythmique) et Entre-Prises (matériel d’escalade) dont le siège est en Isère. « Ces deux marques ont été retenues comme fournisseurs officiels lors des prochains Jeux Olympiques à Tokyo en 2020 où l’escalade sera pour la première fois au programme », note le dirigeant. Idem pour la filiale Shelde Sports du groupe qui fournira les paniers de basket durant toute la compétition. Les résultats de cette expansion à l’international se font déjà sentir : dès cette année, les États-Unis devraient s’imposer comme le premier marché du groupe (devant la France). Dans les prochaines années, le groupe pourrait également s’ouvrir à l’Afrique, autre marché dynamique. « Nous ne fermons aucune porte », précise le PDG.

Maîtrise de la chaîne de valeur

Autre levier de croissance pour Abéo : l’activité sport-loisir qui pèse aujourd’hui un tiers de son CA avec sa marque Clip’n’Climb notamment. Sur ce créneau, le groupe se montre tout aussi glouton, comme l’a montré son OPA en novembre dernier sur l’américain Fun Spot, spécialisé dans les équipements pour les parcs d'attraction.

L’objectif d’Abéo avec cette stratégie tous azimuts : s’imposer sur ses 3 divisions opérationnelles (vestiaires, sport et sport de loisir) comme un « acteur global et mondialisé », précise Olivier Estèves. « L’offre est très disparate et varie considérablement d’un pays à l’autre. Le degré d’intégration verticale – fabrication ou non, conception des produits ou non – varie lui aussi dans de grandes proportions ». Ce qui n’est pas le cas pour le groupe tricolore qui maîtrise l’ensemble de sa chaîne de valeur, en France et à l’étranger où il dispose de sites de production, en plus de filiales commerciales. « De la fabrication à la distribution, tout est internalisé sur l’ensemble de nos métiers », insiste son PDG. « C’est un avantage alors que la période est propice à la consolidation de nos marchés au niveau mondial ».

Innovation permanente

Côté R & D, Abéo affiche une équipe d’une quarantaine de personnes pour un budget dédié de 2,8 millions d’euros sur son dernier exercice. Sur chacun de ses métiers, le groupe dispose d’un centre de développement produits constitué au minimum d’un bureau d’études et d’un bureau ingénierie. « La proximité locale de ces centres avec nos clients nous permet d’intégrer une innovation constante avec des priorités d’ergonomie, de sécurité et de confort », analyse sa direction.

Abéo vient par ailleurs de signer avec Swiss Timing, rattaché au groupe Swatch, un contrat de coopération afin d’intégrer le dispositif Shot Clock Tissot dans ses paniers de basket. Ainsi que de « nouvelles technologies dans nos agrès permettant de donner des informations sur les performances des gymnastes », complète Olivier Estèves.

Les équipements sportifs du group Abéo lui permettent de viser pour 2020 un chiffre d'affaires de 300 millions d’euros, dont 80 % générés à l’international.
Le groupe Abéo, spécialisé notamment dans les murs d'escalade avec sa marque Entre-Prises, vise pour 2020 un chiffre d'affaires de 300 millions d’euros, dont 80 % générés à l’international. — Photo : IFSC - Eddie Fowke

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.