Isère

Textile

Comment le groupe Serge Ferrari a gagné sa place à la Coupe du monde en Russie

Par Marie Lyan, le 07 juin 2018

Le spécialiste des revêtements composites isérois Serge Ferrari a réalisé la couverture d'un stade russe qui accueillera des matches de la prochaine Coupe du monde de football. Retour sur un contrat complexe, entre contraintes réglementaires et négociations multiculturelles.

Le stade de football de Rostov-sur-le-Don en Russie.
Françoise Fournier, directrice du marché des infrastructures sportives à Serge Ferrari, l’une des clés pour travailler avec la Russie est de parvenir « à déterminer quels sont les vrais décisionnaires, en multipliant les contacts ». — Photo : Serge Ferrari

Un toit français pour un stade russe. Le fabricant de matériaux composites souples isérois Serge Ferrari a fourni le revêtement de toiture du nouveau complexe sportif de Rostov-sur-le-Don, qui accueillera cinq matchs de la Coupe du monde de football en juin. Sa membrane composite Flexlight Xtrem TX30, déjà sélectionnée pour le stade de l’Olympique Lyonnais, couvre une surface totale de 50 000 m2, tout en prenant en compte des conditions climatiques extrêmes. Serge Ferrari fait ainsi partie du cercle très fermé des entreprises françaises à fournir un Mondial.

Si le montant du contrat n’a pas été communiqué, l’enveloppe consacrée à la construction du stade s’élève à 220 millions d’euros. « Ce contrat est le fruit d’un travail sur plusieurs années avec notre réseau d’agents sur place », souligne Françoise Fournier, directrice du marché des infrastructures sportives chez Serge Ferrari. Jusqu’ici, le groupe avait surtout participé à des projets de taille moyenne (patinoires, terrains de sport) et à la réalisation de chapiteaux de cirque. C’est sa connaissance du pays qui lui a permis de se positionner : « Lorsque les investisseurs russes ont choisi le principe d’une architecture légère, nous avions déjà des références et nous avons rencontré le contractant général en Russie ».

Étapes réglementaires

Mais entre le démarrage des négociations en 2014 et l’inauguration du stade, il lui aura fallu compter quatre ans. Car pour pouvoir proposer sa membrane composite en Russie, SergeFerrari est passé par une étape de certification qui a duré 18 mois.

« La Russie possède des normes incendie différentes des normes européennes, qui nous ont contraints à passer des tests ne se faisant qu’à Moscou, et à recevoir régulièrement des équipes de pompiers russes venant certifier notre production », cite en exemple Françoise Fournier. En plus de ces tests, la membrane destinée au stade de Rostov a dû être homologuée par le Ministère de la construction. « C’était une procédure lourde pour laquelle nous avions besoin d’avoir des agents sur place. Notre matériau a été le premier matériau étranger à être enregistré sur le territoire ».

Approche multiculturelle

Sur ce projet, l’entreprise a travaillé avec plusieurs partenaires : le cabinet d’architecture Propulous, qui était le prescripteur, mais aussi le contractant général turc Crocus. « C’est la gestion de projet qui a occupé le plus du temps. Nous avions un agent sur place, une équipe de trois personnes chapeautée par un responsable de pays. La production n’a nécessité que quelques heures sur notre site de La Tour-du-Pin ».

La membrane, livrée sous la forme de 46 sous-panneaux prêts à être assemblés, a ensuite été installée par Crocus. « Nous n’avons parlé d’argent qu’avec la société turque. Avec nos partenaires russes, nous avons surtout évoqué l’homologation et les performances du produit ». Selon Françoise Fournier, l’une des clés pour travailler avec la Russie est de parvenir « à déterminer quels sont les vrais décisionnaires, en multipliant les contacts ». Et de déconseiller d’aller en Russie juste « pour faire un bon coup ». Il est primordial, juge-t-elle, « de disposer d’une équipe locale pour saisir l’ensemble de ces enjeux ».

Le stade de football de Rostov-sur-le-Don en Russie.
Françoise Fournier, directrice du marché des infrastructures sportives à Serge Ferrari, l’une des clés pour travailler avec la Russie est de parvenir « à déterminer quels sont les vrais décisionnaires, en multipliant les contacts ». — Photo : Serge Ferrari

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